Nouvelle Alpine A110 : l'arme fatale pour conquérir les États-Unis ?
Aux États-Unis, des prototypes d’Alpine A110 sont sacrifiés contre les murs des crash-tests américains en vue d’un possible lancement dès 2027. Que cache vraiment cette offensive vers le plus grand marché de sportives au monde ?
Pendant des années, les passionnés américains ont regardé avec envie la petite berlinette française, sans jamais pouvoir l’acheter neuve chez eux. Derrière les murs des centres d’essais, la prochaine génération de l'Alpine A110, potentielle candidate aux États-Unis, encaisse pourtant des chocs violents selon les normes de sécurité américaines, une étape que les constructeurs ne franchissent en général que lorsqu’une arrivée outre-Atlantique est envisagée...
Alpine A110 : crash-tests pour se préparer aux États-Unis ?
Pour Alpine, l’enjeu dépasse le simple prestige. Le
patron de la marque, Philippe Krief, a rappelé que le marché
mondial des voitures de sport tourne autour de 350 000 exemplaires
par an, dont environ la moitié se vend aux
États-Unis. L’idée de se priver du plus gros
bassin de clients au monde interroge donc forcément les
stratèges de Dieppe. Les prototypes actuels de la
prochaine A110
subissent des crash-tests conformes aux standards
américains, bien plus qu’une formalité. Ces essais frontaux,
latéraux ou contre des poteaux vérifient la déformation de la
coque, le travail des airbags et de
l’électronique, mais ils coûtent cher : chaque
impact détruit un véhicule complet et mobilise des équipes entières
d’ingénieurs.
Jusqu’ici, Alpine n’a jamais osé vendre officiellement son coupé
deux places aux États-Unis, se contentant de
quelques importations individuelles. Le plan initial prévoyait même
une entrée sur ce marché via deux crossovers électriques vers 2028,
aujourd’hui mis en pause face au ralentissement de la
demande en véhicules à batteries et aux tensions
commerciales entre régions.
Alpine A110 : un marché américain clé
Selon Philippe Krief, le marché global des
sportives représente environ 350 000 voitures par
an, et près de la moitié trouvent preneur aux États-Unis.
Dans le même temps, 70 % des ventes Alpine restent concentrées en
France, ce qui laisse une forte marge de progression à
l’étranger pour rentabiliser la future gamme et sécuriser
l’avenir industriel de la marque.
Face à ce potentiel, le dirigeant garde un discours prudent mais
ouvert : "Nous nous concentrons maintenant sur l'Europe, car
l'activité est construite pour l'Europe, mais naturellement la
croissance pourrait venir des États-Unis" a expliqué Philippe
Krief, avant d’ajouter : "Au minimum, je ne voudrais pas éviter
cette opportunité aux États-Unis" laissant entendre que la
porte reste entrouverte.
La sportive testée aujourd’hui est la remplaçante attendue pour
2027, basée sur la nouvelle plate-forme APP
(Alpine Performance Platform). Cette architecture, pensée d’abord
pour une motorisation électrique 800 V, a ensuite été retravaillée
pour accepter aussi un moteur thermique. Elle servira à la future
A110 coupé, à un spider découvrable et à un coupé 2+2 plus grand,
taillé pour affronter la Porsche 911 sur
certains marchés.
Avant cela, l’actuelle A110 thermique doit tirer sa révérence à la mi‑2026, avec une dernière série d’environ 1 750 exemplaires. La nouvelle génération électrique sur APP arrivera d’abord en Europe. Les essais de sécurité menés aujourd’hui aux États-Unis préparent donc un scénario où la petite française pourrait, à terme, partager les routes des muscle cars locales.














