Essais F1 2026 : qui progresse ? Qui galère ? Notre "team par team" à Bahreïn
Quelle écurie est dans le vert ? Qui doit encore redoubler d'efforts ? Sport Auto prend le pouls du travail en cours du côté de Bahreïn où se tiennent les derniers essais hivernaux en vu de la saison F1 2026.
Alors que la valse des essais hivernaux reprend ce mercredi à Bahreïn, que dire quant à la situation actuelle dans laquelle se trouvent les 11 écuries du plateau F1 2026 ?
Essais F1 2026 : quelle écurie a le plus tourné à Bahreïn 1 ?
Comme toujours, les enseignements à retirer des
tests durant l'intersaison sont
à prendre avec des pincettes d'usage, qui plus est
lorsqu'un voile de secret enveloppe les contacts
initiaux des nouvelles monoplaces avec la
piste.
Deux semaines après le shakedown à
Barcelone, qui vient d'officialiser un retour inattendu au
calendrier, trois journées de limage de bitume à
Sakhir ont toutefois permis de dégager de
nouvelles tendances en matière de
développement.
Penchons-nous d'abord sur quelques
chiffres, bien que la question des chronos reste
relative au vu des différences de poids en
fonction du carburant embarqué, mais aussi des pneus
montés et des réglages propices à chaque voiture.
A titre indicatif, le temps de référence a été
signé lors du troisième jour par Kimi Antonelli
(Mercedes-AMG), chaussé des gommes tendres (C3) de
la gamme Pirelli, en 1:33.669. Son équipier George
Russell figure au deuxième rang, suivi par les
Ferrari, McLaren, et la Red Bull de Max
Verstappen, dont les premiers retours ne sont
guère élogieux malgré une RB22 que l'on dit déjà en avance sur
la concurrence.
A ce stade encore prématuré dans le développement des
monoplaces, l'une des clés reste la
fiabilité. Et à ce petit jeu-là, le
kilométrage accumulé est un bon indicateur d'un
programme mené à bien ou contrarié.
Ainsi, après avoir loupé le
shakedown barcelonais,
Williams a abattu un total de 422 tours du circuit
de Sakhir, soit autant que McLaren, avec la Scuderia
Ferrari troisième avec 421 boucles, selon des données
compilées par The-Race.
Haas (390) et Audi (354) n'ont
pas à rougir de leur roulage, suivies dans ce classement par
Red Bull (343), Racing Bulls
(327), Cadillac (320), Alpine
(318), Mercedes-AMG (282) et Aston
Martin (206).
Essais F1 2026 : Red Bull et Mercedes en favoris ?
Quelle écurie peut-on décemment envisager au
sommet d'une première, et encore hypothétique, hiérarchie ?
Red Bull vient naturellement à l'esprit. A une
fiabilité à toute épreuve à Barcelone, la
RB22 a ajouté
la compétitivité à Bahreïn; au point que Toto
Wolff n'a pas hésité à la qualifier de "nouvelle
référence" avec une supériorité au tour estimée autour
de la seconde. Un potentiel prometteur qui n'a toutefois
pas eu le don de faire sourire un Verstappen peu
emballé par ce que la nouvelle réglementation réserve aux
pilotes en matière de gestion d'énergie au
volant.
Chez Mercedes-AMG, plutôt que
de faire exploser le compteur kilométrique, comme
ce fut le cas au shakedown, on a préféré
faire profil bas, assurant lentement mais sûrement son
statut de supposé favori.
Car
la W17 est en effet bien née avec ce fameux
V6 de nouvelle génération dont le taux de
compression donne des cheveux blancs à ses rivaux, au
point de faire des vagues jusque dans les bureaux de la FIA.
Une réunion d'urgence de la Commission F1 est
d'ailleurs prévue dans le courant la semaine à Bahreïn pour statuer
sur la légalité, ou non, de la trouvaille des motoristes de
Brixworth.
Parmi les équipes à battre en
2026, Ferrari a-t-elle une carte à jouer ? Plus
d'un tifoso n'oserait pareille
prédiction, tant les signaux avant-coureurs
positifs ont été nombreux au cours des dernières saisons,
sans pour autant se traduire en lutte pour les sacres sur la durée
d'un championnat. La prudence reste donc de mise, bien que
Charles Leclerc et Lewis Hamilton
se sont montrés globalement dans le rythme au volant d'une SF-26 au
profil compétitif.
A la queue des top teams, on pourrait
glisser McLaren dont la MCL40
présente par moments un comportement sain et
rapide, mais sans parvenir encore à gommer une
certaine instabilité au freinage, avec Norris
comme Piastri à son volant.
Sur base des tests initiaux, une chose semble rassurer la
concurrence : l'écurie de Woking ne devrait pas débuter
2026 avec le même avantage bâti ces dernières saisons. A
moins qu'on ne cache bien son jeu dans le box
papaye...
Essais F1 2026 : quid du deuxième peloton ?
Avec près de 400 tours couverts en trois jours,
Haas peut avoir le sourire. Certes, Oliver
Bearman et Esteban Ocon n'ont pas pour autant bousculé les
chronos, mais leur VF-26 se montre
fiable, au point que la formation de Banbury n'a rencontré
que peu de problèmes d'importance lors de son
roulage.
Malgré le retard du
shakedown loupé en Espagne, Williams peut
cocher "fiabilité" dans sa (longue) liste
de tâches. La nouvelle FW48 est en effet fiable
avec un impressionnant score de 422 tours bouclés
en trois journées.
Passé ce premier soulagement, reste à la formation de Grove à
mettre les bouchées doubles pour toujours mieux
comprendre sa monture, dont le potentiel initial la
placerait dans le deuxième peloton. Soit pas la
perspective la plus motivante pour une équipe sortant
d'une cinquième place au Championnat du monde des
Constructeurs ...
Au coeur de ce deuxième
peloton, justement, c'est encore un peu la
bouteille à encre. La nouvelle
Audi, propulsée par un bloc-moteur
inédit, n'est guère foudroyante. Mais elle n'est
pas à la traîne non plus. Et elle mue, notamment
sur le plan du look avec des évolutions
aérodynamiques fleurissant ci et là, preuve que les
cerveaux turbinent à Hinwil.
Chez
Alpine, la machine d'Enstone présente un
comportement dont la constance en piste semble lui donner un
petit plus par rapport à la Williams . Racing
Bull, de son côté, traverse ces essais sans faire de
remous, l'unique rookie du plateau Arvid
Lindblad réalisant son baptême du feu au volant d'une
VCARB 03 entre
micro-satisfactions et instabilité.
Enfin, à défaut de décrocher des mâchoires,
Cadillac a entamé sa préparation
hivernale sur un bon pied. La nouvelle
écurie américaine bosse sans faire de vagues (à part l'un ou
l'autres drapeaux rouges) et apprend en cumulant les
kilomètres.
Si la performance pure
est logiquement encore une préoccupation de second
plan, la formation couvée par General
Motors a peut-être passé son premier vrai test :
celui de la crédibilité en tant que nouveau
projet.
Au-delà du faible nombre de tours bouclé en comparaison de la
concurrence, Aston Martin est clairement
l'écurie dans le dur du moment. La faute à une
AMR26 que Fernando Alonso comme Lance Stroll
décrivent comme à la fois compliquée à piloter et
souffrant d'un manque de performance de son
nouveau groupe-propulseur conçu par
Honda.
En piste, c'est bien simple : le
meilleur chrono de la semaine dernière d'une
machine teintée du British Racing Green, signé par
l'Espagnol, était 4.5 secondes plus lent que la référence
d'Antonelli !















