Mazda n’abandonne pas le rotatif et vise plus haut que la MX-5
En pleine transition vers l’électrique, la marque confirme que l’idée d’une nouvelle voiture de sport à moteur rotatif, potentiellement au-dessus de la MX-5, reste d’actualité...
Mazda est engagé dans une nouvelle ère. L’arrivée en Europe de modèles électriques comme les Mazda 6e et CX-6e, issus de la collaboration avec le constructeur chinois Changan, illustre ce virage stratégique. En parallèle, les partenariats avec Toyota pour l’hybridation montrent que la priorité actuelle est claire : s’adapter à un marché dominé par l’électrification et les contraintes économiques. Pourtant, au cœur de cette mutation, un sujet continue de faire vibrer les passionnés comme les dirigeants… celui d’une nouvelle sportive à moteur rotatif.
Mazda : une héritière spirituelle des RX toujours envisagée
Le sujet est revenu sur la table à travers les déclarations de
Moritz Oswald, responsable de la planification
produit de Mazda Europe. Interrogé par nos
confrères d’Auto Express au sujet de l’avenir du concept
Mazda Iconic SP, ce coupé
hybride à moteur rotatif qui avait fait sensation, le dirigeant a
confirmé que le projet n’était pas enterré dans les esprits. Même
si aucune feuille de route concrète n’est encore annoncée, la
volonté de rester présent sur le segment des voitures de sport est
bien là.
Dans cette vision, la MX-5 conserve son rôle
central. Elle incarne, à elle seule, la légèreté, le plaisir de
conduite et l’accessibilité, propres à la marque japonaise.
Cependant, celle-ci n’exclut pas d’aller plus loin. L’idée d’un
modèle complémentaire, voire d’une sorte de grande sœur
spirituelle, à la manière de la RX-7 face à la
MX-5, fait
toujours rêver en interne. Oswald reconnaît d’ailleurs qu’imaginer
une voiture similaire, voire meilleure que la
MX-5, n’est pas hors de portée sur le plan de
l’ambition. Ce discours montre à quel point la fibre
sportive reste profondément ancrée dans la culture de
l’entreprise.
Mazda : entre passion automobile et réalité industrielle
Le principal obstacle n’est toutefois ni
technique ni émotionnel, mais économique. Mazda reste un
constructeur de taille modeste face aux géants de l’industrie. Pour
assurer son avenir, la marque doit prioriser les modèles à fort
volume et à forte rentabilité, notamment les SUV électrifiés et les
véhicules développés via des alliances
stratégiques. Ces segments permettent de sécuriser les revenus,
condition indispensable pour continuer à exister
de manière indépendante.
Dans ce contexte, une voiture de sport représente un pari beaucoup
plus risqué. Développer un modèle passion, surtout s’il doit rester
relativement abordable, implique des coûts élevés
et des volumes de vente limités. Moritz Oswald
résume ce dilemme avec franchise en affirmant que concevoir une
sportive à 100 000 euros serait relativement
simple sur le plan industriel, mais proposer une
voiture destinée aux conducteurs “ordinaires” devient un
véritable défi. Toute la difficulté consiste à préserver
l’accessibilité qui a toujours caractérisé des modèles
comme la MX-5, dans une industrie où les normes, les technologies
et les coûts explosent.
Mazda : le défi d’une sportive accessible à l’ère moderne
Christian Schultze, directeur général adjoint de la recherche et
du développement chez Mazda Europe, partage
cette analyse. Pour lui, la faisabilité d’une sportive haut de
gamme ne fait guère de doute. En revanche, rester fidèle à la
philosophie historique de Mazda, celle d’un
plaisir de conduite simple, léger et accessible, est autrement plus
complexe dans le paysage automobile actuel. C’est pourtant cette
promesse que la marque souhaite continuer à tenir. Les dirigeants
insistent sur le fait que Mazda est rempli de
passionnés d’automobile, et que cette culture interne pousse
naturellement vers des projets à fortes
émotions.
Une éventuelle sportive rotative ne serait donc pas qu’un exercice
de style ou une vitrine technologique, mais un modèle pensé pour
susciter un vrai attachement, dans la lignée des RX et de la
MX-5.
En d’autres termes, la volonté existe, la technologie du moteur rotatif hybride reste une piste crédible mais le véritable champ bloquant se situe dans la capacité à transformer cette passion en un modèle économiquement viable. Si Mazda parvient à résoudre cette équation, alors le retour d’une sportive rotative, peut-être même capable de dépasser la MX-5 dans l’esprit comme dans les performances, pourrait devenir bien plus qu’un simple rêve de passionnés…














