Électrique, puissant et français : le retour des GTi tricolore pour bientôt ?
E-208 GTi, R5 Turbo 3E, Alpine A110 électrique : les sportives françaises reviennent. Mais l'électrique tient-elle vraiment ses promesses ?
Il y a quelque chose d'un peu bizarre à voir les constructeurs français se remettre à faire des voitures qui donnent envie de rouler vite. Pas des SUV avec un badge sport collé dessus. Des vraies sportives, ou du moins ce qu'on peut appeler comme ça en 2026. La raison tient en quelques mots : sans rejet de CO2 homologué, plus de malus. Et le malus, c'était exactement ce qui étranglait toute velléité de puissance ou d’appellation « GTi » depuis des années chez Peugeot, Renault ou leurs satellites.
Peugeot ressort les lettres mythiques GTi
La e-208 GTi, c'est le retour du badge le plus chargé
d'histoire de Peugeot sur une voiture qui n'a rien à voir avec ce
que le badge évoquait. Plateforme CMP partagée avec
l'Abarth 600e et la Lancia Ypsilon HF, moteur
électriques Emotors de 280 chevaux et 345 Nm… Mais aussi
différentiel à glissement limité mécanique, voie élargie de 56 mm,
caisse abaissée de 30 mm.
Le 0 à 100 km/h descend à 5,7 secondes et la vitesse est
bridée à 180 km/h. Prix : autour de 45.000 euros. C'est
45.000 euros pour 280 ch sans malus, développée par Peugeot Sport, avec des sièges
qui rappellent alors ceux de la 205 GTi et une moquette rouge
dedans.
Est-ce que ça procurera les mêmes frissons qu'une 1.9 de
130 ch sur une petite route de montagne ? Probablement
pas. Mais Peugeot ne prétend pas faire la même chose. Et au moins,
ils ont fait quelque chose.
La direction actuelle d'Alain Favey a déjà confirmé que ce
modèle n'est qu'un début. Une GTi de troisième génération
sur architecture STLA Small pointe pour 2028.
Renault sort l'artillerie lourde
La R5 Turbo 3E n'est pas vraiment une voiture
électrique grand public. 160.000 euros, 1.980
exemplaires, acompte de 50.000 euros pour réserver. C'est
une supercar de collection fabriquée à Dieppe, dans l'atelier où
Alpine produit également ses voitures de compétition.
Deux moteurs logés directement dans les roues arrière, 555 chevaux,
moins de 3,5 secondes pour atteindre 100 km/h… Et
architecture 800 volts avec recharge DC jusqu'à 350 kW. Le
clin d'œil au nombre d'exemplaires dit tout. 1.980, comme l'année
de la R5 Turbo originale.
Ce n'est pas de la nostalgie de pacotille. C'est de la nostalgie
bien calculée, qui fonctionne à en juger par les 1.000
acomptes déjà versés quand les premières livraisons ne sont prévues
qu'en 2027. Sur le plan des sensations réelles, on
attendra d'être au volant de cette GTi survitaminée pour se
prononcer.
Les moteurs-roues génèrent des couples phénoménaux mais
leur comportement sur les petites routes reste à évaluer.
La promesse est alléchante. La réalité, à découvrir.
Alpine joue collectif pour boucler les finances sur l’électrique
La future A110 électrique reposera ainsi sur la même
plateforme aluminium que la R5 Turbo 3E. L'Alpine
Performance Platform. Batterie de 70 kWh positionnée derrière les
occupants pour garder le centre de gravité bas, double
moteur, puissance annoncée au-delà des 345 ch de l'A110 R actuelle.
Poids cible autour de 1 500 kg pour cette version électrique.
C'est donc 400 kg de plus que l'actuelle, ce qui ne sera
pas sans conséquences sur le comportement. Alpine vise une
autonomie supérieure à 480 km et une endurance suffisante pour
tenir trois tours du Nürburgring à allure soutenue.
Les livraisons sont attendues en 2027. Le partage de
plateforme électrique avec la R5 Turbo 3E n'est pas
anodin. Chez Alpine, personne n'a les moyens
de financer seul une architecture sportive complète. La
mutualisation industrielle, c'est ce qui rend le projet viable. Ce
n'est pas un aveu de faiblesse. C'est une réalité
économique que Porsche et Ferrari pratiquent aussi, à leur
manière.
La liberté retrouvée par les constructeurs français sur le
terrain des sportives et GTi
n'est pas un miracle.
C'est ainsi une conjonction entre la suppression du
malus sur les électriques, des plateformes partagées qui
amortissent les coûts de développement, et une volonté
affichée de soigner l'image de marque dans un marché où les
SUV familiaux ne font rêver
personne.
La GTi électrique peut-elle remplacer la GTi thermique ? Non. La
question elle-même est en fait mal posée. Elle peut proposer autre
chose. Plus de puissance instantanée, moins de douceur en
bas de régime, un son qui n'existera jamais vraiment.
À 280 ch dans une citadine ou à 555 ch dans une propulsion
radicale, les Français ont au moins le mérite de se mouiller. Après
des années de retrait, c'est déjà ça.















