Réduction des coûts et du poids : les constructeurs s'attaquent même aux câbles électriques
Les câbles et faisceaux électriques des voitures a de l’importance dans le poids. Les constructeurs commencent à s’y intéresser.
Longtemps considéré comme un composant secondaire, le faisceau électrique est désormais au cœur des stratégies d'optimisation des constructeurs automobiles. Face à l'envolée du prix du cuivre et à la recherche permanente d'allègement, plusieurs marques misent désormais sur un matériau alternatif : l'aluminium. Une évolution discrète, mais qui pourrait transformer durablement la conception des voitures, notamment des modèles électriques et de leurs câbles.
L'aluminium gagne du terrain dans les faisceaux et câbles électriques
Depuis des décennies, le cuivre règne sans partage
dans les systèmes électriques automobiles grâce à son excellente
conductivité. Mais le contexte économique a changé. La
flambée des cours du cuivre pousse les industriels à revoir leurs
habitudes. D'autant que les véhicules embarquent toujours
plus de câbles en raison de la multiplication des équipements électroniques.
L'aluminium apparaît alors comme une solution séduisante.
Son coût est nettement inférieur à celui du cuivre et il
présente un autre avantage majeur. Son poids. Ce métal est
environ trois fois plus léger, un critère devenu essentiel dans une
industrie où chaque kilogramme économisé
permet d'améliorer les performances. Et, dans le cas des
voitures électriques, de préserver l’autonomie.
En contrepartie, l'aluminium conduit moins bien l'électricité. Pour
obtenir des performances équivalentes, les ingénieurs
doivent donc utiliser des câbles de plus grande section,
ce qui impose une adaptation de la conception des faisceaux.
Plusieurs constructeurs ont déjà franchi le pas de l’aluminium
Cette transition n'est plus une simple
expérimentation. Plusieurs grands constructeurs automobiles
utilisent déjà des câbles en aluminium sur certains
modèles.
Ferrari fait partie des pionniers les plus récents. Le constructeur
italien a introduit cette technologie sur la 296 GTB, combinée à une
réduction de la section de certains faisceaux. Résultat :
le poids total du câblage a été réduit de 15 à 20%. Un gain non
négligeable sur une supercar où chaque kilo compte.
BMW possède davantage de recul.
La marque allemande emploie des conducteurs en aluminium depuis
2011 et a progressivement étendu leur utilisation. Les
derniers modèles équipés de la technologie eDrive de sixième
génération utilisent désormais de nombreux câbles en
aluminium. Aussi bien pour les réseaux haute tension que
basse tension.
Tesla a également ouvert la voie en intégrant ce type de câblage
sur le Model Y, avant de poursuivre cette approche sur le
Cybertruck. En Chine,
des constructeurs comme XPeng, Xiaomi ou encore AVATR suivent la même stratégie
afin de réduire les coûts de production.
Une évolution qui pourrait s'accélérer
Le mouvement ne concerne pas uniquement l'automobile.
De nombreux secteurs industriels remplacent progressivement le
cuivre par l’aluminium. Notamment dans les infrastructures
électriques et les équipements de climatisation. La hausse
durable de la demande en cuivre, alimentée par la transition
énergétique et les centres de données, renforce encore l'intérêt
pour ce métal plus abordable.
Selon les estimations de JPMorgan, cette
substitution pourrait représenter environ 2% de la demande mondiale
de cuivre dès cette année. Avec un potentiel pouvant alors
atteindre près de 6% d'ici la fin de la décennie… Si les prix
restent élevés.
Malgré ses nombreux atouts, l'aluminium ne remplacera pas
totalement le cuivre. Sa conductivité plus faible impose
des contraintes techniques. Tandis que sa mise en œuvre
nécessite des adaptations au niveau des connecteurs et des procédés
industriels. Les constructeurs doivent également composer avec
le coût des investissements
nécessaires pour modifier leurs chaînes de production.
Reste que l'équation économique devient de plus en plus favorable. Entre réduction des coûts, allègement des véhicules et amélioration potentielle de l'efficacité énergétique, les câbles en aluminium pourraient rapidement devenir un standard.















