Toyota GR GT : elle n'est pas là pour être rentable, mais pour l'image de marque
Avec sa supercar GR GT, Toyota ne compte pas forcément gagner de l’argent. En revanche, elle est là pour la gloire.
La Toyota GR GT ne devrait pas rapporter beaucoup d’argent à son constructeur. Et Toyota en a parfaitement conscience. Cette supercar à V8 hybride poursuit un autre objectif. Faire rêver, développer de nouvelles technologies et renforcer l’image sportive de toute la marque.
La GR GT n'a pas été conçue pour rapporter gros
Pourquoi un géant comme Toyota investit-il
autant dans une supercar produite en faibles quantités,
alors que ses modèles généralistes génèrent l’essentiel de ses
profits ? La réponse se trouve moins dans les comptes que dans
l’image.
La nouvelle GR GT constitue une véritable vitrine pour Gazoo
Racing et Toyota. Andrew Gilleland, vice-président senior
des opérations automobiles de Toyota en Amérique du Nord, reconnaît
d’ailleurs ouvertement que le projet est difficile à justifier d’un
strict point de vue financier.
Développer une sportive aussi ambitieuse coûte extrêmement cher.
La Toyota GR GT ne se contente pas de récupérer une
plateforme et un moteur déjà amortis sur des modèles
produits à plusieurs centaines de milliers d’exemplaires.
Toyota a notamment développé sa première structure de carrosserie
entièrement en aluminium, associée à des panneaux utilisant
également du plastique renforcé de fibres de carbone. Les
suspensions à double triangulation ont elles aussi été
spécifiquement conçues pour le modèle.
À cela s’ajoute un groupe motopropulseur inédit associant un V8 4,0 litres bi-turbo à un système hybride. Sans oublier les nombreux essais réalisés sur des circuits comme le Nürburgring et Fuji Speedway.
Une supercar surtout destinée à faire rêver
Des investissements considérables qui seront
difficiles à amortir avec les faibles volumes prévus. Aux
États-Unis, Toyota envisage par exemple seulement 200 à 250
exemplaires. Alors que la demande devrait largement dépasser
l’offre.
La rentabilité directe n’est cependant pas la priorité. La
GR GT doit jouer le rôle de « halo car ».
Autrement dit d’un modèle capable de tirer vers le haut l’image de
l’ensemble du constructeur. Pour Toyota, l’intérêt est donc de
démontrer son savoir-faire et de rappeler que la marque capable de
produire des Corolla, Yaris ou RAV4 sait également concevoir
une véritable supercar.
Le projet correspond parfaitement à la philosophie défendue
depuis des années par Akio Toyoda. Le
dirigeant japonais a largement contribué à replacer le plaisir de
conduite et le sport automobile au cœur de la stratégie du
groupe.
Gazoo Racing a depuis donné naissance aux GR Yaris, GR Corolla ou GR Supra. La GR GT doit
désormais devenir la vitrine ultime de cette
transformation.
La compétition au cœur du projet GR GT
Toyota ne développe d’ailleurs pas seulement une
voiture de route. En parallèle de la GR GT, Gazoo Racing
prépare la GR GT3, destinée à la compétition
internationale.
Les deux modèles ont été pensés conjointement. La version routière
est présentée par Toyota comme une véritable voiture de course
homologuée pour circuler sur route. Tandis que sa sœur doit
répondre à la réglementation FIA
GT3.
Ce programme permet ainsi au constructeur d’accumuler des
connaissances dans de nombreux domaines. Matériaux légers,
aérodynamique, châssis, motorisation ou encore méthodes de
production.
À plus long terme, certaines technologies ou compétences
développées pour ces modèles d’exception pourront potentiellement
bénéficier à d’autres véhicules du groupe. La rentabilité
de la GR GT ne se mesure donc pas uniquement au bénéfice réalisé
sur chaque exemplaire vendu.
La fiche technique confirme les ambitions de Toyota. Le
nouveau V8 bi-turbo hybride doit
développer plus de 650 chevaux, tandis que le couple atteint au
moins 850 Nm.
Toyota cherche également à limiter le poids et à abaisser au maximum le centre de gravité, avec l’objectif de proposer une sportive aussi à l’aise sur route que sur circuit. La GR GT est attendue à l’horizon 2027, mais elle remplit déjà une partie de sa mission. Elle permet à Toyota d’occuper un territoire habituellement réservé aux constructeurs de sportives les plus prestigieux et de mettre en avant Gazoo Racing au sommet de sa gamme.
















