Porsche 914 : encore abordable, elle devient redoutable avec un moteur de 911
La Porsche 914 revient sur le devant de la scène chez les passionnés en quête de Porsche accessible. Que devient ce petit Targa quand on lui greffe un moteur de 911 ?
Et si la moins chère des classiques portant un écusson Porsche n’était pas celle que l’on croit ? Loin des 911 intouchables, un petit coupé Targa à moteur central, longtemps regardé de travers, attire de nouveau l’attention des passionnés. Son châssis sérieux, son style décalé et des prix encore raisonnables en font une curiosité très convoitée...
Porsche 914 : mal-aimée mais taillée pour mieux
Cette outsider, c’est la Porsche 914, née de
l’accord Volkswagen–Porsche et produite de 1969 à 1976 à près de
120 000 exemplaires, majoritairement pour les États-Unis. Longtemps
boudée, elle connaît un vrai retour en grâce, surtout lorsqu’elle
sert de base à un projet de restomod animé par un
moteur de Porsche 911.
Là, le potentiel change clairement de dimension...
Conçue comme successeure des 912 et Karmann Ghia, la 914 inaugure
la première Porsche de grande série à moteur
central. Assemblée chez Karmann, affichant autour de 900 à
1 000 kg avec quatre freins à disque, elle mise sur l’équilibre et
l’agilité. En Europe, l’appellation VW-Porsche et le moteur dérivé
de la Volkswagen 411 brouillent pourtant son image
face à la 911.
Côté moteurs, les 4 cylindres 1,7 l 80 ch, 1,8 l, 85 ch et 2,0 l
100 ch offrent des performances honnêtes mais loin du mythe
Porsche, avec un 0‑100 km/h tournant autour de 10 à 13 s. La rare
Porsche 914/6 reçoit un flat-six 2,0 l d’environ
110 ch et dépasse 200 km/h, mais seulement un peu plus de 3 300
exemplaires sortent, aujourd’hui hors de prix.
Porsche 914 : une base encore abordable
Son statut de “mauvais numéro” a longtemps maintenu les cotes
sages. Sur le marché américain, un bel exemplaire restauré tourne
autour de 30 000 $ (environ 27 500 €), quand des 914 propres mais
simples restent trouvables sous 10 000 $ (environ 9 200 €).
En France, les prix grimpent, surtout pour les 2,0 l, mais restent
inférieurs à ceux d’une 911 aircooled comparable. Ce décalage ouvre
la voie aux préparations. Dès les années 1970, des passionnés
remplacent le 4 cylindres d’origine par un
flat-six de 911 (2,0, 2,2, 2,4 l et plus), voire
par des blocs V8 ou Subaru. Le compartiment moteur ayant été pensé
pour la 914/6, l’implantation d’un six à plat reste relativement
naturelle, à condition de renforcer l’auto sur plusieurs points
clés : le freinage (étriers et disques issus de 911), des
suspensions et trains roulants et un refroidissement et échappement
adaptés. Un exemple récent illustre bien ce cocktail. Une 914
convertie en roadster (toit Targa supprimé), élargie et dotée de
suspensions revues et de quatre freins à disque reçoit un 6
cylindres 2,2 l de 911 d’époque. Dans sa version 911 T, ce bloc
développe 125 ch, soit 16 ch de plus que le meilleur 2,0 l de 914/6
(109 ch pour la 914/6 SC). Le moteur y a été entièrement refait,
avec double carburateurs Weber, allumage électronique Perma-Tune et
échappement sur mesure, tout en conservant une boîte manuelle 5
vitesses.
Sur le marché américain, de telles 914 préparées se négocient souvent entre 40 000 et 60 000 $ (environ 37 000 à 55 000 €), quand certains projets apparaissent encore en enchère autour de 10 914 $ (près de 10 000 €). Dans le même temps, les très rares 914/6, 914/6 GT ou Porsche 916 d’origine restent des pièces de collection préservées, là où les 4 cylindres constituent une base libre pour ces transformations spectaculaires...


