1 800 ch, 7,5 s au 400 mètres et 29 l/100 km : cette Camaro lui sert pourtant à aller travailler
Chaque matin dans le Missouri, Justin Keith démarre sa Chevrolet Camaro ZL1 de 1 800 chevaux pour aller travailler. Son appétit colossal en carburant réserve pourtant une surprise.
Imaginez utiliser tous les matins une Chevrolet Camaro ZL1 de 1 800 ch pour aller au travail. Dans le Missouri, c’est exactement ce que fait Justin Keith, préparateur auto et patron de Killer Performance, avec sa Camaro orange surnommée Nemo. Elle ne sort pas seulement le week-end ou pour la piste : c’est sa vraie voiture de tous les jours.
Forcément, une telle préparation ne fait pas rêver votre banquier. Nemo affiche 29,4 l/100 km, avec un carburant très riche en éthanol. Autrement dit, elle boit deux à trois fois plus qu’une Camaro "normale". Sauf que pour une mécanique de dragster de rue, ce chiffre n’a finalement rien de surprenant, et c’est là que l’histoire devient intéressante.
Une Camaro ZL1 de 1 800 chevaux vraiment utilisée comme daily
À l’origine, cette sixième génération de Camaro ZL1 sortait déjà 650 ch grâce à un V8 6,2 litres LT4 compressé. Justin Keith a tout refait : moteur sur mesure de 6,4 litres signé Late Model Engines, deux turbos Garrett G45 de 80 mm, échappement revu, sans oublier le remplacement de la boîte automatique à 10 rapports par une TH400 à 3 rapports et un pont arrière rigide à la place de l’essieu indépendant. Résultat : environ 1 800 ch et le record sur 400 m pour une Camaro de sixième génération.
Cette voiture pensée pour avaler le 400 m en environ 7,5 secondes à près de 290 km/h sert pourtant à des trajets de 35 à 40 minutes pour rejoindre l’atelier. "Peu de gens sont prêts à aller aussi loin avec une voiture. Mais elle a un but, et ce but c'est d'aller vite en ligne droite", explique Justin Keith. Sur autoroute, Nemo tourne déjà à 3 000 tr/min à environ 105 km/h, avec un parachute à l’arrière et une climatisation sacrifiée, ce qui donne une idée du confort.

29,4 l/100 km : une consommation finalement cohérente
Les fameux 29,4 l/100 km correspondent à environ 190 km d’autonomie avec un réservoir proche de 57 litres. Deux allers-retours un peu appuyés et il faut déjà repasser à la pompe. Nemo fonctionne à l'E90, un carburant à très fort taux d’éthanol : pour obtenir la même énergie qu’avec un sans-plomb classique, il faut brûler un plus grand volume de carburant, ce qui gonfle encore la consommation en litres.
À cela s’ajoutent la cartographie moteur adaptée à cette préparation extrême, le fonctionnement à l’E90, les pneus larges à forte résistance et la boîte courte qui maintient le moteur dans les tours. Une Camaro de série tourne plutôt entre 9 et 15 l/100 km ; Nemo double ou triple ces valeurs. Dans un État où le carburant reste relativement bon marché, Justin Keith assume : "J'ai mis beaucoup de cœur dans cette voiture. J'y ai mis beaucoup de travail, de sang, de sueur, de larmes… et je ne me vois absolument pas m'en séparer", dit-il.
Vivre avec un dragster de rue au quotidien
Concrètement, conduire Nemo chaque jour, c’est accepter un régime moteur élevé, un bruit permanent, des suspensions pensées pour la motricité plus que pour le moelleux et des arrêts fréquents à la station-service. L’auto a déjà enchaîné plus de 200 départs arrêtés sur 400 m, ce qui veut dire des contraintes mécaniques énormes sur la transmission et le châssis, même si Justin Keith s’applique à l’entretenir comme une vitrine roulante de son atelier.
Dans le paysage automobile américain, surtout dans le Missouri, ce type de "daily" extrême reste spectaculaire mais suffisamment bien accueilli pour que le propriétaire raconte recevoir parfois des pouces levés de policiers. Avec le prix des carburants, les limitations et les normes de bruit, difficile d’imaginer un Français se rendre au bureau chaque matin avec 1 800 ch et un parachute arrière ; l’histoire de Nemo ressemble plutôt, vue d’ici, à un fantasme assumé de passionné que l’on regarde de loin.














