Une expo au Petersen Automotive Museum sur les voitures les plus rapides du monde… mais sans la Jesko ni la Nevera

Publié le 21 juillet 2026 à 18:00
Une expo au Petersen Automotive Museum sur les voitures les plus rapides du monde… mais sans la Jesko ni la Nevera

Peut-on vraiment désigner la voiture la plus rapide du monde ? À Los Angeles, le Petersen Museum transforme cette question en exposition… et la polémique est déjà au rendez-vous.

La nouvelle exposition du Petersen Automotive Museum, à Los Angeles, n’avait pas encore une semaine que les débats partaient dans tous les sens. Baptisée World's Fastest, elle aligne huit modèles présentés comme "les voitures les plus rapides du monde". Sauf qu’ici, aucune ne décroche la couronne, et c’est ce qui intrigue.

La promesse tient en une formule : huit voitures, huit façons de revendiquer le titre de voiture la plus rapide du monde. Chacune s’appuie sur un chiffre différent, tiré d’un record bien précis. L’exposition ne tranche pas, elle transforme cette guerre de chiffres en sujet de visite.

Au Petersen, huit voitures pour raconter la vitesse autrement

Plutôt qu’un classement, le musée propose une carte d’identité de la performance. La voiture imbattable en ligne droite n’est presque jamais la même que celle qui domine les départs arrêtés ou sur un tour chronométré. En les réunissant dans une même salle, le Petersen matérialise un débat jusque‑là cantonné aux commentaires en ligne.

Derrière le surnom World's Fastest se cache une chronologie "des voitures ayant établi des records", centrée sur l’après‑guerre. On y croise la Jaguar XK120, la Mercedes‑Benz 300 SL ou la Lamborghini Miura, chacune recordwoman de son époque. Plus près de nous, la Bugatti Veyron Super Sport et la RUF CTR "Yellowbird" incarnent l’ère des hypercars, jusqu’aux pointes supérieures à 400 km/h.

Des règles de record qui font grincer des dents

Pour décider qui avait sa place, le musée a fixé des critères stricts. Vitesse mesurée par un tiers indépendant, moyenne de deux passages en sens opposés dans l’heure, voiture homologuée pour la route et identique à celle vendue : le cadre ressemble à un règlement sportif. Objectif affiché : couper court aux records invérifiables.

Résultat, plusieurs stars des réseaux sociaux n’entrent pas dans cette exposition des "voitures les plus rapides du monde" au Petersen Museum. La Bugatti Chiron Super Sport 300+ revendique bien plus de 480 km/h, mais sur un run unique, hors protocole complet. D’autres, comme la Koenigsegg Jesko Absolut, la Rimac Nevera pourtant créditée d’environ 412 km/h en électrique ou la mythique McLaren F1, restent hors cadre pour des raisons de définition. Autant de grands absents qui nourrissent la polémique.

Une polémique parfaitement assumée par le Petersen Museum

Rien, dans le parcours, ne cherche vraiment à calmer ces objections, et c’est là que l’exposition devient piquante. Les panneaux explicatifs laissent entendre que "la plus rapide" ne désigne pas la même chose selon qu’on parle de vitesse de pointe, d’accélération ou de temps au tour. Entre hypercars électriques obsédées par le 0 à 100 km/h et modèles taillés pour le chrono sur circuit, choisir la vitesse maximale homologuée comme fil rouge revient à prendre parti.

Les débats sur les records vivaient jusqu’ici sur YouTube et dans les forums, rarement sous les néons d’un musée. Ici, ils deviennent l’expérience centrale : les huit voitures servent de prétexte, le vrai sujet est la définition mouvante de la performance. Le Petersen, habitué aux expositions qui interrogent la culture automobile plus qu’elles ne l’illustrent, accepte que chaque visiteur arrive avec sa propre liste et reparte en désaccord. Tout indique que cette controverse organisée fait partie du cahier des charges de World's Fastest.

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