Ferrari Luce : un collectionneur dévoile le mail de la marque qui présente la voiture aux clients fidèles

Publié le 30 juin 2026 à 13:00
Ferrari Luce : l'ancien PDG de la marque la trouve « laide » et pense que même les chinois ne la copieront pas

La première Ferrari électrique fait déjà des vagues. Un collectionneur a rendu public le mail de prospection envoyé par la marque à ses meilleurs clients.

Lancer une Ferrari électrique n'allait jamais être un long fleuve tranquille. Maranello vient d'en avoir la preuve, et elle est venue de l'intérieur même de son cercle de fidèles. Un collectionneur a publié la lettre commerciale que la marque lui avait adressée pour la Luce, accompagnée d'une réponse cinglante qui tourne désormais en boucle sur les réseaux.

Une prospection ciblée qui tourne mal pour Ferrari

Pour écouler sa toute première auto 100 % électrique, Ferrari ne compte pas sur le hasard. La marque trie ses clients sur le volet et contacte directement une poignée de propriétaires choisis et de passionnés d'électrique, jugés susceptibles de craquer.
C'est ce que révèle le courriel diffusé par le collectionneur Jeffrey Cheng, connu sur Instagram sous le pseudo @speedy_jeff. Dans ce message, un commercial de la marque présente la Luce comme la vision de Ferrari pour l’avenir. Tout en jurant que le plaisir de conduite reste fidèle à l'ADN maison.
Le vendeur explique aussi approcher un groupe restreint de clients pour évoquer les attributions et le processus de commande. Sur le papier, l'approche est rodée, presque feutrée. Comme toujours chez Ferrari.
Sauf que cette fois, le destinataire n'a pas du tout joué le jeu. Et sa réaction, rendue publique, expose au grand jour la fronde qui couve chez certains fidèles de la marque au Cheval Cabré. Sa réponse est même des plus cinglantes.

La réponse au vitriol d'un fidèle

Le verdict du collectionneur est sans appel. Il se dit incrédule, affirme qu'il ne serait pas vu mort au volant de l'engin et parle carrément d'une « abomination ». Son tir ne vise pas tant l'électrique que le style. Selon lui, le dessin de la Luce trahit l'héritage de Maranello au point de ne mériter ni un écusson Hyundai, ni un badge Kia. Et donc, encore moins le célèbre Cheval Cabré.
Il juge même incompréhensible qu'un groupe de designers italiens, parmi les meilleurs au monde, ait pu valider quelque chose d'aussi peu italien à ses yeux. Le collectionneur enfonce le clou. À ce tarif, on peut s'offrir le meilleur de l'électrique chez Tesla, Rivian ou Lucid, et garder de quoi se payer des vacances en jet privé.
Plus piquant encore, il suggère que les seuls acheteurs de la Luce seront des clients cherchant à grimper dans la hiérarchie très complexe des attributions Ferrari. Avant de conseiller au commercial de transmettre le message directement à la direction. Coup dur pour la firme italienne.

Une Ferrari qui divise bien au-delà d'un simple mail

Cette sortie ne tombe pas du ciel. Dévoilée fin mai à Rome, la Luce est la première Ferrari entièrement électrique, mais aussi la première berline cinq places de l'histoire de la marque. Sous la carrosserie signée par le studio de Jony Ive, on trouve quatre moteurs pour une puissance cumulée d'environ 1 050 chevaux. Ainsi qu’une batterie de 122 kWh et plus de 530 kilomètres d'autonomie. De quoi expédier le 0 à 100 km/h en 2,5 secondes et dépasser les 310 km/h.
Sur le papier, les chiffres sont bien là. Mais à 550.000 euros le ticket d'entrée, et avec un style qui rompt brutalement avec tout ce qui a fait Ferrari, la Luce déchaîne les passions. Et pas toujours dans le bon sens.
Le jour de sa présentation, le titre Ferrari a d'ailleurs perdu plus de 7% en Bourse. La colère du collectionneur n'est donc qu'un symptôme de plus d'un malaise bien plus large autour de ce virage électrique assumé par Maranello.
Ferrari pouvait ignorer les critiques anonymes des passionnés sur les réseaux. Snober l'un de ses propres clients, sollicité en personne qui plus est, sera nettement plus délicat.

La Luce a beau aligner des performances de supercar, elle joue désormais une partie au moins aussi importante que technique. Celle de convaincre une clientèle qui ne jure que par l'odeur de l'essence. Alors, coup de génie audacieux ou trahison de l'esprit Ferrari ? Affaire à suivre.

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À propos de l’auteur
Hugo Quintal
Hugo Quintal
Passionné d'automobile depuis le plus jeune âge, je me suis spécialisé dans le journalisme auto lors de mes études. Mon truc à moi ? Les nouveautés, les technologies, la performance... Des passions dans la passion que j'ai découvertes en essayant tout ce qui roule sur cette planète. Quand je n'écris pas et que je ne suis pas derrière un volant... Je suis sur l'eau, en Kite ou en Wakeboard.
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