Ferrari admire la Chine mais ne se sent pas menacée pour autant
Le directeur marketing de Ferrari salue les progrès des constructeurs chinois, tout en pointant ce qui leur manque encore face eux : l'émotion au volant.
Ferrari observe la Chine de près, et pas seulement pour y vendre des voitures. Emanuele Carando, directeur marketing mondial de la marque au Cheval Cabré, multiplie les allers-retours sur place pour tester ce qui sort des usines locales. Son constat, aussi flatteur que rassurant pour Maranello, tombe alors que la Luce, première Ferrari électrique, vient tout juste de faire ses débuts commerciaux en Chine.
Ferrari admire la Chine mais ne se sent pas menacée
Interrogé sur le niveau atteint par les constructeurs
chinois, Carando ne mâche pas ses compliments. « Nous pensons
qu'ils font des progrès incroyables en matière de performance.
Je pense qu'ils sont encore un peu en retard sur l'émotion
de conduite ».
Une nuance qu'il détaille sans détour venant de Ferrari : «
Développer une voiture rapide en ligne droite n'a rien de
compliqué. Développer une voiture d'une précision absolue à
l'entrée d'une courbe, qui reste plate, qui ne tangue pas, qui ne
roule pas, et qui donne confiance et émotion... C'est ce que nous
essayons de faire. On sait qu'on conduit une Ferrari pas seulement
quand on roule vite ».
Une façon assumée de rappeler que la marque italienne ne joue pas
seulement sur les chiffres bruts. Mais aussi sur un
ressenti au volant qu'elle considère comme sa signature.
Le discours se veut confiant, mais les actes racontent une autre
histoire : une Xiaomi SU7 Ultra a été repérée du côté de
Maranello. Y compris jusque dans l'enceinte du siège
de Ferrari, alimentant les spéculations sur son usage comme élément
de comparaison pour la Luce.
La SU7 Ultra de Xiaomi, benchmark malgré tout
La berline chinoise n'a rien d’anecdotique.
Elle détient la référence de la voiture électrique de série
la plus rapide au
Nürburgring, avec un tour en 6 min 22 s, grâce à ses
trois moteurs cumulant 1.548 chevaux et un 0 à 100 km/h expédié en
un peu moins de 2 secondes.
Carando ne s'en cache d'ailleurs pas : Ferrari a toujours
quelque chose à apprendre en étudiant de près les voitures de la
concurrence. Aussi lointaine géographiquement
soit-elle.
Le compliment le plus marquant reste sans doute celui-ci.
Carando décrit les productions
chinoises comme d'« incroyables bijoux ». Saluant
ainsi leur niveau de confort, leurs équipements et leur avance
technologique. Mais il tempère aussitôt en estimant qu'elles
restent, à ses yeux, des voitures « plutôt consommables ».
Une pique à peine voilée sur la durabilité et la capacité de ces
modèles à traverser les décennies. Par opposition à la
philosophie de Ferrari où chaque voiture est pensée pour vieillir en collection
plutôt qu'en produit du quotidien.
Ce discours confiant intervient alors que la Ferrari
Luce, premier modèle électrique
et première cinq-places de l'histoire de la marque, vient de
trouver preneur pour ses 88 premiers exemplaires chinois.
Tous vendus autour de 586.600 dollars et écoulés
instantanément malgré un accueil esthétique très partagé.
Certains collectionneurs allant même jusqu'à qualifier son design
d'aberration.
De quoi nuancer, peut-être, la sérénité affichée par
Ferrari. La marque garde un œil attentif sur la Chine,
quitte à s'en inspirer discrètement pour préparer la suite.















