Porsche : après une année 2025 charnière, le nouveau patron fixe le cap

Publié le 13 mars 2026 à 17:30
Grand format Porsche 911 Carrera T : Basic fit

Porsche traverse une zone de turbulences historique. Face à un bénéfice 2025 plombé par des charges colossales et un marché chinois morose, le nouveau patron Michael Leiters amorce un plan de transformation radical...

Année chahutée pour Porsche : les bénéfices 2025 ont quasiment disparu, alors que la 911 vient de signer un record historique de ventes. Au centre du tableau, un nouveau patron, Michael Leiters, qui a commenté pour la première fois ces résultats lors de la conférence annuelle à Stuttgart.

Porsche : une rentabilité en chute libre, mais un socle intact

Dans un climat économique tendu, marqué par la baisse de la demande en Chine et des droits de douane renforcés aux États-Unis, le dirigeant a détaillé un plan de transformation qui mêle cure d’austérité comptable et nouvelles sportives très attendues. Derrière les chiffres, c’est le futur visage de Porsche qui se dessine.
En 2025, le chiffre d’affaires de Porsche AG a atteint 36,27 milliards d’euros, contre 40,08 milliards en 2024, soit une baisse de 9,5 %. Le résultat opérationnel est tombé à 413 millions d’euros, très loin des 5,64 milliards de l’année précédente, pour une marge réduite à 1,1 % contre 14,1 % en 2024. Les livraisons reculent à 279 449 véhicules (310 718 en 2024), mais la 911 bat son record avec 51 583 unités écoulées.
Malgré ce coup de frein brutal, le constructeur conserve un cash-flow opérationnel jugé solide, à 1,51 milliard d’euros sur l’année. Sur les neuf premiers mois de 2025, le bénéfice opérationnel s’est limité à 40 millions d’euros (contre 4,035 milliards un an plus tôt), mais le cash-flow a même progressé à 1,56 milliard, ce qui donne de la marge pour financer la réorganisation.

Porsche : 3,9 milliards de charges et une stratégie 2035 recentrée sur la valeur

Cette dégradation spectaculaire tient surtout à 3,9 milliards d’euros de charges passées en 2025 : environ 2,4 milliards pour la réorientation de la stratégie produit et la restructuration, près de 700 millions liés aux activités batteries et quelque 700 millions imputés aux nouveaux droits de douane américains. Le ralentissement du marché du luxe en Chine et une transition électrique plus lente que prévu ont accentué la pression :"En 2026, nos mesures de réajustement continueront d’avoir un impact ponctuel sur les résultats, de l’ordre de plusieurs centaines de millions d’euros. Afin de garantir des marges adéquates, conformes aux standards Porsche, à moyen terme et de renforcer notre résilience à long terme, nous assumons ces charges", explique Jochen Breckner, directeur financier.
Pour 2026, Porsche vise une marge opérationnelle entre 5,5 et 7,5 % et un chiffre d’affaires de 35 à 36 milliards d’euros. Michael Leiters veut une marque : "Plus agile, plus rapide et encore plus désirable", selon les propos tenus par le constructeur, avec une logique "Value over Volume" : moins de variantes, plus de modèles à forte marge au-dessus des sportives deux portes et du Cayenne.

Sur le terrain produit, 2025 a vu arriver la 911 Turbo S T-Hybrid, la 911 la plus puissante de l’histoire, et le Cayenne S Electric, proposé en France à partir de 129 200 euros avec recharge par induction. La part de modèles 100 % électriques a atteint 22,2 % des livraisons, tout en laissant une large place aux thermiques et hybrides. Pour 2026, Michael Leiters promet que : "Porsche présentera également de nouvelles versions expressives", a-t-il indiqué lors de la conférence, alors que des rumeurs évoquent déjà une nouvelle GT3 RS et une 911 Dakar renouvelée.

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À propos de l’auteur
Lucas Brenot
Lucas Brenot
J’aime l’automobile pour ce qu’elle apporte concrètement : la sensation de conduite, le plaisir d’un moteur bien réglé, le soin apporté à un intérieur. J’ai grandi avec des voitures autour de moi, et c’est resté une vraie curiosité au quotidien.
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