Essais F1 2026 : qui progresse ? Qui galère ? Notre "team par team" à Bahreïn

Publié le 18 février 2026 à 08:00
Mis à jour le 18 février 2026 à 10:00
Essais F1 2026 : où, quand et comment suivre les tests de Bahreïn 2 ?

Quelle écurie est dans le vert ? Qui doit encore redoubler d'efforts ? Sport Auto prend le pouls du travail en cours du côté de Bahreïn où se tiennent les derniers essais hivernaux en vu de la saison F1 2026.

Alors que la valse des essais hivernaux reprend ce mercredi à Bahreïn, que dire quant à la situation actuelle dans laquelle se trouvent les 11 écuries du plateau F1 2026 ?

Essais F1 2026 : quelle écurie a le plus tourné à Bahreïn 1 ?

Comme toujours, les enseignements à retirer des tests durant l'intersaison sont à prendre avec des pincettes d'usage, qui plus est lorsqu'un voile de secret enveloppe les contacts initiaux des nouvelles monoplaces avec la piste.
Deux semaines après le shakedown à Barcelone, qui vient d'officialiser un retour inattendu au calendrier, trois journées de limage de bitume à Sakhir ont toutefois permis de dégager de nouvelles tendances en matière de développement.
Penchons-nous d'abord sur quelques chiffres, bien que la question des chronos reste relative au vu des différences de poids en fonction du carburant embarqué, mais aussi des pneus montés et des réglages propices à chaque voiture.
A titre indicatif, le temps de référence a été signé lors du troisième jour par Kimi Antonelli (Mercedes-AMG), chaussé des gommes tendres (C3) de la gamme Pirelli, en 1:33.669. Son équipier George Russell figure au deuxième rang, suivi par les Ferrari, McLaren, et la Red Bull de Max Verstappen, dont les premiers retours ne sont guère élogieux malgré une RB22 que l'on dit déjà en avance sur la concurrence.
A ce stade encore prématuré dans le développement des monoplaces, l'une des clés reste la fiabilité. Et à ce petit jeu-là, le kilométrage accumulé est un bon indicateur d'un programme mené à bien ou contrarié.
Ainsi, après avoir loupé le shakedown barcelonais, Williams a abattu un total de 422 tours du circuit de Sakhir, soit autant que McLaren, avec la Scuderia Ferrari troisième avec 421 boucles, selon des données compilées par The-Race.
Haas (390) et Audi (354) n'ont pas à rougir de leur roulage, suivies dans ce classement par Red Bull (343), Racing Bulls (327), Cadillac (320), Alpine (318), Mercedes-AMG (282) et Aston Martin (206).

Essais F1 2026 : Red Bull et Mercedes en favoris ?

Quelle écurie peut-on décemment envisager au sommet d'une première, et encore hypothétique, hiérarchie ? Red Bull vient naturellement à l'esprit. A une fiabilité à toute épreuve à Barcelone, la RB22 a ajouté la compétitivité à Bahreïn; au point que Toto Wolff n'a pas hésité à la qualifier de "nouvelle référence" avec une supériorité au tour estimée autour de la seconde. Un potentiel prometteur qui n'a toutefois pas eu le don de faire sourire un Verstappen peu emballé par ce que la nouvelle réglementation réserve aux pilotes en matière de gestion d'énergie au volant.
Chez Mercedes-AMG, plutôt que de faire exploser le compteur kilométrique, comme ce fut le cas au shakedown, on a préféré faire profil bas, assurant lentement mais sûrement son statut de supposé favori.
Car la W17 est en effet bien née avec ce fameux V6 de nouvelle génération dont le taux de compression donne des cheveux blancs à ses rivaux, au point de faire des vagues jusque dans les bureaux de la FIA.
Une réunion d'urgence de la Commission F1 est d'ailleurs prévue dans le courant la semaine à Bahreïn pour statuer sur la légalité, ou non, de la trouvaille des motoristes de Brixworth.
Parmi les équipes à battre en 2026, Ferrari a-t-elle une carte à jouer ? Plus d'un tifoso n'oserait pareille prédiction, tant les signaux avant-coureurs positifs ont été nombreux au cours des dernières saisons, sans pour autant se traduire en lutte pour les sacres sur la durée d'un championnat. La prudence reste donc de mise, bien que Charles Leclerc et Lewis Hamilton se sont montrés globalement dans le rythme au volant d'une SF-26 au profil compétitif.
A la queue des top teams, on pourrait glisser McLaren dont la MCL40 présente par moments un comportement sain et rapide, mais sans parvenir encore à gommer une certaine instabilité au freinage, avec Norris comme Piastri à son volant.
Sur base des tests initiaux, une chose semble rassurer la concurrence : l'écurie de Woking ne devrait pas débuter 2026 avec le même avantage bâti ces dernières saisons. A moins qu'on ne cache bien son jeu dans le box papaye...

Essais F1 2026 : quid du deuxième peloton ?

Avec près de 400 tours couverts en trois jours, Haas peut avoir le sourire. Certes, Oliver Bearman et Esteban Ocon n'ont pas pour autant bousculé les chronos, mais leur VF-26 se montre fiable, au point que la formation de Banbury n'a rencontré que peu de problèmes d'importance lors de son roulage.
Malgré le retard du shakedown loupé en Espagne, Williams peut cocher "fiabilité" dans sa (longue) liste de tâches. La nouvelle FW48 est en effet fiable avec un impressionnant score de 422 tours bouclés en trois journées.
Passé ce premier soulagement, reste à la formation de Grove à mettre les bouchées doubles pour toujours mieux comprendre sa monture, dont le potentiel initial la placerait dans le deuxième peloton. Soit pas la perspective la plus motivante pour une équipe sortant d'une cinquième place au Championnat du monde des Constructeurs ...
Au coeur de ce deuxième peloton, justement, c'est encore un peu la bouteille à encre. La nouvelle Audi, propulsée par un bloc-moteur inédit, n'est guère foudroyante. Mais elle n'est pas à la traîne non plus. Et elle mue, notamment sur le plan du look avec des évolutions aérodynamiques fleurissant ci et là, preuve que les cerveaux turbinent à Hinwil.
Chez Alpine, la machine d'Enstone présente un comportement dont la constance en piste semble lui donner un petit plus par rapport à la Williams . Racing Bull, de son côté, traverse ces essais sans faire de remous, l'unique rookie du plateau Arvid Lindblad réalisant son baptême du feu au volant d'une VCARB 03 entre micro-satisfactions et instabilité.
Enfin, à défaut de décrocher des mâchoires, Cadillac a entamé sa préparation hivernale sur un bon pied. La nouvelle écurie américaine bosse sans faire de vagues (à part l'un ou l'autres drapeaux rouges) et apprend en cumulant les kilomètres.
Si la performance pure est logiquement encore une préoccupation de second plan, la formation couvée par General Motors a peut-être passé son premier vrai test : celui de la crédibilité en tant que nouveau projet.

Au-delà du faible nombre de tours bouclé en comparaison de la concurrence, Aston Martin est clairement l'écurie dans le dur du moment. La faute à une AMR26 que Fernando Alonso comme Lance Stroll décrivent comme à la fois compliquée à piloter et souffrant d'un manque de performance de son nouveau groupe-propulseur conçu par Honda.
En piste, c'est bien simple : le meilleur chrono de la semaine dernière d'une machine teintée du British Racing Green, signé par l'Espagnol, était 4.5 secondes plus lent que la référence d'Antonelli !

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À propos de l’auteur
Guillaume Alvarez
Guillaume Alvarez
Rédacteur-Editeur pour Sport Auto, l'Auto-Journal et F1i. Je partage mon temps entre l'écriture, le reportage et les circuits, la plume et le micro portés par la passion de l'automobile et de la compétition, du Karting à la Formule 1, en noir et blanc comme en couleurs.
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