Il démonte le V8 de sa Dodge Challenger R/T SE Six Pack de 1970… puis attend 34 ans avant de le remettre en place
Une légère rayure dans un cylindre a suffi à immobiliser cette Dodge Challenger R/T SE 440 Six Pack pendant plus de trois décennies. Son moteur d'origine vient enfin de reprendre vie.
On a tous un projet qu’on a laissé dormir bien trop longtemps. Pour ce passionné, il tient sur quatre roues : une Dodge Challenger R/T SE 440 Six Pack de 1970 achetée en 1991 à Houston. À cause d’une simple rayure dans un cylindre, il dépose le V8… et va le laisser au sol pendant 34 ans.
Ce qui aurait dû être une révision express transforme cette Challenger SE 440 Six Pack en belle au bois dormant. La voiture reste complète, moteur "matching numbers" rangé à part, pendant que la vie suit son cours. Jusqu’au jour où il décide enfin de la ressusciter, avec l’aide d’un atelier de l’Iowa.
Challenger R/T SE 440 Six Pack : une configuration introuvable
Dans la galaxie Dodge, la Challenger arrive en 1970 pour chasser la Ford Mustang et la Chevrolet Camaro. Cette version R/T SE cumule les extrêmes : pack R/T pour la performance, pack SE pour le luxe avec toit vinyle et intérieur plus cossu. Sur 76 935 Challenger de 1970, seules 3 753 sont des R/T SE, majoritairement en V8 383, quelques-unes seulement en 440 ou 426 Hemi.
La nôtre va plus loin : sous le capot, un V8 7,2 l "440 Six Pack" de 390 ch et 664 Nm, alimenté par trois carburateurs Holley double corps, associé à une boîte manuelle D21 à 4 rapports et au pack A33 Track Pak. Résultat, seulement 296 R/T SE 440 Six Pack produites, dont 135 en boîte méca. En 1970, cette folie coûtait 3 498 $, plus 250 $ d’option 440 Six Pack (l'équivalent d'environ 28 400 € actuels), soit un gros craquage pour l’époque.
Trente-quatre ans de projet en pause dans un garage
Quand il récupère cette Challenger à Houston en 1991, son propriétaire sait déjà qu’il tient quelque chose de spécial : une auto "matching numbers", moteur, culasses et boîte d’origine. En découvrant une légère rayure dans un cylindre, il choisit de sortir le 440 du compartiment moteur, en se disant qu’il va le refaire tranquillement chez lui.
Puis les années s’enchaînent, comme pour ce bricolage qu’on repousse toujours au week-end suivant. La voiture reste stockée, la carrosserie complète, le V8 posé à côté sur son support. Ce n’est qu’après plus de trois décennies qu’il franchit le pas : le moteur part dans un atelier réputé de l’Iowa, chargé de le reconstruire sans trahir son identité d’origine.
Une "time capsule" préservée dans son jus d’usine
Là-bas, pas question de sabrer ce témoin des seventies. Le bloc, les culasses et les collecteurs d’échappement ne passent pas au bain chaud pour garder la peinture bleue d’usine et les marquages d’assemblage encore visibles. On change ce qui doit l’être, segments, coussinets, joints, réfection des trois carburateurs Holley, mais tout reste d’époque.
La philosophie est la même pour le reste : peinture EB5 Bright Blue Metallic d’origine, toit vinyle blanc et intérieur bleu H5B5 conservés, seul le ciel de toit a été remplacé. Une fois le V8 remis dans la baie moteur, la Challenger SE 440 Six Pack de 1970 parcourt à peine une vingtaine de miles (environ 32 km). Après des décennies d’invisibilité, ce coupé "survivor" apparaît comme un trésor pour les collectionneurs, qui savent à quel point les exemplaires aussi intacts sont rares.














