Cette Honda Civic vendue 25 000 € neuve dépasse aujourd'hui les 80 000 € : le phénomène Mugen RR
Conçue comme une véritable voiture de course homologuée pour la route, la Civic Mugen RR est aujourd'hui l'une des Honda les plus recherchées par les collectionneurs. Son prix sur le marché de l'occasion a presque triplé.
Une Honda Civic rouge, quatre portes, moteur 2,0 litres atmosphérique : sur le papier, rien d'extraordinaire. Pourtant, la Civic Mugen RR dépasse aujourd'hui les 15 millions de yens en occasion au Japon, soit plus de 80 000 €, alors qu'elle était vendue neuve autour de 4,8 millions de yens (environ 26 000 €).
Derrière cet écart se cache une histoire de passion plus que de business : Mugen a transformé cette Civic en véritable voiture de course immatriculée, au point d'être, d'après les acteurs du projet, vendue à perte. Deux décennies plus tard, cette générosité alimente une flambée spectaculaire des prix d'occasion.
Civic Mugen RR : une Civic Type R poussée à l'extrême par Mugen
Au Japon, Mugen n'est pas un simple préparateur de spoilers. La société M‑TEC, propriétaire de la marque, reste juridiquement indépendante de Honda, mais fournit des pièces officielles en concession, partage les stands en salon et a développé des moteurs de Formule 1. Son fondateur, Hirotoshi Honda, est le fils aîné de Soichiro Honda.
C'est la troisième Honda Civic Type R FD2, berline quatre portes déjà réputée pour sa suspension extrêmement ferme, qui sert de base. En 2007, Mugen propose la Civic Mugen RR, limitée à 300 exemplaires tous peints en Milano Red, facturée 4 777 500 yens, soit environ 26 000 €. Ils se sont tous écoulés en quelques minutes.
Pourquoi la Civic Mugen RR valait plus que son prix catalogue
Sous le capot, le quatre‑cylindres i‑VTEC 2,0 litres K20A de 225 ch est profondément retravaillé. Arbres à cames et ressorts de soupapes spécifiques, cartographie revue, admission qui aspire l'air depuis le bouclier avant, échappement 4‑2‑1 à double sortie et catalyseur dédié portent la puissance à 240 ch, pour environ 216 Nm et un régime maxi à 8 400 tr/min, avec une poussée beaucoup plus linéaire.
Le châssis suit : amortisseurs Mugen réglables, pneus Bridgestone Potenza dédiés, jantes forgées de 18 pouces, freins avec disques rainurés et conduits de refroidissement. Carrosserie en carbone sec pour le bouclier avant et l'aileron, capot en aluminium, diffuseur arrière et sièges à dossier carbone font tomber le poids d'environ 15 kg, autour de 1 255 kg, tout en générant de l'appui. La fabrication d'un seul bouclier en carbone demande plusieurs personnes pendant plus d'une journée.
Civic Mugen RR d'occasion : la petite berline qui vaut très cher
Il y a une dizaine d'années, on trouvait encore cette Civic préparée autour de 4 à 5 millions de yens (environ 26 000 €) sur le marché japonais, soit déjà bien plus qu'une Type R de base. Depuis, la cote a bondi : aujourd'hui, les plus beaux exemplaires s'affichent à plus de 80 000 €. À l'export, certains sont proposés autour de 127 000 dollars, soit près de 110 000 €.
Cette envolée touche aussi les pièces : boucliers, ailerons ou sièges spécifiques atteignent des montants comparables au prix d'une petite citadine japonaise d'occasion. Mugen réserve en plus certains éléments aux seuls propriétaires, en contrôlant le numéro de châssis, ce qui raréfie encore l'offre. La trajectoire rappelle celle de la Subaru Impreza 22B : série ultra‑limitée, contenu technique démesuré, prix neuf finalement modéré. Pour un conducteur français, la Civic Mugen RR restera un modèle quasiment introuvable. Elle montre toutefois comment une compacte peut, avec le temps, devenir un objet de collection spéculatif.














