Ferrari et Porsche : pourquoi leurs logos arborent le même cheval cabré ?
Ferrari et Porsche affichent un cheval cabré noir sur leur logo, presque comme des jumeaux. Mais entre blason allemand et héros de guerre italien, que cache vraiment cette ressemblance ?
En regardant une Ferrari et une Porsche côte à
côte, difficile de ne pas tiquer : même cheval
cabré, même couleur noire, même promesse de vitesse.
Beaucoup se demandent alors qui a copié qui, ou si le logo a été
"partagé" entre les deux marques.
En réalité, l’histoire du cheval cabré chez
Ferrari et chez Porsche remonte bien avant l’automobile moderne.
D’un côté, un vieux blason de ville allemande, de l’autre,
l’insigne personnel d’un as de l’aviation italienne. Entre les
deux, une possible coïncidence… qui continue de faire parler.
Ferrari et Porsche : deux logos jumeaux, deux racines opposées
On pourrait croire à un emprunt direct, mais les historiens de
l’auto racontent tout autre chose. Chez Ferrari, le
cheval vient d’abord du monde militaire : l’Italien
Francesco Baracca, ancien officier du 2e régiment
royal de cavalerie du Piémont, l’a peint en noir sur son avion en
1917, reprenant l’emblème de son unité. Après sa mort en 1918, ce
cheval est devenu un symbole national.
Pour Porsche, l’origine est géographique. Le
cheval cabré figurait déjà depuis des siècles sur le blason de la
ville de Stuttgart, où la marque est née. Quand
l’écusson Porsche apparaît au début des
années 1950 sur la 356, la firme reprend simplement ce cheval,
entouré des couleurs et motifs de l’ancien Wurtemberg. Pas de
querelle juridique entre les deux marques : chaque logo raconte une
histoire différente.
Porsche : les armoiries de Stuttgart
Pour comprendre le logo Porsche, il faut
remonter au nom même de Stuttgart, issu de "Stuotgarten",
littéralement "ferme d’élevage". La région vit depuis le
Moyen Âge au rythme des haras, et la ville adopte
un cheval cabré noir sur fond jaune comme blason
officiel.
Quand Porsche crée son écusson au début des années 1950, ce cheval
s’impose naturellement au centre. Le blason
Porsche assemble alors plusieurs couches : le
cheval de Stuttgart au milieu, le nom de la ville,
celui de Porsche, et les quartiers aux bandes rouges et noires et
bois de cerf du Wurtemberg.
Depuis, le dessin a été modernisé, les reliefs affinés, mais
l’animal n’a pratiquement pas bougé, comme un rappel permanent des
racines locales de la marque.
©
Porsche
Ferrari : un héros de guerre
Le chemin est tout autre côté italien. Francesco
Baracca, passé de la cavalerie du Piémont aux avions de
chasse, choisit en 1917 le cheval cabré de son
régiment comme marque personnelle sur son fuselage, en noir pour
mieux ressortir.
En 1923, après une victoire sur le circuit de
Savio, Enzo Ferrari rencontre les parents du pilote disparu : la
mère de Baracca lui suggère d’utiliser ce cheval sur ses voitures
pour lui porter chance.
Enzo attend la création de la Scuderia Ferrari en
1929, puis le symbole apparaît officiellement en course aux
24 Heures de
Spa-Francorchamps en 1932, avant de devenir l’emblème
de la marque à partir de 1947 sur fond jaune Modène, surmonté du
drapeau italien.
Le dessin a été retravaillé au passage. Sur les avions, la queue
du cheval pointe souvent vers le bas. Dans un livret commémoratif
de 1930, Per Francesco Baracca sul Montello, le peintre
Gino Croari redessine l’animal : silhouette plus
tendue, queue nettement levée, blason stylisé.
e cheval ressemble presque trait pour trait à celui de Ferrari.
Certains récits vont jusqu’à évoquer un avion allemand abattu,
décoré du cheval de Stuttgart, qui aurait inspiré
Baracca. Les archives ne le prouvent pas, alors que la filiation
cavalerie - Baracca - Ferrari, elle, est largement documentée.

Au fond, si les chevaux cabrés de Ferrari et de Porsche se ressemblent tant, c’est surtout parce qu’ils plongent tous les deux dans le même imaginaire européen de puissance, de noblesse et de vitesse.















