Il pensait explorer un simple champ de vieilles voitures… l’une d’elles serait une Road Runner rose produite à une cinquantaine d’exemplaires
Au fond d’un champ de Mopar du Missouri, Ryan Brutt pense filmer des épaves anonymes. Jusqu’à ce qu’une Plymouth Road Runner de 1970, autrefois rose FM3, révèle un tout autre scénario.
En traversant ce champ de ferraille au Missouri, le youtubeur américain Ryan Brutt pensait filmer de simples carcasses de muscle cars. Entre deux Dodge fatiguées, il tombe pourtant sur une Plymouth Road Runner de 1970 repeinte en blanc, qui serait née d’usine dans un rose très particulier, aujourd’hui considéré comme l’une des couleurs Mopar les plus rares.
Le terrain appartient à un propriétaire discret dont la prairie est littéralement tapissée de grosses américaines des années 1960-1970, presque toutes basées sur la plateforme B-body de Chrysler. Dans une nouvelle vidéo, Ryan Brutt, qui anime la chaîne Auto Archaeology, revient explorer les lieux et réalise que ce coupé blanc cache en réalité une Road Runner rose parmi les plus rares qui soient.
Un champ de Mopar au Missouri qui cache un trésor rose
Sur place, les rangées de voitures semblent d’abord raconter la même histoire : des Dodge Charger dépouillées, parfois réduites à une coque, des Plymouth Satellite et d’autres B-body laissées à ciel ouvert depuis des décennies. Beaucoup ont servi de banques de pièces, sans réel espoir de reprendre la route, et ne sont plus que de simples décors pour amateurs de friches automobiles.
Au milieu, quelques perles se distinguent tout de même : une Dodge Super Bee de 1970 équipée d’un V8 440 Six-Pack, l’un des 1 268 exemplaires produits avec ce code V, une Super Bee de 1969 A12, ou encore une Plymouth Road Runner de 1970 à moteur 440 Six Barrel, code V, rare elle aussi avec ses 1 815 unités. Mais toutes ces sportives s’effacent devant un coupé blanc apparemment anodin garé un peu plus loin.

Plymouth Road Runner de 1970 FM3 Moulin Rouge : à peine une sur 1 000
La Plymouth Road Runner de 1970 incarne le muscle car accessible de la gamme Plymouth : carrosserie intermédiaire, look agressif et gros V8, sans le luxe des modèles GTX. Pour ce millésime, un peu plus de 41 000 exemplaires ont quitté l’usine, la plupart avec le V8 de 6,3 litres développant 335 ch, proposé notamment avec une boîte automatique TorqueFlite.
La teinte qui fait toute la différence porte le code FM3 Moulin Rouge, appelée Panther Pink chez Dodge et rattachée aux High Impact Colors de Chrysler. Ce rose n’a été proposé que quelques semaines au printemps 1970 : un registre spécialisé recense 44 Road Runner de 1970 sorties d’usine en FM3, d’autres estimations parlent d’environ 50 voitures, soit à peine 0,1 % de la production totale.
Une Road Runner rose fatiguée, mais encore sauvable ?
La voiture du champ a perdu depuis longtemps son éclat : la peinture blanche qui la recouvre est ternie, la carrosserie montre des bosses, de la rouille de surface et des éléments manquants, pare-chocs et habillages compris. En s’approchant, on distingue pourtant le fameux rose dans les montants de porte, sous le couvercle de coffre ou dans le compartiment moteur, signe que la couleur FM3 est bien d’origine.
Ramener cette Mopar à la vie supposerait une restauration lourde : dépose de la caisse, tôles à refaire, recherche d’un V8 et d’une boîte automatique conformes à l’origine, plus un intérieur à reprendre. Sur le marché des muscle cars, les Road Runner de 1970 en bel état sont déjà recherchées, et un exemplaire certifié FM3 attire immédiatement l’attention. Pour les passionnés, ce genre de découverte justifie encore les explorations de granges et de champs perdus.














