Mazda n’abandonne pas le rotatif et vise plus haut que la MX-5

Publié le 12 février 2026 à 10:30
Essai - Mazda MX-5 2.0 (2024) : 35 ans de plaisirs simples

En pleine transition vers l’électrique, la marque confirme que l’idée d’une nouvelle voiture de sport à moteur rotatif, potentiellement au-dessus de la MX-5, reste d’actualité...

Mazda est engagé dans une nouvelle ère. L’arrivée en Europe de modèles électriques comme les Mazda 6e et CX-6e, issus de la collaboration avec le constructeur chinois Changan, illustre ce virage stratégique. En parallèle, les partenariats avec Toyota pour l’hybridation montrent que la priorité actuelle est claire : s’adapter à un marché dominé par l’électrification et les contraintes économiques. Pourtant, au cœur de cette mutation, un sujet continue de faire vibrer les passionnés comme les dirigeants… celui d’une nouvelle sportive à moteur rotatif.

Mazda : une héritière spirituelle des RX toujours envisagée

Le sujet est revenu sur la table à travers les déclarations de Moritz Oswald, responsable de la planification produit de Mazda Europe. Interrogé par nos confrères d’Auto Express au sujet de l’avenir du concept Mazda Iconic SP, ce coupé hybride à moteur rotatif qui avait fait sensation, le dirigeant a confirmé que le projet n’était pas enterré dans les esprits. Même si aucune feuille de route concrète n’est encore annoncée, la volonté de rester présent sur le segment des voitures de sport est bien là.
Dans cette vision, la MX-5 conserve son rôle central. Elle incarne, à elle seule, la légèreté, le plaisir de conduite et l’accessibilité, propres à la marque japonaise. Cependant, celle-ci n’exclut pas d’aller plus loin. L’idée d’un modèle complémentaire, voire d’une sorte de grande sœur spirituelle, à la manière de la RX-7 face à la MX-5, fait toujours rêver en interne. Oswald reconnaît d’ailleurs qu’imaginer une voiture similaire, voire meilleure que la MX-5, n’est pas hors de portée sur le plan de l’ambition. Ce discours montre à quel point la fibre sportive reste profondément ancrée dans la culture de l’entreprise.

Mazda : entre passion automobile et réalité industrielle

Le principal obstacle n’est toutefois ni technique ni émotionnel, mais économique. Mazda reste un constructeur de taille modeste face aux géants de l’industrie. Pour assurer son avenir, la marque doit prioriser les modèles à fort volume et à forte rentabilité, notamment les SUV électrifiés et les véhicules développés via des alliances stratégiques. Ces segments permettent de sécuriser les revenus, condition indispensable pour continuer à exister de manière indépendante.
Dans ce contexte, une voiture de sport représente un pari beaucoup plus risqué. Développer un modèle passion, surtout s’il doit rester relativement abordable, implique des coûts élevés et des volumes de vente limités. Moritz Oswald résume ce dilemme avec franchise en affirmant que concevoir une sportive à 100 000 euros serait relativement simple sur le plan industriel, mais proposer une voiture destinée aux conducteurs “ordinaires” devient un véritable défi. Toute la difficulté consiste à préserver l’accessibilité qui a toujours caractérisé des modèles comme la MX-5, dans une industrie où les normes, les technologies et les coûts explosent.

Mazda : le défi d’une sportive accessible à l’ère moderne

Christian Schultze, directeur général adjoint de la recherche et du développement chez Mazda Europe, partage cette analyse. Pour lui, la faisabilité d’une sportive haut de gamme ne fait guère de doute. En revanche, rester fidèle à la philosophie historique de Mazda, celle d’un plaisir de conduite simple, léger et accessible, est autrement plus complexe dans le paysage automobile actuel. C’est pourtant cette promesse que la marque souhaite continuer à tenir. Les dirigeants insistent sur le fait que Mazda est rempli de passionnés d’automobile, et que cette culture interne pousse naturellement vers des projets à fortes émotions.
Une éventuelle sportive rotative ne serait donc pas qu’un exercice de style ou une vitrine technologique, mais un modèle pensé pour susciter un vrai attachement, dans la lignée des RX et de la MX-5.

En d’autres termes, la volonté existe, la technologie du moteur rotatif hybride reste une piste crédible mais le véritable champ bloquant se situe dans la capacité à transformer cette passion en un modèle économiquement viable. Si Mazda parvient à résoudre cette équation, alors le retour d’une sportive rotative, peut-être même capable de dépasser la MX-5 dans l’esprit comme dans les performances, pourrait devenir bien plus qu’un simple rêve de passionnés…

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À propos de l’auteur
Hugo Taupin
Hugo Taupin
Passionné par l'automobile depuis mon plus jeune âge, je suis toujours à l'affût des nouveautés du monde automobile. Je partage les dernières actualités autour de cette sphère. Grand amateur de performance et de pilotage, je saisis chaque opportunité de prendre le volant et de ressentir l'adrénaline sur piste.
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