Ferrari et Porsche : pourquoi leurs logos arborent le même cheval cabré ?

Publié le 26 janvier 2026 à 17:30
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Ferrari et Porsche affichent un cheval cabré noir sur leur logo, presque comme des jumeaux. Mais entre blason allemand et héros de guerre italien, que cache vraiment cette ressemblance ?

En regardant une Ferrari et une Porsche côte à côte, difficile de ne pas tiquer : même cheval cabré, même couleur noire, même promesse de vitesse. Beaucoup se demandent alors qui a copié qui, ou si le logo a été "partagé" entre les deux marques.
En réalité, l’histoire du cheval cabré chez Ferrari et chez Porsche remonte bien avant l’automobile moderne. D’un côté, un vieux blason de ville allemande, de l’autre, l’insigne personnel d’un as de l’aviation italienne. Entre les deux, une possible coïncidence… qui continue de faire parler.

Ferrari et Porsche : deux logos jumeaux, deux racines opposées

On pourrait croire à un emprunt direct, mais les historiens de l’auto racontent tout autre chose. Chez Ferrari, le cheval vient d’abord du monde militaire : l’Italien Francesco Baracca, ancien officier du 2e régiment royal de cavalerie du Piémont, l’a peint en noir sur son avion en 1917, reprenant l’emblème de son unité. Après sa mort en 1918, ce cheval est devenu un symbole national.
Pour Porsche, l’origine est géographique. Le cheval cabré figurait déjà depuis des siècles sur le blason de la ville de Stuttgart, où la marque est née. Quand l’écusson Porsche apparaît au début des années 1950 sur la 356, la firme reprend simplement ce cheval, entouré des couleurs et motifs de l’ancien Wurtemberg. Pas de querelle juridique entre les deux marques : chaque logo raconte une histoire différente.

Porsche : les armoiries de Stuttgart

Pour comprendre le logo Porsche, il faut remonter au nom même de Stuttgart, issu de "Stuotgarten", littéralement "ferme d’élevage". La région vit depuis le Moyen Âge au rythme des haras, et la ville adopte un cheval cabré noir sur fond jaune comme blason officiel.
Quand Porsche crée son écusson au début des années 1950, ce cheval s’impose naturellement au centre. Le blason Porsche assemble alors plusieurs couches : le cheval de Stuttgart au milieu, le nom de la ville, celui de Porsche, et les quartiers aux bandes rouges et noires et bois de cerf du Wurtemberg.
Depuis, le dessin a été modernisé, les reliefs affinés, mais l’animal n’a pratiquement pas bougé, comme un rappel permanent des racines locales de la marque.

© Porsche

Ferrari : un héros de guerre

Le chemin est tout autre côté italien. Francesco Baracca, passé de la cavalerie du Piémont aux avions de chasse, choisit en 1917 le cheval cabré de son régiment comme marque personnelle sur son fuselage, en noir pour mieux ressortir.
En 1923, après une victoire sur le circuit de Savio, Enzo Ferrari rencontre les parents du pilote disparu : la mère de Baracca lui suggère d’utiliser ce cheval sur ses voitures pour lui porter chance.
Enzo attend la création de la Scuderia Ferrari en 1929, puis le symbole apparaît officiellement en course aux 24 Heures de Spa-Francorchamps en 1932, avant de devenir l’emblème de la marque à partir de 1947 sur fond jaune Modène, surmonté du drapeau italien.

Le dessin a été retravaillé au passage. Sur les avions, la queue du cheval pointe souvent vers le bas. Dans un livret commémoratif de 1930, Per Francesco Baracca sul Montello, le peintre Gino Croari redessine l’animal : silhouette plus tendue, queue nettement levée, blason stylisé.
e cheval ressemble presque trait pour trait à celui de Ferrari. Certains récits vont jusqu’à évoquer un avion allemand abattu, décoré du cheval de Stuttgart, qui aurait inspiré Baracca. Les archives ne le prouvent pas, alors que la filiation cavalerie - Baracca - Ferrari, elle, est largement documentée.

© Ferrari

Au fond, si les chevaux cabrés de Ferrari et de Porsche se ressemblent tant, c’est surtout parce qu’ils plongent tous les deux dans le même imaginaire européen de puissance, de noblesse et de vitesse.

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À propos de l’auteur
Lucas Brenot
Lucas Brenot
J’aime l’automobile pour ce qu’elle apporte concrètement : la sensation de conduite, le plaisir d’un moteur bien réglé, le soin apporté à un intérieur. J’ai grandi avec des voitures autour de moi, et c’est resté une vraie curiosité au quotidien.
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