Sebastian Vettel voulait un SUV capable de rouler à 300 km/h : Infiniti en a produit 150 exemplaires
Transformer un imposant SUV en machine capable de viser les 300 km/h : c’est le défi lancé par Sebastian Vettel à Infiniti au début des années 2010.
Objectif : 300 km/h. Quand le champion du monde de F1 Sebastian Vettel glisse à ses partenaires de chez Nissan qu’il rêve d’un SUV capable de filer à cette allure sur l’Autobahn, personne ne s’attend vraiment à ce qu’on le prenne au mot. Quelques mois plus tard, l’FX50 Vettel Edition, dérivé de l’Infiniti FX50, a pourtant pris la route.
L’histoire amuse d’autant plus que, dans la vie de tous les jours, Vettel roule plutôt en Fiat 500 ou en Volkswagen T5, des voitures très loin des hypercars de paddock. Là, le pilote demande un SUV capable de rouler à très haute vitesse, et Nissan décide de jouer le jeu sérieusement. Au point de mobiliser ses équipes de design, ses motoristes et même la technologie F1 pour s’approcher des 300 km/h promis.
FX50 Vettel Edition : un caprice de champion devenu vrai projet d’ingénierie
Le décor se met en place au début des années 2010, quand Vettel court pour Red Bull Racing et qu’Infiniti, marque premium de Nissan, s’affiche en grand sur la monoplace. L’idée d’une série spéciale portant son nom naît de cette alliance. Plutôt qu’une simple édition à autocollants et signatures, le pilote pousse pour un SUV réellement plus rapide, pensé pour les longues portions d’Autobahn sans limitation.
La demande arrive sur le bureau de Shiro Nakamura, alors patron du design. Objectif affiché : un FX50 capable de rouler très vite longtemps, sans perdre en confort. Le concept est présenté en 2011 à Francfort, puis la version de série suit en 2012. Dès le départ, le message est clair : ce FX50 Vettel Edition doit démontrer ce que Nissan sait faire lorsqu’il pousse le développement technique d’un SUV.

V8 5,0 litres retravaillé et carbone de F1 : la preuve par la technique
La base de travail est l’Infiniti FX50 classique et son V8 5,0 litres atmosphérique d’environ 390 ch. Sur la Vettel Edition, la puissance grimpe à 420 ch grâce à une gestion moteur retravaillée et un échappement plus libéré. Gagner une trentaine de chevaux sur un gros V8 atmosphérique n’a rien d’anecdotique, surtout pour une auto garantie et vendue en petite série officielle.
Côté habillage, la voiture sort clairement du lot. Pare-chocs avant, bas de caisse, énorme aileron arrière : tout est en fibre de carbone fabriquée avec les mêmes procédés que les pièces de F1. Le SUV est rabaissé d’environ 20 mm, allégé d’une quarantaine de kilos, avec une aérodynamique retravaillée pour améliorer la stabilité à très haute vitesse. Sur le papier, l’ensemble doit permettre d’atteindre une vitesse de pointe proche de 300 km/h.
Une vitrine roulante Nissan, 150 exemplaires et une pointe presque à 300 km/h
Pour ce modèle, Nissan parle d’une série ultra limitée d’environ 150 exemplaires, répartis notamment entre l’Europe, la Russie et le Moyen-Orient. Le prix suit l’exclusivité : plus de 100 000 livres (environ 117 000 euros) au Royaume-Uni, soit un supplément de plusieurs dizaines de milliers de livres par rapport à un FX50 "normal". De quoi placer ce SUV au niveau tarifaire des gros Porsche Cayenne de l’époque.
Dans la réalité, les mesures de vitesse se situent plutôt entre 270 et 300 km/h selon les sources et les conditions, la version homologuée restant un peu en dessous de la barre symbolique. Le message envoyé reste fort : ce FX50 Vettel Edition n’a pas transformé le marché des SUV, mais il a montré jusqu’où Nissan pouvait aller pour répondre à la demande très précise d’un champion du monde de F1.














