Mazda n’abandonne pas le moteur rotatif et dépose un brevet prometteur
Mazda s’attaque à son moteur rotatif avec un nouveau brevet. Derrière ce schéma technique, un possible retour inattendu se dessine, sans aucune garantie.
On l’a souvent entendu : le moteur rotatif Mazda serait désormais condamné à rester dans les livres d’histoire et sur les posters des passionnés. Entre l’électrification à marche forcée et le durcissement des normes antipollution, difficile pourtant d’imaginer le retour d’un coupé dans l’esprit de la RX-7. Mais Mazda semble loin d’avoir tiré un trait sur son moteur Wankel. Un nouveau brevet déposé aux États-Unis et au Japon montre même que la marque continue d’explorer les possibilités offertes par cette mécanique atypique.
Un brevet Mazda pour corriger le défaut des anciens rotatifs
Le document décrit un système d'EGR, ou recirculation des gaz d'échappement, pensé spécialement pour ce type de moteur. Objectif : refroidir ces gaz et mieux les contrôler sans alourdir tout le circuit. Ce n'est pas encore la promesse d'une nouvelle RX-9, mais c'est un signal clair que Mazda travaille à rendre son rotatif compatible avec les normes actuelles. Si les RX-7 et RX-8 ont fait rêver, elles ont aussi illustré le talon d'Achille du moteur rotatif : une combustion moins facile à maîtriser qu'un moteur à pistons classiques, des consommations élevées et surtout des rejets polluants difficiles à faire rentrer dans les cases Euro et EPA. Mazda a fini par arrêter la RX-8 faute de pouvoir suivre l'escalade réglementaire. Selon les documents publiés par l'office américain des brevets et son homologue japonais, le nouveau dépôt vise très directement ce problème. La demande US 20260235067 décrit un système EGR pour moteur rotatif, moteur rotatif et véhicule, conçu pour recirculer une partie des gaz d'échappement de façon plus fine et ainsi réduire nettement les émissions d'oxydes d'azote et d'hydrocarbures imbrûlés.
Un système EGR taillé sur mesure pour le moteur rotatif
Le brevet décrit un carter de moteur rotatif
doté de deux sorties d'échappement distinctes. La sortie latérale
envoie les gaz vers un turbocompresseur, histoire de ne pas
sacrifier les performances. La sortie périphérique alimente, elle,
un conduit EGR interne qui renvoie une partie des gaz vers
l'admission, ou directement vers un second catalyseur quand le
moteur tourne à forte charge. Originalité du dispositif : ce
conduit EGR est creusé à l'intérieur même du carter, au plus près
des canaux d'eau de refroidissement. Les gaz sont
ainsi déjà refroidis avant de passer dans le petit
échangeur EGR classique, ce qui réduit la
température de l'air admis, améliore la stabilité de la combustion
et limite le stress thermique sur les joints d'apex et les
catalyseurs. Le brevet reste large : le moteur peut
entraîner les roues ou se contenter d'alimenter un
générateur. Mazda le fait déjà sur le MX-30 e-Skyactiv R-EV, où un
petit rotatif compact recharge la batterie. La création en 2024
d'un RE Development Group dédié (groupe de développement du
rotatif) va dans le même sens, ce moteur étant décrit en interne
comme un "symbole du 'challenger spirit' de Mazda".
Pour les modèles plaisir, Mazda entretient l'espoir avec les
concepts Iconic SP et
Vision X-Coupé, tous deux à moteur rotatif hybride.
Moritz Oswald, responsable chez Mazda Europe, a
expliqué que l'idée d'une sportive au-dessus de la MX-5 existe
toujours, mais que l'équation économique reste compliquée. Un EGR
plus compact et plus propre comme celui du brevet rend ce scénario
un peu plus crédible.
Ce nouveau brevet ne signifie donc pas que Mazda prépare une nouvelle RX-7, mais il montre que le constructeur continue d’investir dans le développement du Wankel. Entre les concepts sportifs, le MX-30 R-EV et ces nouvelles solutions pour réduire les émissions, le moteur rotatif n’a visiblement pas encore dit son dernier mot. Reste à savoir si Mazda osera un jour lui offrir à nouveau une vraie voiture de sport...














