McLaren F1 GTR 10R : elle bat un record historique aux enchères
Une McLaren F1 GTR 10R vient de battre un record historique à Monterey et devient la voiture britannique la plus chère jamais vendue aux enchères.
On parle souvent de voitures de collection qui flambent aux enchères, mais la McLaren F1 GTR vient de changer de catégorie. À Monterey, lors de la vente aux enchères RM Sotheby's, le châssis 10R a été adjugé pour une coquette somme. Elle devient officiellement la voiture britannique la plus chère jamais vendue aux enchères publiques.
McLaren F1 GTR 10R : un record à 34,6 millions pour une britannique
Cerise sur le capot, aucun autre exemplaire de McLaren F1 n’avait jusque‑là dépassé la barre des 30 millions de dollars. Cette GTR bat donc tous les records de la lignée, tout en traînant un passif étonnant : la supercar a été accidentée deux fois. Le marché, visiblement, s’en moque. Le châssis 10R a changé de mains pendant la Monterey Car Week, dans le catalogue phare de RM Sotheby's. En une poignée de minutes, les enchères ont grimpé jusqu’à 34,655 millions de dollars, soit près de 32 millions d’euros, frais compris, propulsant cette F1 GTR au rang de McLaren la plus chère de l’histoire et de nouvelle reine des sportives britanniques vendues aux enchères, loin devant les Jaguar, Aston Martin et autres icônes d’outre‑Manche. Avant elle, la couronne revenait déjà à une McLaren : une F1 routière de 1994, châssis 014, vendue autour de 25,3 millions de dollars (environ 23 millions d’euros) en 2025 à Abu Dhabi. Avec presque 9 millions de plus que le précédent sommet, cette F1 GTR place la barre beaucoup plus haut pour toute future sportive britannique de collection.
McLaren F1 GTR 10R : prototype Le Mans et livrée Pop Art
Derrière ce prix, il y a un pedigree très particulier. Cette
McLaren F1 GTR 10R est la première des neuf
exemplaires de F1 GTR et l’un des deux seuls prototypes "Short
Tail" XP, l’autre étant la voiture victorieuse au Mans en 1995.
Elle a servi d’outil de développement pour McLaren, avec douze
heures d’essais en avril 1996 puis une participation aux
pré‑qualifications des 24 Heures du Mans, même si
elle n’a finalement pas pris le départ. Visuellement, cette GTR ne
ressemble à aucune autre : rouge écarlate, grandes touches de
jaune, marquage "96 GTR" sur les flancs, d’où son surnom de "Pop
Art F1". Après sa carrière de développement, McLaren l’a conservée jusqu’en
1999 avant de la vendre directement à Nick Mason,
batteur de Pink Floyd. La voiture a ensuite été convertie pour la
route, immatriculée K40 MCL, et entretenue pendant plus de vingt
ans par le
spécialiste Lanzante.
Son histoire serait déjà solide sans ses deux sorties de route. En
2009, un journaliste l’envoie dans un champ de blé lors d’un essai
; Lanzante la reconstruit intégralement. En 2017, Nick Mason sort à
son tour de la piste lors du Goodwood Members'
Meeting, occasionnant une nouvelle restauration. Malgré ce
passé mouvementé, 10R vient de battre tous les records, comme
l’avait déjà montré l’ex‑F1 de Rowan Atkinson, revendue très cher
après un gros choc. Les collectionneurs traitent la McLaren
F1 comme une valeur ultra rare : plusieurs exemplaires
dépassent déjà les 20 millions de dollars, qu’il s’agisse des
versions LM‑Spec ou des F1 routières les mieux préservées. Sur ce
type d’icône, l’historique "vécu" ne fait quasiment pas baisser les
prix, tant que les réparations sont parfaitement documentées.
Avec cette 10R, le marché fixe une nouvelle référence pour les hypercars britanniques, bien qu’il reste derrière les sommets atteints par certaines Ferrari 250 GTO ou Mercedes 300 SLR.














