Audi abandonne son 5 cylindres, mais une exception pourrait subsister
Audi prépare la sortie de scène de son cinq cylindres, rattrapé par Euro 7 et l’électrification. L’Europe s’apprête à couper le son, mais un marché entendra encore sa voix...
Le chant rauque du cinq cylindres Audi vit ses dernières heures en Europe. Après près de cinquante ans de service, du coupé de rallye Quattro aux dernières Audi RS 3, le bloc 2.5 TFSI va quitter les catalogues du Vieux Continent, victime d’un mélange de nouvelles règles et de priorités industrielles...
Audi : la fin annoncée du cinq cylindres
Pour le conducteur français, la question est simple : jusqu’à quand pourra‑t‑on encore profiter de ce cinq cylindres en concession, et pourquoi certains pays continueront à l’entendre tourner plus longtemps ? La réponse tient à la norme Euro 7, aux coûts de développement et à un marché bien précis qui échappe encore au couperet. Le constructeur a tranché : son célèbre 2.5 TFSI de 400 ch, dernier cinq cylindres produit à grande échelle, sera retiré de la gamme européenne à la fin de l’année 2026 : "À l’heure actuelle, il n’y a aucun plan pour relancer le cinq cylindres", a déclaré un porte-parole d’Audi au média allemand Automobilwoche. La nouvelle norme européenne Euro 7, attendue en novembre 2026 pour les nouveaux modèles puis en novembre 2027 pour toutes les voitures vendues dans l’Union, impose des limites plus strictes sur les oxydes d’azote et les particules. Techniquement, ce bloc pouvait être adapté, mais les volumes réduits et une marge tombée d’environ 6 à 5,1 % en 2025 ont fait pencher la balance.
Audi : coûts, électrification et héritage d’un moteur devenu culte
Pour rester conforme sur toute sa durée de vie, le cinq cylindres aurait besoin de nouveaux systèmes de dépollution, de validations longues et coûteuses, alors qu’il ne fait vivre qu’un seul modèle, la Audi RS 3 ainsi que les TT RS et RS Q3 ayant déjà disparu. Pour un bloc spécifique, avec turbo et pièces dédiés, la facture devient difficile à amortir. La stratégie officielle vise un passage au tout électrique à l’horizon 2033, ce qui pousse Audi à concentrer ses budgets sur des moteurs plus standardisés et sur ses futurs modèles à batteries. Ironie de l’histoire, ce 2.5 TFSI, apparu dans la famille en 1976 avec l’Audi 100 puis glorifié en rallye avec la Quattro, a décroché dix titres consécutifs au prix International Engine of the Year dans sa catégorie. La bonne nouvelle pour un pays au moins se trouve de l’autre côté de l’Atlantique. Si le cinq cylindres disparaît des commandes européennes dès fin 2026, la production de la RS 3 en Hongrie doit se poursuivre jusqu’à mi‑2027 pour des marchés hors Union, dont les États-Unis, qui profiteront donc quelques mois de plus de ce moteur.
Cet écart vient de règles locales moins sévères et d’une clientèle américaine friande de compactes très performantes, ce qui offre au cinq cylindres un court sursis outre‑Atlantique. Pour un passionné français, la voie la plus réaliste reste de viser les dernières RS 3 livrées en Europe, avant de se rabattre sur le marché de l’occasion et quelques rares modèles du groupe déjà produits.














