Bentley Flying Spur W12 la moins chère d’Europe : son calvaire sur ce moteur peut coûter très cher
En payant une Bentley Continental Flying Spur W12 moins chère qu’une citadine, un passionné européen pensait saisir une occasion en or. Entre surchauffes, bricolages et coûts cachés, son histoire interroge la vraie solidité du W12 et la raison d’acheter à ce prix.
Sur le papier, rouler en Bentley Flying Spur W12 pour le prix d’une compacte diesel fait rêver. Cette grande berline donnée pour environ 275 000 $ neuve, soit près de 250 000 €, se retrouve aujourd’hui sur le marché de l’occasion autour de 20 000 € pour les premiers modèles très kilométrés d'après Jalopnik.
Le YouTubeur Sreten, qui anime la chaîne M539 Restorations, a poussé le concept encore plus loin en achetant la "Bentley Flying Spur la moins chère d'Europe" pour seulement 12 500 $ (environ 11 500 €), avec plus de 160 000 miles au compteur, soit plus de 250 000 km. La suite va surtout montrer à quel point le moteur W12 Volkswagen encaisse les mauvais traitements.
Une Bentley Flying Spur W12 bradée et dans un état catastrophique
À ce prix-là, l’auto n’avait plus grand-chose de princier : multiples pannes électriques, un peu de rouille, une peinture choquante, et surtout un intérieur moisi avec de véritables "lacs" dans les repose-pieds à cause de drains de toit ouvrant bouchés. Seule consolation, le W12 semblait tourner rond au départ.

De retour à l’atelier, Sreten remet d’abord la carrosserie hors d’eau, sèche pendant des jours la moquette détrempée et refait un frein de parking arrière fuyant. Premier essai routier, la Flying Spur retrouve un peu de sa douceur d’ancienne berline la plus rapide du monde… puis la température grimpe. En enquêtant, il découvre un vase d’expansion plastique gonflé et un test révélant des gaz de combustion dans le liquide, signe typique de joint de culasse.
Surchauffes à répétition : le long diagnostic du W12
Quelque chose cloche pourtant : pas de mayonnaise dans l’huile, pas de fumée suspecte. À l’endoscope, le joint de culasse paraît intact. Le vrai coupable apparaît alors : un boulon de culasse étiré par des années de surchauffe, qui laisse la culasse se soulever légèrement en charge et envoie des gaz dans le circuit de refroidissement. Sreten sait qu’il faudrait déposer le moteur pour tout refaire, mais remplace prudemment ce boulon sur place.
L’espoir ne dure pas. La Bentley surchauffe encore, malgré des capteurs et ventilateurs neufs. Il découvre qu’un ancien propriétaire a carrément supprimé le thermostat pour tenter de masquer le problème, et qu’un radiateur partiellement bouché étouffe le flux de liquide. Une fois installés un radiateur neuf, un thermostat correct, un vase d’expansion sain et des boulons de culasse remplacés, le W12 retrouve un fonctionnement remarquablement fluide. Seul reste un solénoïde de turbo défaillant qui maintient le moteur en mode dégradé et impose une dépose complète. À ce stade, la facture atteint déjà 16 431 $ (près de 15 000 €) de pièces et consommables.
Ce que cette saga révèle aux amateurs de Flying Spur W12 d’occasion
Sur le marché européen, on croise des Flying Spur W12 autour de 20 000 €, souvent avec plus de 150 000 km. Des estimations évoquent jusqu’à 55 000 $ de frais d’entretien sur dix ans (environ 51 000 €) et plus de 6 000 $ d’assurance annuelle (environ 5 500 €), avec une probabilité de réparation majeure supérieure à 150 %. Le cas de Sreten illustre concrètement ce que cela signifie quand le refroidissement a été négligé.
Son histoire montre surtout un point clé : le bloc W12 lui-même apparaît d’une résistance impressionnante, survivant à des surchauffes répétées, à un vase déformé et même à un thermostat supprimé. En revanche, la moindre dérive sur le circuit de refroidissement ou la suralimentation peut entraîner des interventions lourdes et coûteuses. Les acheteurs attentifs se focalisent donc sur quelques éléments précis avant de se décider :
- Antécédents de surchauffe, pièces de refroidissement déjà remplacées ou non.
- Présence d’un thermostat fonctionnel et d’un radiateur en bon état.
- Codes défaut liés au turbo ou au mode dégradé, souvent synonymes de dépose moteur.














