F1 2026 : 8 questions brûlantes d'une nouvelle saison entre attentes et tensions
Sport Auto passe en revue les grandes questions et défis auxquels la Formule 1 fait face à l'aube du Grand Prix d'Australie 2026, qui marque le coup d'envoi d'une nouvelle saison, mais aussi d'une ère technologique remplie d'inconnues pour la discipline-reine de la course.
Quel genre de départ à Melbourne ? A quel niveau Lewis Hamilton évoluera-t-il chez Ferrari ? Quid de la compétitivité du moteur Mercedes ? McLaren sera-t-elle à la hauteur de ses ambitions ? Cadillac créera-t-elle la surprise ? A quel point Aston Martin et Honda ont-ils loupé le coche ? Voici la liste, forcément non-exhaustive, des questions et défis qui ne manqueront pas d'animer le début de saison F1 2026 !
Quel visage en piste pour les nouvelles monoplaces ?
Faut-il s'attendre à un départ
chaotique à l'extinction des feux à Melbourne ? Le
doute est permis au vu des difficultés
rencontrées par les pilotes en test à Bahreïn. En cause :
la nouvelle répartition d'énergie des V6
turbos hybrides, désormais fixée à 50% de
puissance électrique issue de la batterie et de son
système de récupération (MGU-K) et 50% du moteur
thermique. Ce changement implique une gestion
différente de l'énergie disponible non-seulement sur un
tour, mais aussi lors de la phase de départ,
comme nous vous en parlions
ici.
Si des progrès ont été constatés à Sakhir, des inquiétudes
persistent quant à la capacité de tous les pilotes à pouvoir
maîtriser cette nouvelle procédure, ce dimanche à
Melbourne. Chaque écurie établira en effet ses propres
réglages, avec des choix de pneumatique
différents, sans compter la pression inhérente
liée à l'enjeu du premier Grand Prix de la saison.
Soucieuses d'éviter un scénario-catastrophe,
les instances dirigeantes du sport ont dès lors pris deux
mesures importantes. La première est d'allouer
cinq secondes de plus à la procédure de mise en grille, de
sorte que les pilotes aient assez de temps pour faire
monter leur turbo dans les tours et disposer du
taux d'énergie nécessaire pour optimiser le départ.
La deuxième est d'interdire l'utilisation du mode "ligne
droite" des ailerons avant et arrière à
l'extinction des feux, afin d'éviter de trop
grandes différences de vitesse entre les monoplaces, et
ainsi limiter les risques d'accrochage.
"Rendez-vous au premier virage ?"
Mercedes-AMG sera-t-elle bel et bien la référence à battre ?
Mercedes-AMG en favori de 2026 ? Depuis de
nombreux mois, l'écurie anglo-allemande est pointée du doigt comme
la future référence d'une ère
technologique où la motorisation - le point fort
historique de la marque à l'étoile en F1 - est de nouveau le coeur
de l'équation. Puis Toto Wolff a secoué le
cocotier du paddock à Barcelone en déclarant que la Red Bull RB22 tournait près d'une
seconde au tour plus rapidement que ses concurrentes.
Depuis lors, des centaines de tours ont été
bouclés, des enseignements ont été tirés, et
si l'écurie autrichienne semble avoir bien pris le pli avec son
premier V6 100% fait
maison, Mercedes-AMG s'est toutefois petit à petit
réaffirmé comme la formation à battre dès ce week-end australien.
Les "flèches d'argent" seront-elles vraiment
devant ? Et avec quel écart ? Gardez aussi un oeil sur les
écuries clientes de l'écurie de
Brackley qui bénéficieront pour la première fois de la
première évolution en 2026 du groupe-propulseur
étoilé.
Hamilton fera-t-il oublier une première saison rouge de honte ?
Pour
Lewis Hamilton, 2025 est passé de
débuts prometteurs - pole et victoire dans le
sprint en Chine - à annus horribilis
interminable. S'il affirme avoir fait le deuil de cette
première campagne loupée avec Ferrari, le
Britannique aura comme lourde tâche de convaincre
les tifosi du bien-fondé de sa venue à Maranello
alors que la F1 repart d'une feuille blanche. Défi
supplémentaire : son équipier Charles Leclerc
(tout juste marié) dont
la pointe de vitesse naturelle et le
regain de forme en fin de saison lui ont
fait mal sur le plan comptable.
Les deux se retrouvent désormais au pied d'une montagne à gravir
avec une SF-26 plutôt bien née mais dont la
compétitivité intrinsèque reste encore à
déterminer. A Bahreïn, la Scuderia a toutefois renvoyé l'image
d'une structure à nouveau en confiance dans sa
matière grise, à coups d'innovations inédites,
tant sur le plan aérodynamique que
mécanique.
Au point d'avoir un avantage non-négligeable au départ en
Australie ? C'est tout le mal que l'on souhaite à la
vénérable écurie italienne dont le rosso corsa aurait bien
besoin d'une lutte pour les titres mondiaux pour retrouver de sa
superbe. Et faire danser de nouveau des cloches de
Maranello désespérément silencieuses depuis le
Grand Prix du Mexique 2024 ?
Verstappen et Red Bull récupéreront-ils leur titre perdu ?
Où se situera Red Bull dans le haut du tableau
? Les enseignements des essais hivernaux suggèrent que la
RB22 est à la fois fiable mais surtout
performante. Un point d'interrogation entourait
pourtant la compétitivité du premier
groupe-propulseur à 100% conçu par Red Bull
Powertrains. Mais force est de constater que le bloc,
qui bénéficie aussi de l'expertise de Ford
Performance en matière de récupération d'énergie et
de batterie, fait mieux que tenir la route. Au point de permettre à
Max Verstappen de surfer sur sa
"remontada" de 2025 ?
Red Bull croise les doigts, tout comme les pontes
de la Formule 1. Car au vu des retours peu emballés de son
champion face au comportement des nouvelles
monoplaces, et en attendant de voir comment Isack
Hadjar se débrouillera, le taureau rouge a tout intérêt à
lui fournir les moyens de se battre, à minima, pour la
victoire, et, à terme, le titre
mondial.
A défaut, quid de la motivation du Néerlandais ?
Peu adepte de la langue de bois, celui qui est
désormais papa ne cache en effet plus sa soif de nouveaux
défis, et pas forcément en F1. On le verra ainsi au volant
d'une Mercedes de sa propre structure aux
prochaines 24 Heures du Nürburgring. Avant
d'autres pistes prestigieuses comme Le Mans,
Daytona ou Sebring ?
Alonso va-t-il revivre un nouveau cauchemar Honda ?
En tout cas, c'est très mal parti pour
l'Espagnol dans ce qui pourrait être sa dernière
saison en F1. La faute à un groupe-propulseur
Honda, le premier façonné à 100% par le motoriste depuis
avant l'entame de sa collaboration avec Red Bull en 2019, dont les
importantes vibrations causées par la batterie
provoqueraient des dysfonctionnements tels que l'AMR26 ne pourrait
couvrir que quelques tours du Grand Prix
d'Australie avant de rentrer au stand. Cette inquiétude a
d'ailleurs été confirmée à Melbourne, le team principal
Adrian Newey révélant que ses pilotes sont aussi
soumis à d'importantes vibrations au niveau du
volant, au point de remettre en question leur sécurité
dans le cockpit au-delà d'un relais de 25 tours
(pour Alonso).
Pour le double champion du monde F1, la pilule doit avoir
un goût sacrément amer, lui qui miroite toujours
secrètement une énième (et hypothétique ?) lutte pour un
troisième titre mondial après trois saisons de hauts et de
bas dans une écurie où Lawrence Stroll injecte des
centaines de millions en personnel et
infrastructures pour en faire une force du
peloton.
Au vu de la fiabilité compliquée du bloc Honda,
logé dans une monoplace dont la conception, certes agressive, ne
lui sied pas pour respirer à plein poumons, on voit mal comment les
débuts du tandem Newey-Aston Martin pourraient
accoucher d'autre chose que d'une saison sacrifiée sur
l'autel d'un difficile développement à long terme...
Alpine fera-t-elle vraiment mieux sans moteur Renault ?
Sur base des tests hivernaux, l'Alpine A526 a
déjà donné satisfaction. La machine bleue et rose est
fiable et performante, certes mais pas au point
d'écarquiller des sourcils dans le peloton, à un stade encore
prématuré pour tirer toute conclusion quant à une
quelconque hiérarchie. Misant sur la solidité d'un
leader comme Pierre Gasly, épaulé par un
Franco Colapinto dont 2026 prend des airs de
deuxième (et dernière ?) chance à ce niveau, l'écurie d'Enstone
mise gros sur la nouvelle réglementation pour redorer son
blason.
Alpine peut-elle se faire une place au-devant du deuxième
peloton ? La concurrence formée par Racing Bulls,
Haas et, dans une moindre mesure, Audi
voire Williams sera rude. Pour cela, la formation
anglaise mise désormais sur la technologie de
Mercedes à la place de Renault, dont le
département de Viry semble déjà appartenir au
passé.
Attendu au tournant comme la future référence dans le peloton, le
V6 de Brixworth sera-t-il toutefois à la hauteur des
attentes ? Les qualifications en Australie seront un
premier indicateur intéressant sur l'état de santé des clients du
motoriste, dont le groupe-propulseur 2026 bénéficiera
d'une première évolution jusqu'alors uniquement étrennée par
l'écurie de Brackley.
Williams de nouveau sur une pente descendante ?
Première désagréable surprise de l'hiver,
Williams peut-elle faire oublier ses
problèmes de mise à feu et bâtir sur les
enseignements d'une belle campagne 2025 ? Car James
Vowles l'a longtemps promis : 2026 devait être la
saison de la confirmation pour une écurie en
patiente reconstruction depuis sa prise en charge.
C'était avant que des soucis d'embonpoint sur la
FW48 ne viennent rayer le
shakedown barcelonais du calendrier et
éroder la confiance placée dans les troupes de
Grove à accoucher d'un package compétitif.
Les
roulages de Bahreïn lui toutefois ont permis de reprendre
du poil de la bête, la monoplace bleue accumulant le plus
grand nombre de tours - à égalité avec
McLaren - au terme de la première
semaine à Sakhir. Si la case
"fiabilité" semble cochée, c'est du côté de
la performance que cela pêche encore, Carlos
Sainz comme Alex Albon se gardant de tout pronostic déraisonnable
avant de voir ce que leur nouveau bolide à réellement dans
le ventre face à une concurrence qui fourbit également ses
armes en coulisses.
Qui de Cadillac ou Audi sera la bonne surprise de la saison ?
Sachant que la totalité du peloton repart d'une feuille
blanche pour ce nouveau cycle réglementaire, les
surprises peuvent être nombreuses en 2026. Mais
laquelle parmi les écuries peut se muer en révélation
inattendue de la saison ? Deux candidats ont encore tout à
prouver : Audi et Cadillac. La
première dispose des fondations, solides et éprouvées, de
Sauber Motorsport pour mener à bien le
projet de conquête de la marque en Formule 1. Après plusieurs
années d'un travail de fond dans la pénombre, l'organigramme mené
par Mattia Binotto veut jouer les trouble-fêtes
avec une R26 dont le potentiel vu à Sakhir laisse entrevoir
des choses intéressantes, à condition que la
fiabilité soit au rendez-vous.
Quant à Cadillac, l'entrée en matière cet hiver
fut résolument positive. En six jours d'essais à
Bahreïn, les machines noires et blanches ont en effet bouclé un
roulage conséquent (près de 600
tours). Certes, la performance n'est pas encore
foudroyante, mais la nouvelle formation américaine
n'a de cesse d'impressionner le paddock par sa
rigueur et son efficacité dans le travail. Forte de cette
expérience nouvelle, la formation menée par Graeme
Lowdon peut aborder Melbourne avec, au moins, la
satisfaction d'avoir mené sa barque comme il le faut
jusqu'ici...















