Chrysler Atlantic : cette fausse Bugatti cache un huit cylindres bricolé avec deux petits moteurs de Dodge Neon

Publié le 27 avril 2026 à 19:00
Chrysler Atlantic : cette fausse Bugatti cache un huit cylindres bricolé avec deux petits moteurs de Dodge Neon

En 1995, la Chrysler Atlantic s’affiche comme un hommage flamboyant aux Bugatti des années 30, avec un long capot et une ligne art déco. Mais sous cette silhouette aristocratique, la mécanique choisie détonne.

Au milieu des années 1990, un concept-car américain a voulu ressusciter l’élégance des grandes GT françaises des années 30 avec un long capot, des ailes sculptées et un moteur huit cylindres en ligne. Sur le papier, tout rappelait les Bugatti d’avant-guerre, jusqu’au nom choisi, inspiré de la mythique Type 57SC Atlantic. Sauf qu’ici, le prestigieux huit-cylindres était en réalité un assemblage de deux blocs de compacte économique, issus de la Dodge Neon, niché sous la carrosserie du concept Chrysler Atlantic.

Présentée au Salon de Détroit 1995, la Chrysler Atlantic voulait être la lettre d’amour de Detroit à la Bugatti Type 57SC Atlantic, son huit cylindres 3,3 litres d’environ 200 ch et son raffinement mécanique. Selon Wikipédia, Chrysler a pourtant choisi un 4,0 litres en ligne d’environ 360 ch obtenu en mariant deux moteurs 2,0 litres de Dodge Neon. Ce grand écart entre style aristocratique et mécanique de voiture populaire reste l’un des paradoxes les plus fascinants de l’histoire des concept-cars.

Chrysler Atlantic, la “Bugatti” américaine née d’un voyage en Europe

Selon Motor1, l’idée naît en 1993 quand Bob Lutz, alors patron de Chrysler, et Tom Gale, responsable du design, reviennent d’un passage au salon de Francfort puis d’un concours d’élégance à Paris. Séduits par les Bugatti, Talbot-Lago et autres GT françaises, ils donnent carte blanche à leurs équipes. Bob Lutz griffonne même une silhouette sur une serviette, base du futur coupé 2+2 néo-rétro.

Le dessin final est signé Bob Hubbach. La carrosserie reprend la nervure centrale façon Bugatti Type 57SC Atlantic, un capot interminable et des ailes arrière en goutte d’eau qui évoquent aussi la Talbot-Lago T150-C SS. Motor1 rappelle que l’Atlantic reçoit d’énormes roues de 21 pouces à l’avant et 22 pouces à l’arrière, et un intérieur art déco bicolore, très années 30 dans l’esprit même si la planche de bord reste typique des années 90.

Un dessin de Bugatti Type 57SC, un moteur bricolé de Neon

Sur le plan technique, Wikipédia décrit un huit cylindres en ligne de 4,0 litres construit en joignant bout à bout deux quatre cylindres 2,0 litres de Dodge Neon de 1994. Le résultat délivre environ 360 ch, une puissance supérieure à la Bugatti originale mais obtenue par une solution très pragmatique, presque de laboratoire, loin du noble huit cylindres double arbre et suralimenté de Molsheim.

Motor1 précise que la Chrysler Atlantic repose sur une plateforme de Dodge Viper modifiée, avec une boîte automatique quatre rapports de Chrysler LHS installée en transaxle à l’arrière via un tube de couple. La voiture roule vraiment, même si sa structure reste fragile. Selon le site Below The Radar, le journaliste John McCormick, qui l’a essayée pour Autocar, ne ménage pas le moteur : "Mon appréciation grandissante pour la voiture vole en éclats quand le huit cylindres en ligne de quatre litres démarre", explique John McCormick. "Créé en joignant deux humbles quatre cylindres Neon deux litres 16 soupapes, le moteur semble suffisamment puissant au ralenti, mais dès que le régime monte, une horrible cacophonie aboyante prend le dessus".

Ce que le moteur Neon de la Chrysler Atlantic raconte des années 1990

Face à la vraie Bugatti Type 57SC Atlantic, coupé de 1936 capable d’approcher 200 km/h avec environ 200 ch, l’hommage de Chrysler illustre un contraste typique des années 90 : un design spectaculaire, très coûteux à fabriquer, posé sur un assemblage mécanique issu du catalogue maison. Selon Motor1, malgré ses 360 ch, l’Atlantic n’est pas vraiment rapide, la boîte auto et les immenses roues étouffant les performances.

L’unique exemplaire de la Chrysler Atlantic appartient aujourd’hui à la collection historique Stellantis et ressort parfois en concours. Pour beaucoup de passionnés, c’est l’un des plus beaux concept-cars des années 1990, mais son huit cylindres en ligne fait de deux moteurs de Neon reste le symbole d’un hommage à Bugatti où l’image a clairement pris le pas sur la noblesse mécanique.

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