Ferrari admire la Chine mais ne se sent pas menacée pour autant

Publié le 7 juillet 2026 à 22:31
Ferrari Luce : l'ancien PDG de la marque la trouve « laide » et pense que même les chinois ne la copieront pas

Le directeur marketing de Ferrari salue les progrès des constructeurs chinois, tout en pointant ce qui leur manque encore face eux : l'émotion au volant.

Ferrari observe la Chine de près, et pas seulement pour y vendre des voitures. Emanuele Carando, directeur marketing mondial de la marque au Cheval Cabré, multiplie les allers-retours sur place pour tester ce qui sort des usines locales. Son constat, aussi flatteur que rassurant pour Maranello, tombe alors que la Luce, première Ferrari électrique, vient tout juste de faire ses débuts commerciaux en Chine.

Ferrari admire la Chine mais ne se sent pas menacée

Interrogé sur le niveau atteint par les constructeurs chinois, Carando ne mâche pas ses compliments. « Nous pensons qu'ils font des progrès incroyables en matière de performance. Je pense qu'ils sont encore un peu en retard sur l'émotion de conduite ».
Une nuance qu'il détaille sans détour venant de Ferrari : « Développer une voiture rapide en ligne droite n'a rien de compliqué. Développer une voiture d'une précision absolue à l'entrée d'une courbe, qui reste plate, qui ne tangue pas, qui ne roule pas, et qui donne confiance et émotion... C'est ce que nous essayons de faire. On sait qu'on conduit une Ferrari pas seulement quand on roule vite ».
Une façon assumée de rappeler que la marque italienne ne joue pas seulement sur les chiffres bruts. Mais aussi sur un ressenti au volant qu'elle considère comme sa signature.
Le discours se veut confiant, mais les actes racontent une autre histoire : une Xiaomi SU7 Ultra a été repérée du côté de Maranello. Y compris jusque dans l'enceinte du siège de Ferrari, alimentant les spéculations sur son usage comme élément de comparaison pour la Luce.

La SU7 Ultra de Xiaomi, benchmark malgré tout

La berline chinoise n'a rien d’anecdotique. Elle détient la référence de la voiture électrique de série la plus rapide au Nürburgring, avec un tour en 6 min 22 s, grâce à ses trois moteurs cumulant 1.548 chevaux et un 0 à 100 km/h expédié en un peu moins de 2 secondes.
Carando ne s'en cache d'ailleurs pas : Ferrari a toujours quelque chose à apprendre en étudiant de près les voitures de la concurrence. Aussi lointaine géographiquement soit-elle.
Le compliment le plus marquant reste sans doute celui-ci. Carando décrit les productions chinoises comme d'« incroyables bijoux ». Saluant ainsi leur niveau de confort, leurs équipements et leur avance technologique. Mais il tempère aussitôt en estimant qu'elles restent, à ses yeux, des voitures « plutôt consommables ».
Une pique à peine voilée sur la durabilité et la capacité de ces modèles à traverser les décennies. Par opposition à la philosophie de Ferrari où chaque voiture est pensée pour vieillir en collection plutôt qu'en produit du quotidien.

Ce discours confiant intervient alors que la Ferrari Luce, premier modèle électrique et première cinq-places de l'histoire de la marque, vient de trouver preneur pour ses 88 premiers exemplaires chinois. Tous vendus autour de 586.600 dollars et écoulés instantanément malgré un accueil esthétique très partagé. Certains collectionneurs allant même jusqu'à qualifier son design d'aberration.
De quoi nuancer, peut-être, la sérénité affichée par Ferrari. La marque garde un œil attentif sur la Chine, quitte à s'en inspirer discrètement pour préparer la suite.

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À propos de l’auteur
Hugo Quintal
Hugo Quintal
Passionné d'automobile depuis le plus jeune âge, je me suis spécialisé dans le journalisme auto lors de mes études. Mon truc à moi ? Les nouveautés, les technologies, la performance... Des passions dans la passion que j'ai découvertes en essayant tout ce qui roule sur cette planète. Quand je n'écris pas et que je ne suis pas derrière un volant... Je suis sur l'eau, en Kite ou en Wakeboard.
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