Porsche : après une année 2025 charnière, le nouveau patron fixe le cap
Porsche traverse une zone de turbulences historique. Face à un bénéfice 2025 plombé par des charges colossales et un marché chinois morose, le nouveau patron Michael Leiters amorce un plan de transformation radical...
Année chahutée pour Porsche : les bénéfices 2025 ont quasiment disparu, alors que la 911 vient de signer un record historique de ventes. Au centre du tableau, un nouveau patron, Michael Leiters, qui a commenté pour la première fois ces résultats lors de la conférence annuelle à Stuttgart.
Porsche : une rentabilité en chute libre, mais un socle intact
Dans un climat économique tendu, marqué par la baisse de la
demande en Chine et des droits de douane renforcés
aux États-Unis, le dirigeant a détaillé un plan de
transformation qui mêle cure d’austérité comptable et
nouvelles sportives très attendues. Derrière les chiffres, c’est le
futur visage de Porsche qui se dessine.
En 2025, le chiffre d’affaires de Porsche AG a
atteint 36,27 milliards d’euros, contre 40,08 milliards en 2024,
soit une baisse de 9,5 %. Le résultat opérationnel est tombé à 413
millions d’euros, très loin des 5,64 milliards de l’année
précédente, pour une marge réduite à 1,1 % contre 14,1 % en 2024.
Les livraisons reculent à 279 449 véhicules (310 718 en 2024), mais
la 911 bat son record avec 51 583 unités
écoulées.
Malgré ce coup de frein brutal, le constructeur
conserve un cash-flow opérationnel jugé solide, à 1,51 milliard
d’euros sur l’année. Sur les neuf premiers mois de
2025, le bénéfice opérationnel s’est limité à 40 millions d’euros
(contre 4,035 milliards un an plus tôt), mais le
cash-flow a même progressé à 1,56 milliard, ce qui
donne de la marge pour financer la réorganisation.
Porsche : 3,9 milliards de charges et une stratégie 2035 recentrée sur la valeur
Cette dégradation spectaculaire tient surtout à
3,9 milliards d’euros de charges passées en 2025 : environ 2,4
milliards pour la réorientation de la stratégie produit et la
restructuration, près de 700 millions liés aux activités batteries
et quelque 700 millions imputés aux nouveaux droits de douane
américains. Le ralentissement du marché du luxe en
Chine et une transition électrique plus lente que prévu
ont accentué la pression :"En 2026, nos mesures de réajustement
continueront d’avoir un impact ponctuel sur les résultats, de
l’ordre de plusieurs centaines de millions d’euros. Afin de
garantir des marges adéquates, conformes aux standards Porsche, à
moyen terme et de renforcer notre résilience à long terme, nous
assumons ces charges", explique Jochen Breckner, directeur
financier.
Pour 2026, Porsche vise une marge opérationnelle
entre 5,5 et 7,5 % et un chiffre d’affaires de 35 à 36 milliards
d’euros. Michael Leiters veut une marque : "Plus agile, plus
rapide et encore plus désirable", selon les propos tenus par
le constructeur, avec une logique "Value over Volume" : moins de
variantes, plus de modèles à forte marge au-dessus
des sportives deux portes et du Cayenne.
Sur le terrain produit, 2025 a vu arriver la 911 Turbo S T-Hybrid, la 911 la plus puissante de l’histoire, et le Cayenne S Electric, proposé en France à partir de 129 200 euros avec recharge par induction. La part de modèles 100 % électriques a atteint 22,2 % des livraisons, tout en laissant une large place aux thermiques et hybrides. Pour 2026, Michael Leiters promet que : "Porsche présentera également de nouvelles versions expressives", a-t-il indiqué lors de la conférence, alors que des rumeurs évoquent déjà une nouvelle GT3 RS et une 911 Dakar renouvelée.














