Ferrari 296 Speciale : comment fonctionne son moteur V6 biturbo inspiré de la F1 ?
Considérablement optimisé, le moteur V6 de la Ferrari 296 Speciale utilise notamment une logique de détection de cliquetis inspirée de la Formule 1.
Sport Auto vous explique comment fonctionne le bloc-moteur animant la Ferrari 296 Speciale que nous avons essayée ici.
À quoi ça sert ?
Pour augmenter la puissance d’un moteur à un régime donné, pas
de secret, il faut parvenir à faire entrer plus d’air dans ses
chambres de combustion et donc plus d’oxygène afin de pouvoir y
brûler plus de carburant.
Le moyen le plus évident pour atteindre cet objectif avec un moteur
turbo consiste à jouer sur la pression de suralimentation, mais
cette stratégie trouve vite sa limite lorsqu’elle est appliquée à
une mécanique aussi poussée que le V6 de la 296 GTB déjà capable,
dans sa configuration d’origine, de produire jusqu’à 663 ch pour
seulement 3 litres de cylindrée.
Cette limite, c’est le cliquetis, un phénomène qui se manifeste,
comme son nom l’indique, par un bruit métallique distinctif
résultant d’une combustion trop rapide qui intervient lorsque les
conditions de température et de pression résidant dans les chambres
deviennent trop élevées.
Dès qu’il est détecté, le cliquetis est traité en réduisant
l’avance à l’allumage au détriment de la puissance pour éviter une
aggravation du phénomène pouvant sans tarder provoquer des dommages
irréversibles au moteur.
Cette limite, les motoristes de Maranello ont pourtant bien réussi
à la repousser – un peu – en développant le V6 biturbo de la
296 Speciale, parvenant ainsi à
augmenter la pression dans les chambres de 7 %, ce qui a permis de
faire passer le couple de 75,4 à 77 mkg, et la puissance de 663 à
700 ch.
Comment ça marche ?
Pour atteindre ce résultat, ce n’est pas le mode de détection du
cliquetis qui a évolué. Le principe reste le même, les bougies
faisant toujours office de capteurs : après l’étincelle, une légère
tension leur est appliquée, servant à mesurer l’évolution du
courant ionique (ou conductivité électrique) au niveau de
l’électrode, ce qui permet de juger de la qualité de la
combustion.
Ce qui change par rapport à la 296 normale, c’est la façon dont
cette information est traitée. En effet, forts de leur expérience
en F1, les motoristes Ferrari ont appris à apprécier les épisodes
de cliquetis de manière statistique, à les considérer différemment
en fonction d’autres paramètres (gradient de pression de
suralimentation, température d’admission, etc.), ce qui leur permet
de prévoir si le phénomène risque de s’aggraver, ou au contraire
s’il est stable ou sur le point de disparaître.
Le principe consiste alors, dans certains cas, à réduire la marge
de sécurité pour le moteur en gardant plus d’avance à l’allumage
afin de développer un couple et donc une puissance plus élevée
qu’avec une calibration classique plus conservatrice, une approche
qui a fait ses preuves en Formule 1.
Vont-ils trop loin ?
Une telle gestion du cliquetis rend le moteur de la 296 Speciale particulièrement sensible à la qualité du carburant employé. Il est ainsi plus que recommandé d’utiliser l’indice d’octane le plus élevé possible pour tirer la quintessence de cette mécanique, c’est-à-dire du sans-plomb 98, voire du 102, comme on en trouve dans quelques rares stations-service.
L'avis de Sport Auto ?
Empruntant aussi bien à la 296 Challenge et à la F80 qu’à la Formule 1, le V6 biturbo de la Ferrari 296 Speciale a tous les attributs d’un authentique moteur de voiture de course.
Retrouvez notre focus technique sur le moteur V6 biturbo de la Ferrari 296 Speciale dans le Sport Auto n°766 du 31/10/2025.


