Lamborghini : les puristes réclament trois pédales, la marque refuse
Alors que Ferrari et McLaren relancent les boîtes manuelles, Lamborghini ferme la porte aux trois pédales.
Chez Ferrari, la 12Cilindri Manuale propose un levier et une pédale d’embrayage qui commandent en réalité une boîte double embrayage. McLaren prépare une McL 6GT avec une vraie boîte 6 rapports. Sur le papier, tout semblerait réuni pour que Lamborghini s’y mette aussi. Sauf que la marque de Sant’Agata Bolognese vient de refermer la porte. Stephan Winkelmann, patron de Lamborghini, a tranché : "Pour moi, ce n'est pas dans notre liste de priorités, parce que nous avons beaucoup de projets en préparation. La boîte manuelle, c'est surtout pour des collectionneurs, et aujourd'hui nous n'avons aucun projet en ce sens", a-t-il déclaré à nos confrères de Carbuzz lors de la Monterey Car Week. De quoi frustrer les puristes...
Trois pédales partout… sauf chez Lamborghini
Chez les concurrents, la tendance est nette. Ferrari mise sur sa 12Cilindri Manuale "by-wire", McLaren annonce son coupé McL 6GT à six rapports, et des artisans comme Pagani, Koenigsegg ou Gordon Murray Automotive continuent de proposer des hypercars à embrayage mécanique. Ces modèles restent ultra-confidentiels, mais ils donnent une vitrine spectaculaire au retour des trois pédales. Pour beaucoup de passionnés, une "vraie" boîte manuelle, c’est un levier qui se déplace dans une grille en H, une pédale d’embrayage physique et l’obligation de rester concentré sur chaque changement de rapport. Tout l’inverse des palettes au volant filtrées par l’électronique. Ce côté exigeant, imparfait, fait partie du charme recherché.
Lamborghini assume : la boîte manuelle, une niche de collectionneurs
Chez Lamborghini, le discours est à l’opposé. Le constructeur
consacre ses investissements aux hybrides de nouvelle génération
comme la Revuelto et la Temerario. Avec plus de 1 000 ch
cumulés et 1 425 Nm sur la Revuelto SV, intégrer
une boîte manuelle capable d’encaisser un tel couple serait lourd,
complexe et très coûteux, pour un volume jugé trop faible. En
interne, Federico Foschini, responsable marketing
et ventes, évoque bien une opportunité pour quelques clients, mais
pas une tendance à suivre pour la gamme. Les modèles de route
restent alignés sur la philosophie course : palettes, hybridation,
chasse au chrono. La dernière Lamborghini de série à trois pédales,
la Gallardo LP560-2 50th Anniversario, date de 2013. La dernière
V12 manuelle, la
Murciélago LP670-4 SV, n’a été produite qu’en une poignée
d’exemplaires, devenus des graals de collection.
Résultat, celles et ceux qui rêvent encore d’une
Lamborghini boîte manuelle se tournent vers le
passé. Les Murciélago et
Gallardo à grille en H s’arrachent aux enchères, souvent bien
au-dessus des versions robotisées. Ces autos sont présentées comme
des pièces "ultimes" de l’ère analogique, avec une cote qui grimpe
année après année.
En parallèle, la clientèle actuelle de Lamborghini plébiscite des supercars spectaculaires, très rapides mais simples à conduire. La marque refuse même l’idée d’une boîte manuelle simulée, alors que Ferrari a choisi cette voie. Reste une question qui plane chez les passionnés de talon-pointe : le vrai frisson trois pédales chez Lamborghini restera-t-il à jamais réservé aux modèles de collection ?














