F1 2026 : 8 questions brûlantes d'une nouvelle saison entre attentes et tensions

Publié le 5 mars 2026 à 10:30
Mis à jour le 5 mars 2026 à 10:39
F1 2026 : 8 questions brûlantes d'une nouvelle saison entre attentes et tensions

Sport Auto passe en revue les grandes questions et défis auxquels la Formule 1 fait face à l'aube du Grand Prix d'Australie 2026, qui marque le coup d'envoi d'une nouvelle saison, mais aussi d'une ère technologique remplie d'inconnues pour la discipline-reine de la course.

Quel genre de départ à Melbourne ? A quel niveau Lewis Hamilton évoluera-t-il chez Ferrari ? Quid de la compétitivité du moteur Mercedes ? McLaren sera-t-elle à la hauteur de ses ambitions ? Cadillac créera-t-elle la surprise ? A quel point Aston Martin et Honda ont-ils loupé le coche ? Voici la liste, forcément non-exhaustive, des questions et défis qui ne manqueront pas d'animer le début de saison F1 2026 !

Quel visage en piste pour les nouvelles monoplaces ?

Faut-il s'attendre à un départ chaotique à l'extinction des feux à Melbourne ? Le doute est permis au vu des difficultés rencontrées par les pilotes en test à Bahreïn. En cause : la nouvelle répartition d'énergie des V6 turbos hybrides, désormais fixée à 50% de puissance électrique issue de la batterie et de son système de récupération (MGU-K) et 50% du moteur thermique. Ce changement implique une gestion différente de l'énergie disponible non-seulement sur un tour, mais aussi lors de la phase de départ, comme nous vous en parlions ici.
Si des progrès ont été constatés à Sakhir, des inquiétudes persistent quant à la capacité de tous les pilotes à pouvoir maîtriser cette nouvelle procédure, ce dimanche à Melbourne. Chaque écurie établira en effet ses propres réglages, avec des choix de pneumatique différents, sans compter la pression inhérente liée à l'enjeu du premier Grand Prix de la saison.
Soucieuses d'éviter un scénario-catastrophe, les instances dirigeantes du sport ont dès lors pris deux mesures importantes. La première est d'allouer cinq secondes de plus à la procédure de mise en grille, de sorte que les pilotes aient assez de temps pour faire monter leur turbo dans les tours et disposer du taux d'énergie nécessaire pour optimiser le départ.
La deuxième est d'interdire l'utilisation du mode "ligne droite" des ailerons avant et arrière à l'extinction des feux, afin d'éviter de trop grandes différences de vitesse entre les monoplaces, et ainsi limiter les risques d'accrochage. "Rendez-vous au premier virage ?"

Mercedes-AMG sera-t-elle bel et bien la référence à battre ?

Mercedes-AMG en favori de 2026 ? Depuis de nombreux mois, l'écurie anglo-allemande est pointée du doigt comme la future référence d'une ère technologique où la motorisation - le point fort historique de la marque à l'étoile en F1 - est de nouveau le coeur de l'équation. Puis Toto Wolff a secoué le cocotier du paddock à Barcelone en déclarant que la Red Bull RB22 tournait près d'une seconde au tour plus rapidement que ses concurrentes.
Depuis lors, des centaines de tours ont été bouclés, des enseignements ont été tirés, et si l'écurie autrichienne semble avoir bien pris le pli avec son premier V6 100% fait maison, Mercedes-AMG s'est toutefois petit à petit réaffirmé comme la formation à battre dès ce week-end australien. Les "flèches d'argent" seront-elles vraiment devant ? Et avec quel écart ? Gardez aussi un oeil sur les écuries clientes de l'écurie de Brackley qui bénéficieront pour la première fois de la première évolution en 2026 du groupe-propulseur étoilé.

Hamilton fera-t-il oublier une première saison rouge de honte ?

Pour Lewis Hamilton, 2025 est passé de débuts prometteurs - pole et victoire dans le sprint en Chine - à annus horribilis interminable. S'il affirme avoir fait le deuil de cette première campagne loupée avec Ferrari, le Britannique aura comme lourde tâche de convaincre les tifosi du bien-fondé de sa venue à Maranello alors que la F1 repart d'une feuille blanche. Défi supplémentaire : son équipier Charles Leclerc (tout juste marié) dont la pointe de vitesse naturelle et le regain de forme en fin de saison lui ont fait mal sur le plan comptable.
Les deux se retrouvent désormais au pied d'une montagne à gravir avec une SF-26 plutôt bien née mais dont la compétitivité intrinsèque reste encore à déterminer. A Bahreïn, la Scuderia a toutefois renvoyé l'image d'une structure à nouveau en confiance dans sa matière grise, à coups d'innovations inédites, tant sur le plan aérodynamique que mécanique.
Au point d'avoir un avantage non-négligeable au départ en Australie ? C'est tout le mal que l'on souhaite à la vénérable écurie italienne dont le rosso corsa aurait bien besoin d'une lutte pour les titres mondiaux pour retrouver de sa superbe. Et faire danser de nouveau des cloches de Maranello désespérément silencieuses depuis le Grand Prix du Mexique 2024 ?

Verstappen et Red Bull récupéreront-ils leur titre perdu ?

Où se situera Red Bull dans le haut du tableau ? Les enseignements des essais hivernaux suggèrent que la RB22 est à la fois fiable mais surtout performante. Un point d'interrogation entourait pourtant la compétitivité du premier groupe-propulseur à 100% conçu par Red Bull Powertrains. Mais force est de constater que le bloc, qui bénéficie aussi de l'expertise de Ford Performance en matière de récupération d'énergie et de batterie, fait mieux que tenir la route. Au point de permettre à Max Verstappen de surfer sur sa "remontada" de 2025 ?
Red Bull croise les doigts, tout comme les pontes de la Formule 1. Car au vu des retours peu emballés de son champion face au comportement des nouvelles monoplaces, et en attendant de voir comment Isack Hadjar se débrouillera, le taureau rouge a tout intérêt à lui fournir les moyens de se battre, à minima, pour la victoire, et, à terme, le titre mondial.
A défaut, quid de la motivation du Néerlandais ? Peu adepte de la langue de bois, celui qui est désormais papa ne cache en effet plus sa soif de nouveaux défis, et pas forcément en F1. On le verra ainsi au volant d'une Mercedes de sa propre structure aux prochaines 24 Heures du Nürburgring. Avant d'autres pistes prestigieuses comme Le Mans, Daytona ou Sebring ?

Alonso va-t-il revivre un nouveau cauchemar Honda ?

En tout cas, c'est très mal parti pour l'Espagnol dans ce qui pourrait être sa dernière saison en F1. La faute à un groupe-propulseur Honda, le premier façonné à 100% par le motoriste depuis avant l'entame de sa collaboration avec Red Bull en 2019, dont les importantes vibrations causées par la batterie provoqueraient des dysfonctionnements tels que l'AMR26 ne pourrait couvrir que quelques tours du Grand Prix d'Australie avant de rentrer au stand. Cette inquiétude a d'ailleurs été confirmée à Melbourne, le team principal Adrian Newey révélant que ses pilotes sont aussi soumis à d'importantes vibrations au niveau du volant, au point de remettre en question leur sécurité dans le cockpit au-delà d'un relais de 25 tours (pour Alonso).
Pour le double champion du monde F1, la pilule doit avoir un goût sacrément amer, lui qui miroite toujours secrètement une énième (et hypothétique ?) lutte pour un troisième titre mondial après trois saisons de hauts et de bas dans une écurie où Lawrence Stroll injecte des centaines de millions en personnel et infrastructures pour en faire une force du peloton.
Au vu de la fiabilité compliquée du bloc Honda, logé dans une monoplace dont la conception, certes agressive, ne lui sied pas pour respirer à plein poumons, on voit mal comment les débuts du tandem Newey-Aston Martin pourraient accoucher d'autre chose que d'une saison sacrifiée sur l'autel d'un difficile développement à long terme...

Alpine fera-t-elle vraiment mieux sans moteur Renault ?

Sur base des tests hivernaux, l'Alpine A526 a déjà donné satisfaction. La machine bleue et rose est fiable et performante, certes mais pas au point d'écarquiller des sourcils dans le peloton, à un stade encore prématuré pour tirer toute conclusion quant à une quelconque hiérarchie. Misant sur la solidité d'un leader comme Pierre Gasly, épaulé par un Franco Colapinto dont 2026 prend des airs de deuxième (et dernière ?) chance à ce niveau, l'écurie d'Enstone mise gros sur la nouvelle réglementation pour redorer son blason.
Alpine peut-elle se faire une place au-devant du deuxième peloton ? La concurrence formée par Racing Bulls, Haas et, dans une moindre mesure, Audi voire Williams sera rude. Pour cela, la formation anglaise mise désormais sur la technologie de Mercedes à la place de Renault, dont le département de Viry semble déjà appartenir au passé.
Attendu au tournant comme la future référence dans le peloton, le V6 de Brixworth sera-t-il toutefois à la hauteur des attentes ? Les qualifications en Australie seront un premier indicateur intéressant sur l'état de santé des clients du motoriste, dont le groupe-propulseur 2026 bénéficiera d'une première évolution jusqu'alors uniquement étrennée par l'écurie de Brackley.

Williams de nouveau sur une pente descendante ?

Première désagréable surprise de l'hiver, Williams peut-elle faire oublier ses problèmes de mise à feu et bâtir sur les enseignements d'une belle campagne 2025 ? Car James Vowles l'a longtemps promis : 2026 devait être la saison de la confirmation pour une écurie en patiente reconstruction depuis sa prise en charge. C'était avant que des soucis d'embonpoint sur la FW48 ne viennent rayer le shakedown barcelonais du calendrier et éroder la confiance placée dans les troupes de Grove à accoucher d'un package compétitif.
Les roulages de Bahreïn lui toutefois ont permis de reprendre du poil de la bête, la monoplace bleue accumulant le plus grand nombre de tours - à égalité avec McLaren - au terme de la première semaine à Sakhir. Si la case "fiabilité" semble cochée, c'est du côté de la performance que cela pêche encore, Carlos Sainz comme Alex Albon se gardant de tout pronostic déraisonnable avant de voir ce que leur nouveau bolide à réellement dans le ventre face à une concurrence qui fourbit également ses armes en coulisses.

Qui de Cadillac ou Audi sera la bonne surprise de la saison ?

Sachant que la totalité du peloton repart d'une feuille blanche pour ce nouveau cycle réglementaire, les surprises peuvent être nombreuses en 2026. Mais laquelle parmi les écuries peut se muer en révélation inattendue de la saison ? Deux candidats ont encore tout à prouver : Audi et Cadillac. La première dispose des fondations, solides et éprouvées, de Sauber Motorsport pour mener à bien le projet de conquête de la marque en Formule 1. Après plusieurs années d'un travail de fond dans la pénombre, l'organigramme mené par Mattia Binotto veut jouer les trouble-fêtes avec une R26 dont le potentiel vu à Sakhir laisse entrevoir des choses intéressantes, à condition que la fiabilité soit au rendez-vous.
Quant à Cadillac, l'entrée en matière cet hiver fut résolument positive. En six jours d'essais à Bahreïn, les machines noires et blanches ont en effet bouclé un roulage conséquent (près de 600 tours). Certes, la performance n'est pas encore foudroyante, mais la nouvelle formation américaine n'a de cesse d'impressionner le paddock par sa rigueur et son efficacité dans le travail. Forte de cette expérience nouvelle, la formation menée par Graeme Lowdon peut aborder Melbourne avec, au moins, la satisfaction d'avoir mené sa barque comme il le faut jusqu'ici...

Nos marques populaires Voir tout

À propos de l’auteur
Guillaume Alvarez
Guillaume Alvarez
Rédacteur-Editeur pour Sport Auto, l'Auto-Journal et F1i. Je partage mon temps entre l'écriture, le reportage et les circuits, la plume et le micro portés par la passion de l'automobile et de la compétition, du Karting à la Formule 1, en noir et blanc comme en couleurs.
Ses derniers articles
Sport Auto