Électrique, puissant et français : le retour des GTi tricolore pour bientôt ?

Publié le 30 mars 2026 à 19:30
Renault 5 Turbo 3E : première sortie au Tour de Corse 2025 !

E-208 GTi, R5 Turbo 3E, Alpine A110 électrique : les sportives françaises reviennent. Mais l'électrique tient-elle vraiment ses promesses ?

Il y a quelque chose d'un peu bizarre à voir les constructeurs français se remettre à faire des voitures qui donnent envie de rouler vite. Pas des SUV avec un badge sport collé dessus. Des vraies sportives, ou du moins ce qu'on peut appeler comme ça en 2026. La raison tient en quelques mots : sans rejet de CO2 homologué, plus de malus. Et le malus, c'était exactement ce qui étranglait toute velléité de puissance ou d’appellation « GTi » depuis des années chez Peugeot, Renault ou leurs satellites.

Peugeot ressort les lettres mythiques GTi

La e-208 GTi, c'est le retour du badge le plus chargé d'histoire de Peugeot sur une voiture qui n'a rien à voir avec ce que le badge évoquait. Plateforme CMP partagée avec l'Abarth 600e et la Lancia Ypsilon HF, moteur électriques Emotors de 280 chevaux et 345 Nm… Mais aussi différentiel à glissement limité mécanique, voie élargie de 56 mm, caisse abaissée de 30 mm.
Le 0 à 100 km/h descend à 5,7 secondes et la vitesse est bridée à 180 km/h. Prix : autour de 45.000 euros. C'est 45.000 euros pour 280 ch sans malus, développée par Peugeot Sport, avec des sièges qui rappellent alors ceux de la 205 GTi et une moquette rouge dedans.
Est-ce que ça procurera les mêmes frissons qu'une 1.9 de 130 ch sur une petite route de montagne ? Probablement pas. Mais Peugeot ne prétend pas faire la même chose. Et au moins, ils ont fait quelque chose.
La direction actuelle d'Alain Favey a déjà confirmé que ce modèle n'est qu'un début. Une GTi de troisième génération sur architecture STLA Small pointe pour 2028.

Renault sort l'artillerie lourde

La R5 Turbo 3E n'est pas vraiment une voiture électrique grand public. 160.000 euros, 1.980 exemplaires, acompte de 50.000 euros pour réserver. C'est une supercar de collection fabriquée à Dieppe, dans l'atelier où Alpine produit également ses voitures de compétition.
Deux moteurs logés directement dans les roues arrière, 555 chevaux, moins de 3,5 secondes pour atteindre 100 km/h… Et architecture 800 volts avec recharge DC jusqu'à 350 kW. Le clin d'œil au nombre d'exemplaires dit tout. 1.980, comme l'année de la R5 Turbo originale.
Ce n'est pas de la nostalgie de pacotille. C'est de la nostalgie bien calculée, qui fonctionne à en juger par les 1.000 acomptes déjà versés quand les premières livraisons ne sont prévues qu'en 2027. Sur le plan des sensations réelles, on attendra d'être au volant de cette GTi survitaminée pour se prononcer.
Les moteurs-roues génèrent des couples phénoménaux mais leur comportement sur les petites routes reste à évaluer. La promesse est alléchante. La réalité, à découvrir.

Alpine joue collectif pour boucler les finances sur l’électrique

La future A110 électrique reposera ainsi sur la même plateforme aluminium que la R5 Turbo 3E. L'Alpine Performance Platform. Batterie de 70 kWh positionnée derrière les occupants pour garder le centre de gravité bas, double moteur, puissance annoncée au-delà des 345 ch de l'A110 R actuelle.
Poids cible autour de 1 500 kg pour cette version électrique. C'est donc 400 kg de plus que l'actuelle, ce qui ne sera pas sans conséquences sur le comportement. Alpine vise une autonomie supérieure à 480 km et une endurance suffisante pour tenir trois tours du Nürburgring à allure soutenue.
Les livraisons sont attendues en 2027. Le partage de plateforme électrique avec la R5 Turbo 3E n'est pas anodin. Chez Alpine, personne n'a les moyens de financer seul une architecture sportive complète. La mutualisation industrielle, c'est ce qui rend le projet viable. Ce n'est pas un aveu de faiblesse. C'est une réalité économique que Porsche et Ferrari pratiquent aussi, à leur manière.
La liberté retrouvée par les constructeurs français sur le terrain des sportives et GTi n'est pas un miracle.

C'est ainsi une conjonction entre la suppression du malus sur les électriques, des plateformes partagées qui amortissent les coûts de développement, et une volonté affichée de soigner l'image de marque dans un marché où les SUV familiaux ne font rêver personne.
La GTi électrique peut-elle remplacer la GTi thermique ? Non. La question elle-même est en fait mal posée. Elle peut proposer autre chose. Plus de puissance instantanée, moins de douceur en bas de régime, un son qui n'existera jamais vraiment.
À 280 ch dans une citadine ou à 555 ch dans une propulsion radicale, les Français ont au moins le mérite de se mouiller. Après des années de retrait, c'est déjà ça.

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À propos de l’auteur
Hugo Quintal
Hugo Quintal
Passionné d'automobile depuis le plus jeune âge, je me suis spécialisé dans le journalisme auto lors de mes études. Mon truc à moi ? Les nouveautés, les technologies, la performance... Des passions dans la passion que j'ai découvertes en essayant tout ce qui roule sur cette planète. Quand je n'écris pas et que je ne suis pas derrière un volant... Je suis sur l'eau, en Kite ou en Wakeboard.
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