Le youtubeur Chris Slix transforme une 911 en fausse GT2 RS avec un kit Temu et la teste sur le Nürburgring
Le YouTubeur Chris Slix a métamorphosé une 911 de base en fausse Porsche 911 GT2 RS avec un kit Temu à prix cassé. Quand il l’emmène sur le Nürburgring pour un premier tour rapide, la réalité le rattrape brutalement.
Transformer la moins chère des 911 en fausse Porsche 911 GT2 RS capable de chasser les chronos, voilà le pari un peu fou du YouTubeur britannique Chris Slix. Avec un kit carrosserie venu de Temu et une bonne dose de bricolage, son coupé veut imiter une supercar de 700 ch vendue plusieurs centaines de milliers d’euros.
Lancé fin 2025, le projet repose sur un kit GT2 RS acheté environ 24 000 $ (près de 22 000 €), mal ajusté au point de demander découpes, perçages et supports sur mesure pour tenir à haute vitesse. Sous la peau, de gros intercoolers et un échappement titane complètent la panoplie, racontée dans la vidéo virale I BUILT A FAKE GT2RS FROM TEMU TO BEAT A REAL ONE, publiée le 2 mars 2026. Reste la question qui fâche : que vaut ce clone sur un vrai circuit.
Sur le Nürburgring, la fausse Porsche 911 GT2 RS face au premier tour
Mi-avril 2026, Chris Slix emmène sa création sur le Nürburgring Nordschleife, ses 12,9 miles, soit environ 20,8 km de bosses et de compressions. Le tour de mise au point se termine sans casse et confirme que la voiture a largement assez de puissance, avec une stabilité correcte dans les grandes lignes droites. Mais dès les premières portions techniques, le tableau se gâte avec un fort sous-virage et une auto jugée "déconnectée" dans les changements rapides d’appui.
La 911 roule sur des Michelin Pilot Sport 4S, excellents sur route mais trop tendres pour encaisser un rythme de GT2 RS sur ce tracé. Les ingénieurs parlent de géométrie trop sage, qui manque de carrossage agressif pour garder le grip. Ryenne Brewer, archiviste en chef chez Girardo et Co., résume la difficulté : "Les exigences physiques de ce circuit sont uniques, car une voiture doit combiner une agilité brute avec la capacité d'aller vite dans des zones de forte compression qui maltraitent le châssis", a-t-elle expliqué au média américain Supercar Blondie. "Les véhicules au Nürburgring subissent des charges verticales constantes qui peuvent stabiliser une suspension ou casser un composant dans un seul virage".
Sous-virage, chaleur et embrayages : quand la situation dégénère au tour lancé
Derrière le bruit flatteur des turbos, la télémétrie raconte une autre histoire. La gestion thermique devient rapidement le point noir : si la température moteur reste correcte sur un tour, les turbocompresseurs saturent en chaleur au fil des kilomètres, créant un "heat soak" dans le compartiment moteur. Pour préserver la mécanique, il faut lever le pied, ce qui ruine toute tentative de temps de référence.
Les ennuis ne s’arrêtent pas là. Les embrayages de la boîte commencent à patiner sous le couple maximal, surtout en sortie de virage à pleine charge. Le tour de shakedown tourne alors à l’exercice de survie mécanique plus qu’à la chasse au chrono. L’objectif de Slix reste pourtant de se rapprocher d’une vraie 911 GT2 RS 991.2 de 700 ch et 750 Nm, dont une version équipée du kit Manthey a signé 6 min 43,3 s sur la Nordschleife, à plus de 185 km/h de moyenne. L’écart à combler reste immense.
Freins, aileron et 3D scan : le plan de Chris Slix pour revenir au Ring
Pour espérer un vrai tour chrono, l’équipe prévoit d’abord de muscler le freinage avec des plaquettes racing et un liquide haute température afin d’éviter la pédale qui s’allonge en fin de tour. Les données du premier essai montrent aussi qu’un aileron arrière à plus grande surface serait nécessaire pour plaquer la voiture dans les secteurs les plus rapides et rendre son comportement plus prévisible.
Dernière étape, plus discrète mais cruciale : un scan 3D complet du châssis et des trains roulants, afin de fabriquer des pièces sur mesure adaptées aux bosses et aux compressions du "Green Hell". Le travail sur la gestion moteur doit encore affiner la délivrance de puissance pour ménager turbos et embrayages. Si tout fonctionne, la fausse GT2 RS pourrait revenir au Nürburgring transformée, avec en ligne de mire un temps au tour capable de bousculer les vraies Porsche.














