Chrysler a voulu se débarrasser de ses muscle cars équipés du 440 Six Pack en 1972, mais trois d'entre eux ont survécu
Condamné par les nouvelles normes antipollution, le mythique 440 Six Pack devait disparaître en 1972. Une découverte dans une casse a pourtant révélé une tout autre histoire.
Au début des années 70, les fans de muscle cars voient le ciel se couvrir : normes antipollution, essence sans plomb, puissances en chute libre. Chez Chrysler, le message tombe vite : le V8 440 Six Pack ne figurera plus au catalogue 1972. Officiellement, aucun 440 Six Pack de 1972 n'a jamais été produit. Officiellement seulement.
Dans les brochures et guides de commande, la marque finit par effacer toute trace de ces versions extrêmes, comme si le programme n'avait jamais existé. Sauf qu'une poignée d'ingénieurs et d'ouvriers avaient déjà lancé la production quand l'ordre d'arrêt est tombé. Avec un moteur non homologué, la menace d'une intervention de l'Agence américaine de protection de l'environnement (EPA) plane sur chaque voiture sortie trop tôt.
1972 : quand la loi rattrape le 440 Six Pack… trop tard
Au tournant de 1972, le Clean Air Act et les nouvelles procédures de tests imposées par l'EPA changent la donne pour les gros V8 américains. Le 440 Six Pack, avec ses trois carburateurs Holley et sa forte compression, ne passe pas la certification. Début août 1971, Chrysler annule l'option pour le millésime 1972 et annonce des versions plus sages de ses Plymouth et Dodge.
Le détail décisif se joue sur le timing. Au printemps 1971, les documents commerciaux annonçaient encore un 440 Six-Barrel pour la Plymouth Road Runner GTX et la Dodge Charger Rallye 1972. La note d'annulation n'arrive à l'usine de St. Louis qu'après le lancement de la production : quand la chaîne est stoppée, quelques V8 V-Code sont déjà montés et plusieurs voitures ont quitté le site avec ce moteur.
Dans une casse de Caroline du Nord, la légende prend forme grâce à un numéro VIN
Une dizaine d'années plus tard, Russell Morgan, collectionneur obsessionnel de Mopar, tombe sur une épave rouge dans une casse de Caroline du Nord. Sur le papier, cette Road Runner GTX 1972 Rallye Red n'est qu'une donneuse de pièces, malgré son toit ouvrant électrique et son capot Air Grabber. Jusqu'au moment où il lit la plaque VIN et découvre, en cinquième position, la lettre V.
Chez Chrysler, ce V signifie une seule chose : un 440 Six Pack. Morgan achète aussitôt la voiture complète, avec sa carte grise en règle, pour 150 dollars, soit environ 130 €. Quand il demande une vérification officielle du numéro, la réponse évoque une voiture qui n'aurait jamais dû exister, simple erreur administrative dont il vaudrait mieux ne plus parler.
Trois V-Code 1972 seulement : les Mopar que Chrysler voulait oublier
La suite de son enquête va pourtant accumuler les preuves. Morgan retrouve un ensemble de trois carburateurs Holley neufs, datés d'août 1971 et référencés spécifiquement pour un 440 Six Pack 1972. La paperasse d'usine confirme un programme Six-Pack prévu pour le millésime 1972. Sa GTX, assemblée début août 1971 à St. Louis, est restaurée en profondeur puis intégrée à la prestigieuse Brothers Collection.
Deux autres rescapées complètent aujourd'hui cette minuscule famille de V-Code 1972. Toutes deux sont des Dodge Charger Rallye 440 Six Pack. Il y a eu une rouge, longtemps oubliée dans la casse de Ron Slobe, et une jaune Top Banana. Cette dernière est restée des décennies sous des cartons dans un garage près de Detroit. Trois exemplaires documentés dans tout le pays, parmi les muscle cars Mopar les plus rares jamais produits.














