On les croyait condamnés : les V8 et V12 restent au menu chez BMW !
Annoncés perdants de la révolution électrique, les moteurs V8 et V12 de BMW refusent pourtant de quitter la scène. Entre usines qui mutent et clients fidèles, leur avenir réserve encore des surprises.
On les avait presque déjà rangés au musée. Entre l’annonce, un temps, d’une interdiction des moteurs thermiques en 2035, les futures normes Euro 7 et la fermeture progressive des lignes d’assemblage à Munich, tout semblait écrit : les gros moteurs V8 et V12 BMW vivaient leurs dernières années. Les dernières pièces sorties d’usine ressemblaient à une scène de fin d’époque.
BMW V8 et V12 : de la mort annoncée au sursis
Pourtant, dans les chiffres, le thermique reste roi. En 2025,
les voitures 100 % électriques de BMW n’ont représenté qu’environ
18 % des livraisons mondiales, et les modèles électrifiés 26 % au
total ; le reste roule encore à l’essence. Le groupe mise sur sa
stratégie Power of Choice et, surprise, les
moteurs V8 et V12 BMW
bénéficient d’un sursis inattendu.
Au sommet de la gamme, le V12 a quitté le
catalogue BMW en Europe dès 2022 avec la disparition de la M760Li,
ne survivant plus que chez Rolls-Royce. Le 10
novembre 2023, le dernier V8 complet a été assemblé à l’usine de
Munich.
En janvier 2026, les lignes V8 et V12 y ont été
stoppées, le site devant devenir un pôle majeur pour la future
gamme électrique Neue Klasse. Dans ce contexte, beaucoup
imaginaient une date de fin claire pour les gros moteurs.
Le scénario initial prévoyait une usine de Munich dédiée uniquement
aux batteries haute tension et aux moteurs
électriques d’ici 2027, tandis que la production de V8
devait s’éteindre ailleurs en Europe. La trajectoire semblait
tracée, jusqu’à ce que les signaux venus des marchés haut
de gamme bousculent le calendrier.
Une appétence américaine record pour les V8 BMW
Côté demande, ce sont surtout les États-Unis
qui rebattent les cartes. Un porte-parole de BMW a expliqué à nos
confrères chez Automotive News Europe que
la demande pour les modèles V8 y restait "au-dessus de la
moyenne".
Cette clientèle pousse le constructeur à prolonger la fabrication
de culasses, carters et vilebrequins de V8 et V12 à Munich, avec
environ 400 salariés dédiés et sans nouvelle date butoir
officielle. Les blocs ont été déplacés.
Les V8, dont le 4,4 litres biturbo S68 adapté à
Euro 7, sont assemblés à Hams Hall au Royaume-Uni,
tandis que le site autrichien de Steyr doit cesser
le V8 fin 2025. Résultat, plusieurs modèles phares garderont un
huit cylindres dans leurs versions les plus
huppées : BMW X5, X6, X7 sur les marchés américain et
moyen-orient, la Série 7 restylée et dérivés ALPINA à V8, la
BMW M5 ou encore une partie de
la gamme Rolls-Royce.
Pour un automobiliste français, le tableau est
moins généreux. Malus CO₂, taxes de puissance et
zones à faibles émissions incitent BMW à raréfier les SUV V8 chez
nous. Les prochains X5, X6 et X7 à huit cylindres viseront surtout
les États-Unis et le Moyen-Orient, où ils restent bien plus simples
à immatriculer.
Reste une poignée de V8 exclusifs, comme les futures BMW M5 ou certaines Série 7 et ALPINA, que Frank van Meel veut garder au-delà d’Euro 7. Tandis que les électriques progressent, ces mécaniques à cylindrées généreuses deviennent des plaisirs rares mais accessibles.














