F1 : vers un "scénario catastrophe" pour les départs en 2026 ?
Entre gestion d'énergie moteur plus compliquée que prévu, pilotage réduit à du "lift and coast" et sérieuses inquiétudes sur les procédures de départ, quel visage la Formule 1 2026 présentera-t-elle au Grand Prix d'Australie ?
Le moins que l'on puisse écrire, c'est que la Formule 1 a connu des pré-saisons plus sereines...
F1 2026 : une avant-saison mouvementée
Décidément, les essais préliminaires à cette
nouvelle saison de compétition sont rythmés autant
par les machines brûlant de la gomme en
piste que les polémiques fleurissant dans les travées
du paddock F1.
Après le shakedown de Barcelone sous
couvert du secret-défense, fans, médias comme
observateurs ont pu enfin découvrir les nouvelles
monoplaces 2026 sous un jour plus concret. Et si la
deuxième période de roulage à Bahreïn était encore
majoritairement non-retransmise, les trois
journées de cette semaine sont à suivre en intégralité sur
plusieurs canaux. N'oubliez pas non plus le guide pratique de Sport
Auto pour ne rien manquer des essais de
Sakhir.
Dans l'attente du premier Grand Prix
de la saison, le week-end du 8 mars à
Melbourne, bon nombre
d'interrogations ont été soulevées dans le paddock
autour du fonctionnement de ces F1 2026.
Avec, au coeur des critiques émises par les
pilotes, la nouvelle répartition d'énergie au sein
des V6 turbos hybrides, désormais fixée à 50% de
puissance électrique issue de la batterie et de son
système de récupération (MGU-K) et
50% du moteur thermique
(ICE, pour Internal
Combustion Engine).
F1 2026 : la gestion d'énergie au coeur du problème ?
Actée depuis plusieurs saisons, suivant une volonté
commune de la F1 et de la FIA de poursuivre avec les
motorisations durables en ligne avec
l'évolution de l'industrie automobile (et ainsi
convaincre de nouveaux constructeurs comme Audi de
venir grossir les rangs), cette nouvelle architecture pose
aujourd'hui question quant à sa gestion en
piste.
En effet, il est apparu dès les
premiers tests de Barcelone que les pilotes
étaient dans l'incapacité de pousser leur voiture dans ses
retranchements autant qu'en 2025, sous peine
d'épuiser trop rapidement la réserve d'énergie stockée dans
la batterie, et de facto déforcer la puissance
moteur et le niveau de performance sur l'entièreté d'un
tour.
Conséquence : ils ont dû pour la plupart adopter un style
de pilotage en mode "réserve", usant de la technique du
liftt and coast bien avant les points de
freinage et même dans plusieurs virages
rapides, comme dans la courbe n°12 de
Sakhir.
Ce virage, l'un des plus rapides du tracé, se
négociait auparavant à fond. Ce n'est désormais
plus une option, les pilotes devant lever le pied,
parfois de 50 à 60 km/h, pour éviter de drainer la
quantité d'énergie de la batterie, et ainsi compromettre
leur vitesse de pointe dans les lignes droites.
F1 2026 : vers des départs chaotiques en début de saison ?
Vous vous en doutez : de pareilles contraintes sur le pilotage
pur n'ont guère enchanté nos artistes du volant.
Et si certains comme Lando Norris prêchent la
patience d'ici l'Australie, d'autres comme Max Verstappen,
Fernando Alonso ou Lewis Hamilton sont moins
politiques quant à leurs inquiétudes au sujet
d'une formule en-deçà des attentes.
Dans la même veine, le doute grandit dans le paddock autour des
départs. Pourquoi ? Traditionnellement, pour
favoriser son démarrage à l'extinction des feux,
chaque pilote a besoin d'atteindre un certain seuil de
puissance pour être dans la bonne "fenêtre"
d'enclenchement de son embrayage, et ainsi arracher sa
voiture à l'immobilité en une micro-seconde.
Hors, il s'avère que la nouvelle répartition d'énergie du
bloc-moteur affecte la réponse du
turbocompresseur. Celui-ci a besoin de plus de temps
qu'avant pour monter dans les tours et ainsi
fournir le temps de réaction espéré par le pilote.
Mais, souci : le temps alloué par le règlement de la
FIA pour procéder à la formation de grille est similaire à
2025. Si les pilotes se rangeant dans le haut de la
grille sont potentiellement moins à
risque, cette fenêtre trop étroite
pourrait poser problème aux concurrents de la deuxième
moitié du peloton, vu qu'ils disposeront d'encore moins de
temps que les leaders pour se ranger sur leur
emplacement et "préparer" leur voiture
avant que les feux rouges ne s'éteignent.
Oscar Piastri : "Cela sent le scénario catastrophe"
Ce potentiel problème a été pointé du doigt par plusieurs
protagonistes du plateau comme Oscar Piastri.
"La différence entre un bon et un mauvais départ l’an dernier,
c’était que vous aviez un peu de patinage ou un temps de réaction
insuffisant", a déclaré l'Australien à Bahreïn, dans des
propos relayés par The-Race.
"Cette saison, cela pourrait quasiment ressembler à une course de
F2, où l’on frôle l’anti-calage", redoute-t-il. "Vous ne
risquez pas de perdre seulement cinq mètres, mais six ou sept
positions si cela se passe mal. Il y a aussi les risques potentiels
liés au fait que les voitures aient moins d’appui au départ,
puisque configurées pour la ligne droite.
La question est aussi de savoir si nous utiliserons le 'mode ligne
droite' au départ ou non, parce que je pense qu’un peloton de 22
voitures, avec quelques centaines de points d’appui en moins, cela
sent le scénario catastrophe."
"Tout se joue sur le
fil du rasoir, c’est une question de millisecondes", ajoute
Oliver Bearman, du Haas F1 Team. "Et si vous
êtes trop tard ou trop tôt d’une demi-seconde, ça ne fonctionne
pas. Jusqu’à présent, nous n’avons pas du tout été constants lors
de nos essais de départs, ce qui est un peu inquiétant."















