Ferrari 250 GT (1959) : même rouillée, elle conserve une valeur exceptionnelle

Publié le 15 février 2026 à 07:00
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Rongée par la rouille, cette Ferrari 250 GT Coupé 1959 sort d’un garage américain après plus d’un demi‑siècle d’oubli. Comment peut-elle encore affoler les enchères ?

Rouillée de la calandre au pare-chocs, au premier regard, cette voiture ressemble à une épave bonne pour la casse. Pourtant cette Ferrari 250 GT Coupé de 1959, exhumée d'un garage américain, va être vendue par Gooding Christie's à Amelia Island pour une somme à faire tourner les têtes. Ce coupé signé Pininfarina n'est pas une Ferrari comme les autres...
Présentée au Salon de Paris 1958, la 250 GT Coupé a été la première grande GT de série de Maranello. Produite à 353 exemplaires entre 1958 et 1960, elle a aidé Enzo Ferrari à financer la course et à lancer une production plus industrielle. Reste à comprendre pourquoi cet exemplaire ruiné vaut encore une fortune...

Ferrari 250 GT (1959) : la GT de série qui a changé Ferrari

Sous le long capot de la 250 GT Coupé bat le V12 Tipo 128D de 2 953 cm³, nourri par trois carburateurs Weber. Il développe 220 ch à 7 000 tr/min, transmis aux roues arrière par une boîte manuelle à 4 rapports. Pour la fin des années 50, cette fiche technique faisait rêver, et elle impressionne toujours les passionnés aujourd'hui. L'exemplaire proposé, châssis n° 1359 GT, est le 158e des 353 coupés construits. Livré neuf à Rome en juillet 1959, dans une élégante teinte Grigio Fumo avec intérieur en vinyle beige et cuir Connolly, il a d'abord roulé entre Rome et Brescia avant de rejoindre la Suisse, au service de gentlemen drivers italiens puis helvétiques.

Ferrari 250 GT (1959) : d'une vie agitée au long sommeil américain

Ses dix premières années ont été agitées, avec sept propriétaires successifs. La voiture a reçu des modifications d'époque intrigantes : pare-chocs supprimés, phares recouverts de caches Carello, double contacteur d'allumage, écrous de roue spécifiques, batterie déplacée. Ces transformations laissent supposer une utilisation en compétition en Suisse ou en Allemagne, même si aucune liste officielle n'a été retrouvée.
Tout change en 1969. Un militaire américain basé en Bavière l'achète, la fait expédier à Newark, dans le New Jersey, et l'utilise quelques fois seulement avant de la laisser à l'abandon. Depuis, cette Ferrari 250 GT rouillée est restée à l'arrêt pendant plus de 55 ans, stockée à l'abri mais bien abimée par le temps. Aujourd'hui, la carrosserie est couverte de rouille superficielle, la peinture d'origine a viré et l'ensemble a un air presque post-apocalyptique. Techniquement, tout est à refaire, du V12 à la transmission en passant par les freins et les trains roulants. Pourtant la voiture garde ses numéros de châssis et de moteur concordants, ces fameux matching numbers, ainsi qu'un rapport de l'historien Ferrari Marcel Massini.

Mise en vente à Amelia Island, elle est estimée entre 300 000 et 500 000 dollars, soit environ 280 000 à 460 000 euros. Il faudra désormais patienter pour découvrir à quel prix, sans doute vertigineux, cette 250 GT sera finalement adjugée.

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À propos de l’auteur
Lucas Brenot
Lucas Brenot
J’aime l’automobile pour ce qu’elle apporte concrètement : la sensation de conduite, le plaisir d’un moteur bien réglé, le soin apporté à un intérieur. J’ai grandi avec des voitures autour de moi, et c’est resté une vraie curiosité au quotidien.
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