Elle coûte 171 000 €, mais cette moto américaine n’a même pas de démarreur électrique
Oubliez les gros baggers bardés d’électronique : à environ 171 000 €, la Magnolia 4 mise sur quatre cylindres, trois vitesses et une conception pensée pour durer un siècle.
Quand on pense "moto américaine", on voit aussitôt un gros V-twin Harley chromé, sacoches, écran TFT et sono. Puis arrive la Magnolia 4. Cette moto américaine à quatre cylindres fait d’un coup paraître beaucoup de Harley-Davidson un peu voyantes, voire franchement vulgaires. Signée JT Nesbitt et produite par Bienville Studios à La Nouvelle-Orléans, elle sera fabriquée à seulement 12 exemplaires. Son prix tourne autour de 200 000 dollars, soit près de 170 000 euros.
Sur la route, cette Magnolia ne cherche pas à impressionner par la taille ni par les gadgets. Longue, basse, presque discrète, elle aligne un quatre-cylindres longitudinal de 1 750 cm³. Ce bloc est accompagné d'une boîte à trois rapports commandée à la main et… d'un simple kick pour démarrer. Cette moto de puriste, élégante, a été pensée pour rester désirable dans cent ans quand les tableaux de bord tactiles des baggers modernes auront depuis longtemps rendu l’âme.
La Magnolia 4, l’Amérique chic qui a existé avant Harley
Bien avant que Harley-Davidson ne monopolise l’image de la moto US, l’Amérique a connu des quatre-cylindres raffinées signées Pierce, Henderson ou Indian. L’Ace Four Sport des années 1920, surnommée la "Duesenberg à deux roues", en est l’icône : moteur longitudinal, ligne fluide, sophistication mécanique. C’est ce langage que la Magnolia 4 reprend presque trait pour trait, avec une silhouette inspirée de l’Ace 1924.
Carrosserie minimale, garde-boue enveloppants rivetés, selle suspendue monoplace, grandes roues à rayons apparents : tout respire la retenue. Quatre coloris seulement, noir, blanc, Newcomb Pale Blue et Newcomb Vibrant Blue, tous soulignés de filets dorés et de cuir contrasté. Là où beaucoup de Harley empilent logos, LED, pointes de chrome et déco agressive, la Magnolia assume un luxe à l’ancienne, sans ostentation ni effets de style.
Un quatre-cylindres de 1 750 cm³ taillé pour durer un siècle
Sous ce look art déco, le moteur reste au centre du projet. La moto américaine à quatre cylindres de Nesbitt aligne ses quatre pistons dans l’axe du cadre. On retrouve une culasse unique et un bloc usiné dans un alliage d’aluminium de la série 6000. Un simple arbre à cames en tête, un refroidissement par air et huile sans radiateur apparent, tout est pensé pour la fiabilité et la beauté, pas pour la fiche technique marketing.
La transmission suit la même logique. La boîte à trois rapports commandée à la main et l'embrayage centrifuge dispensent d’une commande au pied. Pas de modes "Rain", "Sport" ou "Road", pas de boutons partout. On sélectionne son rapport, on écoute le quatre-cylindres prendre ses tours et c’est tout. Le châssis mono-longeron, les suspensions à parallélogramme et les amortisseurs hydropneumatiques entièrement réglables complètent l’ensemble. Une Harley classique reste sur un cadre massif et des suspensions plutôt simples.
Douze exemplaires à 200 000 dollars : l’anti-bagger pour esthètes très patients
Côté tarif, JT Nesbitt assume le parallèle avec les grandes quatre-cylindres historiques. "Notre structure de prix est basée sur la valeur des motos américaines quatre cylindres d’origine : des exemplaires exceptionnels, Henderson, Ace ou Indian Four, vous coûteront 200 000 dollars ou plus", explique-t-il. Production limitée à 12 châssis numérotés, dont plusieurs déjà réservés : on parle ici de collection plus que de concession.
La Magnolia 4 vise ces collectionneurs qui trouvent les Harley modernes trop bruyantes visuellement. Mécènes, amateurs d’art mécanique ou grands passionnés devront attendre des mois pour un objet unique. Ses freins à tambour sont commandés par câbles et son électronique est minimale. Les composants ont été choisis pour rester réparables. Elle est finalement moins une rivale des cruisers de série qu’un rappel à tous. Le luxe à l’américaine peut en effet jouer aussi la carte de la subtilité, au point de faire paraître certains customs presque excessifs à côté.














