Ferrari 250 GT patinée estimée à 500 000 $ : cette erreur que font les collectionneurs coûte très cher
À Amelia Island, une Ferrari 250 GT Coupé Pininfarina de 1959, figée depuis les années 60, s’apprête à passer aux enchères. Faut‑il sauver sa patine d’origine ou céder à la restauration totale ?
Vue de loin, on dirait une vieille italienne oubliée au fond
d’un garage, couverte de poussière et de rouille de surface. De
près, cette Ferrari 250 GT patinée de 1959 raconte
pourtant quelque chose que n’offrira jamais une restauration
flambant neuve : soixante ans d’histoires inscrites dans chaque
éclat de peinture.
Ce coupé Pininfarina, qui doit passer sous le marteau lors des
enchères d’Amelia Island en Floride, n’a quasiment pas vu la
lumière du jour depuis la fin des années 1960 selon Jalopnik. Son état
"dans son jus" divise, mais il fascine déjà les amateurs prêts à
payer très cher pour cette patine d’origine.
Ferrari 250 GT patinée : un coupé Pininfarina figé depuis les années 1960
Construite en 1959, cette Ferrari est le 158e exemplaire d’une série de 353 coupés produits entre 1958 et 1960. Selon le catalogue d’enchères, la voiture est restée en stockage statique depuis l’époque où l’homme a marché sur la Lune. La fine carrosserie dessinée par Pininfarina porte désormais peinture passée, taches de rouille non structurelle et chrome terni, mais l’ensemble garde une présence étonnamment élégante.
© Gooding
Christie's
Le badge de Pininfarina semble presque intact.
Son histoire ressemble à un carnet de voyage européen. Livrée d’abord à deux propriétaires à Rome, passée ensuite par quatre mains à Brescia, elle a pris la route de la Suisse avant d’être achetée en 1969 par un militaire américain basé en Allemagne, qui l’a expédiée à Newark, dans le New Jersey, puis rangée. Pare-chocs rasés, vitrages de phares Carello, double contacteur d’allumage et batterie déplacée laissent penser qu’elle a connu la piste avant ce long sommeil.
Une Ferrari 250 GT dans son jus face à la tentation de la restauration
Dans le milieu des anciennes, on dit souvent qu’une voiture
n’est vraiment d’origine qu’une seule fois. Une peinture neuve fait
disparaître les micro-chocs du quotidien, les retouches d’époque,
tout ce qui prouve qu’une auto a vécu.
Une patine d’origine transforme au contraire
chaque sortie en voyage dans le temps, là où une restauration
totale peut rendre le propriétaire frileux à l’idée d’ajouter des
kilomètres.
Pour cette 250 GT, la ligne de partage est claire : toucher à la
mécanique, épargner la peau. Le programme idéal ressemble à une
remise en route en profondeur :
- ouvrir et refaire le V12 de 3,0 litres,
- revoir boîte de vitesses, pont et freins,
- redresser les jantes, monter des pneus routiers neufs, graisser chaque articulation,
- réparer seulement ce qui est indispensable dans l’habitacle, comme un siège affaissé ou une planche de bord craquelée.
Ferrari 250 GT patinée : quand l’authenticité fait grimper les enchères
Cette
Ferrari doit être proposée avec une estimation entre 300 000 et
500 000 dollars, soit environ 275 000 à 460 000 €. L’acheteur ne
paiera pas pour une brillance de salon, mais pour le privilège de
conduire une capsule temporelle presque intacte depuis la fin des
sixties. Et là, détail qui change tout : un autre coupé
parfaitement restauré existe toujours, cette combinaison précise de
patine, non.
Le marché confirme ce virage en faveur des voitures préservées.
Une collection de vingt Ferrari restées dans l’état après un
ouragan a été présentée telle quelle, dans un décor de grange
reconstitué, et évaluée autour de 15 millions de dollars, soit près
de 14 millions d’euros.
Une 250 GT Cabriolet Pinin Farina en restauration partielle s’est
affichée à 1,295 million de dollars, environ 1,2 million d’euros.
Pour un collectionneur français, le message est clair : une Ferrari
250 GT patinée, mécaniquement saine mais visuellement intacte, peut
valoir plus qu’un exemplaire repeint à neuf.














