On les croyait condamnés : les V8 et V12 restent au menu chez BMW !

Publié le 27 janvier 2026 à 13:30
Mis à jour le 27 janvier 2026 à 15:12
BMW M3 (E92) : dernière occasion d’avoir un V8 presque neuf !

Annoncés perdants de la révolution électrique, les moteurs V8 et V12 de BMW refusent pourtant de quitter la scène. Entre usines qui mutent et clients fidèles, leur avenir réserve encore des surprises.

On les avait presque déjà rangés au musée. Entre l’annonce, un temps, d’une interdiction des moteurs thermiques en 2035, les futures normes Euro 7 et la fermeture progressive des lignes d’assemblage à Munich, tout semblait écrit : les gros moteurs V8 et V12 BMW vivaient leurs dernières années. Les dernières pièces sorties d’usine ressemblaient à une scène de fin d’époque.

BMW V8 et V12 : de la mort annoncée au sursis

Pourtant, dans les chiffres, le thermique reste roi. En 2025, les voitures 100 % électriques de BMW n’ont représenté qu’environ 18 % des livraisons mondiales, et les modèles électrifiés 26 % au total ; le reste roule encore à l’essence. Le groupe mise sur sa stratégie Power of Choice et, surprise, les moteurs V8 et V12 BMW bénéficient d’un sursis inattendu.
Au sommet de la gamme, le V12 a quitté le catalogue BMW en Europe dès 2022 avec la disparition de la M760Li, ne survivant plus que chez Rolls-Royce. Le 10 novembre 2023, le dernier V8 complet a été assemblé à l’usine de Munich.
En janvier 2026, les lignes V8 et V12 y ont été stoppées, le site devant devenir un pôle majeur pour la future gamme électrique Neue Klasse. Dans ce contexte, beaucoup imaginaient une date de fin claire pour les gros moteurs.
Le scénario initial prévoyait une usine de Munich dédiée uniquement aux batteries haute tension et aux moteurs électriques d’ici 2027, tandis que la production de V8 devait s’éteindre ailleurs en Europe. La trajectoire semblait tracée, jusqu’à ce que les signaux venus des marchés haut de gamme bousculent le calendrier.

Une appétence américaine record pour les V8 BMW

Côté demande, ce sont surtout les États-Unis qui rebattent les cartes. Un porte-parole de BMW a expliqué à nos confrères chez Automotive News Europe que la demande pour les modèles V8 y restait "au-dessus de la moyenne".
Cette clientèle pousse le constructeur à prolonger la fabrication de culasses, carters et vilebrequins de V8 et V12 à Munich, avec environ 400 salariés dédiés et sans nouvelle date butoir officielle. Les blocs ont été déplacés.
Les V8, dont le 4,4 litres biturbo S68 adapté à Euro 7, sont assemblés à Hams Hall au Royaume-Uni, tandis que le site autrichien de Steyr doit cesser le V8 fin 2025. Résultat, plusieurs modèles phares garderont un huit cylindres dans leurs versions les plus huppées : BMW X5, X6, X7 sur les marchés américain et moyen-orient, la Série 7 restylée et dérivés ALPINA à V8, la BMW M5 ou encore une partie de la gamme Rolls-Royce.
Pour un automobiliste français, le tableau est moins généreux. Malus CO₂, taxes de puissance et zones à faibles émissions incitent BMW à raréfier les SUV V8 chez nous. Les prochains X5, X6 et X7 à huit cylindres viseront surtout les États-Unis et le Moyen-Orient, où ils restent bien plus simples à immatriculer.

Reste une poignée de V8 exclusifs, comme les futures BMW M5 ou certaines Série 7 et ALPINA, que Frank van Meel veut garder au-delà d’Euro 7. Tandis que les électriques progressent, ces mécaniques à cylindrées généreuses deviennent des plaisirs rares mais accessibles.

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À propos de l’auteur
Lucas Brenot
Lucas Brenot
J’aime l’automobile pour ce qu’elle apporte concrètement : la sensation de conduite, le plaisir d’un moteur bien réglé, le soin apporté à un intérieur. J’ai grandi avec des voitures autour de moi, et c’est resté une vraie curiosité au quotidien.
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