Ferrari prépare une révolution pour les lignes de ses supercars

Publié le 23 janvier 2026 à 16:30
296 Speciale

Un brevet révèle que Ferrari planche sur une carrosserie à géométrie variable pour ses futures supercars. Entre aérodynamique extrême et lignes iconiques, la marque italienne semble avoir trouvé une piste intrigante...

Les lignes d’une Ferrari, on les imagine pures, tendues, presque intouchables. Pourtant, à mesure que les performances grimpent, les ailerons se font plus massifs, les appendices plus voyants, au risque de casser la magie visuelle qui fait rêver les fans de Maranello. Entre efficacité et beauté, le compromis devient chaque année plus brutal.

Ferrari face au dilemme esthétique des supercars modernes

Début 2026, un brevet déposé à l’Office américain des brevets et des marques révèle que Ferrari prépare une réponse très différente : une carrosserie à géométrie variable, capable de changer subtilement de forme selon les besoins aérodynamiques. Une Ferrari qui se sculpte dans l’air, en quelque sorte.
La marque italienne connaît déjà bien l’aérodynamique active. La 458 Italia utilisait des ailerons avant "aéroélastiques" déformables, et la SF90 Stradale un spoiler arrière en deux parties pour générer plus d’appui sans transformer la voiture en piste de course à ciel ouvert. Mais ces dispositifs restent visibles, mécaniques, un peu "ajoutés".
Sur la Ferrari 849 Testarossa, l’aileron arrière déployable laisse par exemple apparaître des rebords relevés au-dessus des feux, donnant un arrière jugé étrange par certains. La récente 296 Speciale possède, elle aussi, des éléments aérodynamiques qui dépassent de la carrosserie principale et rompent la pureté de la silhouette. Efficace sur circuit, moins flatteur pour les puristes du design.

Un brevet Ferrari pour une carrosserie qui se déforme

Dans son brevet, Ferrari décrit noir sur blanc le conflit entre "besoins esthétiques" et "éléments aérodynamiquement optimaux", explique le constructeur dans ce document de brevet. L’idée est de fusionner ces deux mondes en intégrant à la carrosserie un élément actif constitué d’un matériau élastiquement déformable, capable de se courber sous l’air ou une contrainte mécanique, puis de retrouver sa forme initiale.
La marque parle d’"un matériau comprenant à la fois un matériau composite et des élastomères." Cette substance peut "se plier ou s'étirer élastiquement, lorsqu'elle est soumise à une contrainte donnée, et de retrouver sa forme d'origine, lorsqu'elle n'est plus soumise à la contrainte susmentionnée." D’abord imaginé pour l’aile arrière, ce principe pourrait s’appliquer à presque n’importe quel panneau extérieur.

© US Patent Trademark Office

À quoi ressemblerait une Ferrari à carrosserie déformable ?

Vu de l’extérieur, l’objectif est clair : une Ferrari qui reste lisse et sculpturale à l’arrêt, sans énormes spoilers ni ailettes apparentes. À mesure que la vitesse grimpe ou que le conducteur sollicite la voiture, certains volumes se bombent ou s’affaissent très légèrement pour canaliser l’air, générer plus d’appui ou réduire la traînée : "En théorie, un véhicule pourrait apparaître d'une certaine manière à l'arrêt, et avoir une silhouette différente sur la route."
Reste toute une série d’obstacles : coût des matériaux et des éventuels moteurs internes, poids supplémentaire, peinture capable d’encaisser ces micro-déformations répétées, accès à des éléments cachés pour la réparation.
Un brevet ne garantit pas une mise en production, mais chez Ferrari, ce genre d’idée finit souvent par se matérialiser d’abord sur une série très limitée, avant, peut-être, d’entrer dans le paysage des supercars de demain...

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À propos de l’auteur
Lucas Brenot
Lucas Brenot
J’aime l’automobile pour ce qu’elle apporte concrètement : la sensation de conduite, le plaisir d’un moteur bien réglé, le soin apporté à un intérieur. J’ai grandi avec des voitures autour de moi, et c’est resté une vraie curiosité au quotidien.
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