Ferrari prépare une révolution pour les lignes de ses supercars
Un brevet révèle que Ferrari planche sur une carrosserie à géométrie variable pour ses futures supercars. Entre aérodynamique extrême et lignes iconiques, la marque italienne semble avoir trouvé une piste intrigante...
Les lignes d’une Ferrari, on les imagine pures, tendues, presque intouchables. Pourtant, à mesure que les performances grimpent, les ailerons se font plus massifs, les appendices plus voyants, au risque de casser la magie visuelle qui fait rêver les fans de Maranello. Entre efficacité et beauté, le compromis devient chaque année plus brutal.
Ferrari face au dilemme esthétique des supercars modernes
Début 2026, un brevet déposé à l’Office américain des brevets et des
marques révèle que Ferrari prépare
une réponse très différente : une carrosserie à géométrie
variable, capable de changer subtilement de forme selon
les besoins aérodynamiques. Une Ferrari qui se sculpte dans l’air,
en quelque sorte.
La marque italienne connaît déjà bien l’aérodynamique
active. La 458 Italia utilisait des ailerons avant
"aéroélastiques" déformables, et la SF90 Stradale un spoiler
arrière en deux parties pour générer plus d’appui sans transformer
la voiture en piste de course à ciel ouvert. Mais ces dispositifs
restent visibles, mécaniques, un peu "ajoutés".
Sur la Ferrari 849 Testarossa, l’aileron arrière déployable laisse
par exemple apparaître des rebords relevés au-dessus des feux,
donnant un arrière jugé étrange par certains. La récente 296 Speciale possède, elle
aussi, des éléments aérodynamiques qui dépassent de la carrosserie
principale et rompent la pureté de la silhouette. Efficace sur
circuit, moins flatteur pour les puristes du design.
Un brevet Ferrari pour une carrosserie qui se déforme
Dans son brevet, Ferrari décrit noir sur blanc
le conflit entre "besoins esthétiques" et "éléments
aérodynamiquement optimaux", explique le constructeur dans ce
document de brevet. L’idée est de fusionner ces deux
mondes en intégrant à la carrosserie un élément actif
constitué d’un matériau élastiquement déformable, capable
de se courber sous l’air ou une contrainte mécanique, puis
de retrouver sa forme initiale.
La marque parle d’"un matériau comprenant à la fois un matériau
composite et des élastomères." Cette substance peut "se
plier ou s'étirer élastiquement, lorsqu'elle est soumise à une
contrainte donnée, et de retrouver sa forme d'origine, lorsqu'elle
n'est plus soumise à la contrainte susmentionnée." D’abord
imaginé pour l’aile arrière, ce principe pourrait s’appliquer à
presque n’importe quel panneau extérieur.

À quoi ressemblerait une Ferrari à carrosserie déformable ?
Vu de l’extérieur, l’objectif est clair : une
Ferrari qui reste lisse et sculpturale à l’arrêt, sans énormes
spoilers ni ailettes apparentes. À mesure que la vitesse
grimpe ou que le conducteur sollicite la voiture, certains
volumes se bombent ou s’affaissent très légèrement pour canaliser
l’air, générer plus d’appui ou réduire la traînée : "En
théorie, un véhicule pourrait apparaître d'une certaine manière à
l'arrêt, et avoir une silhouette différente sur la route."
Reste toute une série d’obstacles : coût des
matériaux et des éventuels moteurs internes, poids supplémentaire,
peinture capable d’encaisser ces micro-déformations répétées, accès
à des éléments cachés pour la réparation.
Un brevet ne garantit pas une mise en production,
mais chez Ferrari, ce genre d’idée finit souvent par se
matérialiser d’abord sur une série très limitée, avant, peut-être,
d’entrer dans le paysage des supercars de demain...














