Mercedes Classe A : elle survivra jusqu’en 2028… mais ne sera plus produite en Allemagne
Mercedes prolonge la Classe A jusqu’en 2028, mais en fermant progressivement les chaines de production allemande. Que révèle ce choix pour l’Europe et les acheteurs français ?
Pour sauver sa petite star, Mercedes a choisi une voie plus discrète qu'un lancement de nouvelle génération. La Classe A actuelle, en service depuis 2018, obtient un sursis alors qu'elle devait quitter la scène au milieu de la décennie. Ce sursis ne se fera pourtant pas sans un bouleversement profond de son lieu de naissance, au coeur même de l'identité allemande du modèle...
Ce qui change pour la Mercedes Classe A jusqu'en 2028
Le constructeur a confirmé que sa compacte resterait au
catalogue au moins jusqu'en 2028, dans le cadre d'un plan
d'économies d'environ 5 milliards d'euros. L'objectif est de
défendre les marges de son entrée de gamme face à la poussée des
marques chinoises. Reste une question sensible pour les fans de la
Mercedes Classe A : où
sera-t-elle fabriquée demain ?
L'actuelle génération W177 de la Classe A, lancée en 2018, devait
initialement s'arrêter autour de 2025-2026, sans remplaçante
directe. La marque voulait réduire son offre de petites voitures
pour concentrer ses investissements sur des modèles plus rentables.
Le maintien de la production jusqu'en 2028 prolonge un modèle qui a
largement contribué aux plus de 600 000 ventes annuelles de
compacts Mercedes observées en 2018-2019. En parallèle, les équipes
travaillent déjà sur la relève basée sur la nouvelle plateforme
modulaire MMA, capable d'accueillir moteurs thermiques et
électriques. Cette base servira aussi à la future CLA, appelée à
devenir l'accès principal à la gamme. D'ici là, la compacte
actuelle poursuit sa carrière presque inchangée, mais son
environnement industriel est en train de basculer.
De Rastatt à Kecskemét : la compacte Mercedes se délocalise
Jusqu'ici, la Classe A sortait surtout des
lignes de l'usine de Rastatt en Allemagne. À partir du deuxième
trimestre 2026, la production sera transférée vers le site de
Kecskemét, situé à une centaine de kilomètres de Budapest en
Hongrie. Ce déplacement vers l'est répond à la recherche de coûts
de main-d'oeuvre plus bas. L'usine hongroise vise une capacité
d'environ 300 000 à 400 000 véhicules par an et le recrutement
d'environ 3 000 salariés supplémentaires. Kecskemét n'est pas un
territoire vierge pour Mercedes, qui y assemble
déjà plusieurs modèles compacts, dans un pays devenu un hub
automobile européen où se trouvent aussi BMW, Audi ou BYD. La
direction y voit un moyen de préserver l'image premium tout en
réduisant les coûts de sa voiture la plus accessible.
Après la bascule, la Classe A n'affichera
plus sur sa plaque la mention "Made in Germany", si chère
à certains acheteurs. Le transfert de la Classe A libère des
capacités précieuses à Rastatt, que Mercedes compte consacrer aux
futurs modèles sur base MMA. La nouvelle CLA et son dérivé Shooting Brake
doivent en profiter, tout comme les prochains SUV compacts. La
direction menée par Ola Källenius veut concentrer les moyens
allemands sur ces modèles plus récents, jugés plus rémunérateurs
pour le groupe.
Pour un acheteur français, la conséquence est simple : la Classe A reste disponible au moins jusqu'en 2028, mais elle sera d'abord assemblée en Allemagne puis en Hongrie à partir de 2026, sans changement annoncé sur les tarifs...


