Elle a gagné sa catégorie au Mans sur des pneus de route : cette Lola T616 de 300 ch est à vendre
Elle a terminé 10e au Mans et remporté sa catégorie avec un moteur rotatif Mazda et des pneus radiaux dérivés de la route. Cette Lola T616 cherche désormais un nouveau propriétaire.
Posséder une voiture qui a gagné sa catégorie aux 24 Heures du Mans, c’est déjà rare. Quand cette gagnante roule avec un moteur rotatif Mazda et des pneus de route, on bascule carrément dans l’exception. C’est exactement le cas de la Lola T616 châssis HU‑2, mise en vente à Monterey en 2026.
Cette Lola T616 de 1984 a remporté la classe C2 au Mans 1984 avec John Morton, John O’Steen et Yoshimi Katayama au volant, en terminant 10e au général. L’histoire est encore plus folle quand on sait qu’elle portait des pneus radiaux BFGoodrich Comp T/A dérivés de modèles routiers.
Une Lola T616 de 1984 aux enchères
Le châssis HU‑2 sera proposé par Mecum Auctions pendant la Monterey Car Week 2026, avec une estimation autour de 300 000 à 320 000 dollars, soit environ 260 000 à 280 000 €. Construite à seulement quatre exemplaires, cette T616 est la voiture portant le numéro 68 lors de son engagement officiel en 1984.
Techniquement, on parle d’un prototype de Groupe C2 à monocoque aluminium nid d’abeilles, boîte Hewland à cinq rapports et moteur rotatif Mazda 13B de 1,3 litre, autour de 300 ch pour près de 320 km/h en pointe. Le tout sur des pneus radiaux de route montés sur des jantes de 13x11 pouces à l’avant et 13x14 à l’arrière.
Le pari des pneus de route au Mans 1984
Au début des années 1980, BFGoodrich gagnait déjà en IMSA avec des Mazda RX‑7, mais sans attirer vraiment l’attention. Chuck Patrick, alors ingénieur pneus chez la marque, résume l’ambiance : "Le problème, c’est que personne ne se souciait vraiment de voir une RX‑7 bien figurer", raconte‑t‑il, "les gars du marketing ont demandé : 'Comment prouver que nous fabriquons vraiment un excellent produit ?'".
D’où le passage en Groupe C2 avec Jim Busby, deux châssis Lola T616 neufs et une mécanique directement reprise de la RX‑7. Les pneus Comp T/A, simplement redessinés pour les larges jantes de course, ont subi un programme d'environ 5 000 km d’essais avant d’affronter Daytona, Monza puis Le Mans, où HU‑2 a remporté la classe C2 et HU‑3 a terminé troisième.
Une pièce rare qui parle aux collectionneurs
Après sa carrière d’endurance, HU‑2 est passée entre plusieurs équipes privées avant de dormir au fond d’un atelier. Jim Busby et Rick Knoop l’ont rachetée en 2003 pour une restauration complète, suivie d’un gros entretien en 2009 puis d’une remise en état esthétique chez le spécialiste californien Canepa en 2016, et d’une réfection du réservoir en 2025.
Résultat : une auto prête pour Le Mans Classic, le Goodwood Festival of Speed ou la Monterey Motorsports Reunion, avec un historique limpide et un important lot de pièces. Son estimation la place dans la fourchette haute des prototypes de l’époque, mais avec une aura que peu peuvent revendiquer.














