McLaren F1 GTR 1997 : pourquoi ce bolide aux enchères vaut plus qu'un immeuble et peut vous pousser à tout vendre
Estimée jusqu’à 21 millions de dollars, une McLaren F1 GTR Longtail 1997 s’apprête à être vendue en secret chez RM Sotheby’s à Oxford. Que représente vraiment ce châssis 27R pour qu’un collectionneur envisage d’y sacrifier tout son patrimoine ?
Et si une seule voiture valait vos appartements, vos placements
et vos cryptos réunis ? C’est exactement la question que pose une
McLaren F1 GTR Longtail de 1997, châssis 27R, qui
s’apprête à passer sous le marteau lors d’une vente
RM Sotheby’s
Sealed à Oxford, du 5 au 12 mars 2026. Un morceau
d’histoire du sport auto, dans une seule place de garage.
Cette McLaren n’est pas une F1 quelconque : elle fait partie des 28
F1 GTR construites, dont seulement 10 en spécification Longtail
1997, et 27R est l’avant‑dernière produite.
Livrée neuve à Parabolica Motorsport, engagée aux 24 Heures du Mans
1997 puis convertie pour la route par Lanzante Limited, elle est
aujourd’hui estimée entre 18 et 21 millions de
dollars, soit environ 15 à 18 millions d’euros. Et
soudain, vendre tout commence à ressembler à un calcul.
Pourquoi cette McLaren F1 GTR Longtail 1997 fait exploser les enchères
Sur le marché des voitures de collection, 18 à 21 millions de
dollars, c’est le prix d’un portefeuille entier d’immeubles haut de
gamme. Cette fourchette, sans frais d’acheteur, place 27R dans la
même galaxie qu’une œuvre d’art de musée.
Une autre McLaren F1 routière a déjà atteint environ 25,3
millions de dollars chez le même commissaire‑priseur,
signe que la courbe de valeur reste très tendue pour ce modèle.
Derrière le chiffre, il y a la génétique : la F1 de
Gordon Murray, devenue F1 GTR, a écrasé la saison 1995 avec 11
victoires sur 13 courses et un triomphe absolu aux 24 Heures du
Mans. La version Longtail est née pour affronter les
Porsche 911 GT1 et Mercedes‑Benz CLK
GTR, avec une carrosserie allongée d’environ 65 cm, un
poids autour de 915 kg et un V12 BMW de 6,0 litres conçu pour la
compétition. Pour un collectionneur français, c’est une porte
d’entrée directe dans le mythe du Mans.
© Tom Hartley
Jnr
Ce bolide est désormais vendu par RM Sotheby's.
De Silverstone au Mans : le CV en or du châssis 27R
Châssis 27R a commencé sa vie de course en British GT 1997, sous
les couleurs de Parabolica Motorsport de David
Morrison. Dès ses débuts à Silverstone, la voiture gagne : première
victoire d’une Longtail, ce qui suffit déjà à la distinguer dans la
lignée.
Elle enchaîne ensuite neuf manches du championnat FIA GT, avec des
arrivées dans le top 6 à Silverstone, au
Nürburgring et à Spa, avant de revenir en British
GT en 1999 avec AM Racing.
L’épisode le plus parlant pour un public français reste pourtant
les
24 Heures du Mans 1997, où 27R est prêtée au
Team Lark. Être au départ de la Sarthe inscrit automatiquement une
voiture au patrimoine émotionnel de l’endurance.
Ajoutez à cela une carte grise britannique et une préparation
permettant de viser Le Mans Classic, Goodwood Festival of
Speed ou d’autres événements européens, et l’auto devient
un passeport pour les paddocks les plus fermés.
Sous la peau : ce que vous achetez vraiment en vendant tout
D’un point de vue mécanique, 27R aligne un
V12 BMW S70/3 atmosphérique d’environ 626 chevaux, capable de
grimper à 8 000 tr/min, relié à une boîte séquentielle X‑Trac à 6
rapports. Le moteur est toujours celui d’origine, matching numbers,
dans un châssis en carbone qui pèse à peine plus de 915 kg.
Lanzante Limited a facturé environ 110 000
livres sterling pour sa conversion routière, et un
entretien programmé pour 2025 dépasse déjà 53 000 livres : chaque
vidange ressemble au budget d’une citadine neuve. Au fond, voilà ce
que paiera l’acheteur qui aura tout arbitré pour cette
McLaren F1 GTR Longtail 27R :
- une rareté absolue, 1 des 10 Longtail 1997 avec un historique de course dense ;
- un actif dont les McLaren F1 ont déjà montré la capacité à battre leurs estimations ;
- un capital d’émotion fait de V12 qui hurle, de lignes sculptées pour Le Mans et d’accès immédiat aux événements les plus sélectifs.
Pour quelques dizaines de personnes sur la planète, sacrifier des mètres carrés pour ce genre d’objet n’est pas une folie, c’est une façon très particulière de figer leur histoire dans le carbone.














