Quand une Mercedes Classe S équipée d'un V12 devient abordable (+images)
Une Mercedes S 600 W140 de 1995 équipée d’un V12 de 6,0 litres, est affichée à 24.900 euros. Le luxe des années 90 à prix de compacte d'occasion.
Il existe des occasions qui méritent qu'on s'y attarde. Cette Mercedes S 600 de 1995, affichée à 24.900 euros sur le marché de l'occasion d'Auto Bild, en fait partie. Non pas parce qu'elle est parfaite. Elle ne l'est d’ailleurs pas. Mais parce qu'elle embarque un V12 de 6,0 litres de 408 chevaux dans une carrosserie W140 qui reste, trente ans après, l'une des limousines de série les mieux construites de l'histoire. Une Golf neuve de base coûte davantage.
Quand une Mercedes S 600 V12 devient moins chère qu'une Golf neuve
La Classe S W140 a été produite de 1991 à 1998.
À sa sortie, elle a fait l'effet d'un bloc de granit
roulant. Imposante, lourde, surdimensionnée par certains
aspects, mais d'une qualité de fabrication dont Mercedes est
fière.
La S 600 en était le sommet de gamme. Son V12 bi-turbo de 6,0 litres était
alors l'un des moteurs les plus raffinés du marché
automobile, avec une douceur de fonctionnement et une
montée en puissance qui n'ont pas d'équivalent dans les voitures de
cette époque.
La propulsion arrière, la boîte automatique à quatre
rapports et l'architecture générale de la voiture ne
cherchaient pas la sportivité. Elles cherchaient la plénitude. À
mi-chemin entre la limousine de représentation et le salon privatif badgé
Mercedes. La W140 était moins une voiture qu'un état
d'esprit. Son prix neuf dépassait les 200.000 marks en
Allemagne. Ce qui représente, inflation corrigée, un
montant bien supérieur à 200.000 euros actuels. Autant dire que
Mercedes proposait déjà un modèle qui n’était pas à la portée de
tous les clients.
200 000 km, mais un moteur qui n'a pas dit son dernier mot
L'exemplaire proposé affiche environ 200.000
kilomètres. Sur un moteur ordinaire, ce serait une raison de passer
son chemin. Sur le M120, c'est le nom interne du V12 de 6,0 litres de la Classe S
600, ce kilométrage est banal. Surtout pour peu que la
voiture soit entretenue scrupuleusement.
Ce moteur est connu pour tenir le cap très au-delà des
300.000 km dans de bonnes conditions. Le vendeur déclare
un état général satisfaisant, des documents complets et un contrôle technique valide.
Ces affirmations restent à vérifier scrupuleusement avant toute
transaction. Une inspection préachat par un spécialiste Mercedes
est ici non négociable. Les réparations sur un W140 peuvent coûter
cher. Et les pièces spécifiques au V12 peuvent atteindre des
sommes qui font rapidement regretter le prix d'achat.
L'intérieur, avec ses sièges à mémoire, ses portes à fermeture
assistée, son chauffage de stationnement… Mais aussi son cuir et
ses boiseries. Tout cela reste le point fort de la proposition.
Tout ce qui était déjà de série chez Mercedes ou disponible
en option à l'époque sur cette voiture figure encore aujourd'hui
dans les listes d'équipements optionnels des berlines
premium modernes.
24 900 euros : une offre à lire avec lucidité pour cette Classe S
La dépréciation d'une ancienne voiture de grand luxe
peut être brutale, et la W140 ne fait pas
exception. Ce que ce prix d'achat ne dit pas, c'est ce que
coûtera le premier entretien sérieux.
Courroie de distribution, bougies d'allumage, joints, pompe à eau…
Sur un douze cylindres de trente ans d'âge, aucun de ces postes
n'est anodin financièrement. Qui achète cette Classe S 600
doit avoir conscience que le coût réel de possession sera sans
rapport avec les 24.900 euros de
l'annonce.
Ce que cette voiture offre en revanche est difficilement
reproductible à ce prix. Un moteur V12 classique, un niveau de
silence et de confort que les berlines modernes cherchent encore à
égaler… Et le sentiment d'appartenir à une époque où
construire une voiture comme ça était encore possible.
Pour quelqu'un qui a les moyens d'assumer l’entretien d’une
telle Mercedes, c'est une proposition sérieuse. Pour les
autres, mieux vaut passer son chemin sans regrets. Mais si
vous voulez voyager dans un confort de sénateur… C’est la Mercedes
idéale.















