Audi : le cinq-cylindres n’a peut-être pas dit son dernier mot...
Le mythique cinq cylindres Audi n’a peut-être pas dit son dernier mot. Malgré la menace d’Euro 7, Audi Sport étudie encore des solutions pour le maintenir en vie.
Chez Audi, le fameux moteur cinq cylindres a tout d’une espèce en voie de disparition… sur le papier. Censé disparaître en Europe avec la norme Euro 7, ce bloc 2.5 TFSI qui fait vibrer l’Audi RS 3 depuis des années voit pourtant son avenir se troubler moins que prévu, à la faveur de nouvelles déclarations du patron d’Audi Sport, Rolf Michl.
Audi : un 5 cylindres culte, de l’Audi 100 à la RS3
Officiellement, la marque aux anneaux prépare la
sortie du cinq cylindres sur nos routes, tout en prévoyant de
le maintenir sur certains marchés hors Union européenne. Dans le
même temps, les équipes de Audi Sport planchent
sur plusieurs scénarios pour le sauver ou le transformer, de
l’hybridation à une diffusion élargie dans le groupe.
Rien n’est tranché, et c’est précisément ce flou qui entretient
l’espoir des passionnées. Tout commence en 1976 : Audi installe
pour la première fois un cinq cylindres en ligne
dans son Audi 100, avec 136 ch. Configuration atypique, sonorité
très particulière grâce à l’ordre d’allumage 1‑2‑4‑5‑3, ce moteur
devient vite une signature maison, des Quattro de
rallye à l’Audi RS2.
Cinquante ans plus tard, il reste associé à l’image
sportive et technologique de la
marque. Le bloc actuel, le 2.5 TFSI EA855, développe 400 ch
et 500 Nm dans l’Audi RS 3, et équipe aussi le Cupra Formentor VZ5. La TT RS et
le RS Q3 ayant tiré leur révérence, la RS 3 est devenue la
principale vitrine de ce cinq cylindres.
Rolf Michl le rappelle à nos confrères
d'Autocar : "L'entrée dans l'univers RS est
importante, car disposer d'un tel manifeste de marque est
incroyable". Pour lui, "l'émotion commence dans le segment
compact". La RS 3 joue ainsi le rôle de porte d’entrée
accessible dans le monde RS, avec ce moteur comme totem.
Euro 7 : la norme qui pousse le cinq cylindres vers la sortie
La norme Euro 7 commence à s’appliquer en
novembre aux nouveaux modèles, avant de devenir obligatoire pour
toutes les voitures neuves vendues dans l’UE en
novembre 2027. Pour le cinq
cylindres 2.5, rester thermique pur exigerait un nouveau filtre
à particules, des capteurs de NOx plus sensibles, une cartographie
d’injection revue et des catalyseurs plus denses.
Autant de modifications lourdes pour un moteur produit en faibles
volumes. Gernot Döllner, directeur général d’Audi,
résume : "adapter le cinq cylindres à Euro 7 n’est pas
difficile techniquement", mais la marque ne serait pas
"capable d'amortir l'investissement lié aux règles Euro 7"
avec la seule RS 3 et le Formentor VZ5.
Audi a donc acté la fin du 2.5 TFSI en Europe
autour de mi‑2027, tout en prévoyant de poursuivre la RS 3 à cinq
cylindres sur des marchés où Euro 7 ne s’applique pas. Rolf
Michl laisse pourtant une porte ouverte. "Nous
connaissons très bien la portée historique du cinq cylindres",
assure-t-il, en expliquant que les études continuent et qu’il a
lui-même "une relation personnelle avec ce
moteur cinq cylindres". Il ajoute : "Il est tellement
caractéristique et profondément enraciné dans l'histoire, alors
nous verrons..".
Parmi les options sur la table figure une version hybride du 2.5
TFSI, qui permettrait de respecter Euro 7 en
abaissant les émissions tout en conservant la signature sonore. Un
autre levier consisterait à élargir l’usage du moteur à d’autres
modèles du groupe Volkswagen, au-delà de l’Audi RS 3 et du Cupra
Formentor VZ5. Une
Golf R très radicale ou d’autres variantes sportives sur
plateforme MQB circulent déjà dans les rumeurs pour augmenter les
volumes et rendre rentable une mise à jour Euro 7.
Rolf Michl parle de "négociations en cours" avec la maison mère, sans décision arrêtée. De quoi laisser planer le doute sur le fait que le cinq cylindres Audi ait vraiment dit son dernier mot...














