Bentley Continental GT Cabriolet : le rêve à moitié prix du neuf ? (+images)
159.900 euros pour une Bentley Continental GTC V8 de 2020, pack Mulliner, un seul propriétaire, 46.500 kilomètres. Sur le papier, la dépréciation est spectaculaire. Neuve, cette configuration dépasse les 250.000 euros. La voiture a donc perdu plus de 90.000 euros en six ans et seulement 46.000 kilomètres. C'est précisément ce qui la rend attrayante. Et ce qui devrait aussi inciter à réfléchir avant de signer.
Un V8 bi-turbo, une transmission intégrale, une capote en tissu
Sous le long capot de la GTC se trouve le
V8 bi-turbo 4,0 litres partagé
avec Porsche, qui développe ici 550
chevaux. Le 0 à 100 km/h tombe à environ 4 secondes, la
vitesse maximale est annoncée à 300 km/h.
Rien de surprenant pour une Bentley. Ce qui l'est
davantage, c'est la façon dont cette puissance se
consomme. Sans à-coups, sans nervosité, avec la discrétion
d'une voiture deux fois moins rapide. La transmission intégrale et
la boîte automatique à huit rapports font le travail de fond.
La suspension pneumatique ajuste le comportement de cette
Continental GT C selon les modes de conduite. De la GT
détendue au cabriolet franchement dynamique. La capote en tissu
s'ouvre et se ferme en une vingtaine de secondes jusqu'à 50
km/h.
L'insonorisation en roulant capote levée est, sur ce type de
voiture, à peu près aussi bonne que sur un coupé ordinaire.
L'exemplaire proposé est équipé
du pack Mulliner. La
finition la plus poussée de la gamme Bentley, avec un niveau de
détail artisanal et de personnalisation qui justifie un
écart de prix notable par rapport aux versions standard.
Sellerie cuir beige intégrale, sièges massants et ventilés, affichage tête haute, caméra à 360°, système audio haut de gamme. Bref, cette Continental GT découvrable est presque ce qui se fait de mieux.
Ce que la décote ne dit pas
L'écart entre le prix neuf et ce que demande le
vendeur est réel et conséquent. Mais la dépréciation d'une
Bentley d'occasion ne se lit pas seulement dans le prix
d'achat. Elle se lit aussi dans ce que coûtera la
propriété dans les années qui suivent.
Les boudins de suspension pneumatique
atteignent 1.800 euros par train hors main d'œuvre. Les
disques de frein avant tournent autour de 1.000 euros la paire. Les
cardans sont à surveiller passé 150.000 kilomètres.
Un entretien en concession Bentley se facture à un tarif
qui n'a rien à voir avec une voiture sportive ordinaire.
Cet exemplaire dispose d'un historique d'entretien complet.
Et c'est indispensable sur une voiture de cette catégorie. Sa
présence rassure ainsi sur les six premières années de vie. La
suite dépendra de la rigueur du prochain propriétaire. La
version V8, contrairement au W12 Bentley,
affiche une consommation plus raisonnable sur autoroute.
Autour de 11 litres aux 100 tout de même, selon les témoignages de
propriétaires. Et son architecture thermique est moins complexe que
le douze cylindres.
Une proposition sérieuse, pour un acheteur sérieux
À 159.900 euros, cette Continental GT C Mulliner n'est pas donnée.
Elle est correctement valorisée compte tenu du millésime,
du kilométrage et du niveau d'équipement.
Le profil de l'acheteur idéal est quelqu'un qui sait déjà ce que
coûte ce type de voiture à l'usage, qui a les moyens d'en assumer
l'entretien sans que cela devienne un problème. Et surtout,
qui cherche à accéder à l'un des cabriolets GT les plus aboutis
du marché sans payer le prix neuf. Pour lui, le calcul
tient. Pour les autres, mieux vaut regarder ailleurs que chez
Bentley. La beauté de la voiture ne règle pas les factures de
l'atelier.















