Une Porsche 911 avec un V8 Ferrari : génie ou sacrilège ? (+images)
Un YouTubeur a greffé un V8 Ferrari dans une Porsche 911 de 1978. Baptisée « Porrari », cette création drift mêle Italie, Allemagne et Japon.
Voilà de quoi diviser les passionnés. Imaginez une Porsche 911 ancienne dont le mythique Flat 6 aurait cédé la place à un V8 conçu par Ferrari. C'est exactement le pari fou de l'ingénieur et YouTubeur Jimmy Oakes, dont la création, baptisée « Porrari », vient de faire sensation. Entre hérésie pour les puristes et chef-d'œuvre d'ingéniosité pour les autres, le débat est lancé.
Un cocktail italo-germano-japonais, entre Porsche et Ferrari
Le projet, sponsorisé par le pétrolier ENEOS, repose
donc sur une Porsche 911 SC de 1978. Sous son capot
moteur, on ne trouve plus le 6 cylindres à plat refroidi par air
d’origine. Mais bel et bien un V8 F136. Ce bloc
atmosphérique construit par Ferrari, provient alors d'une Maserati Quattroporte de
2007.
Fort d'environ 400 chevaux et d'un vilebrequin à plat, il
grimpe allègrement jusqu'à 8.000 tr/min, promesse d'une sonorité à
faire frissonner. La Porrari assume pleinement son
tempérament de drift car. Pare-chocs absents, jantes RAYS VRX-10,
livrée Guards Red typiquement Porsche et ailes élargies fabriquées
sur mesure.
Le résultat est donc un mariage culturel improbable,
alliant la performance Ferrari, l'ingénierie Porsche et un
sérieux clin d'œil à la culture motorsport japonaise. De
quoi ainsi attiser la curiosité, présentée comme elle l'était lors
de la première manche du championnat Formula Drift, au Stafford
Motor Speedway dans le Connecticut. Reste que les puristes
d’une marque ou de l’autre… Cela risque de coincer !
Un travail d'orfèvre sous la carrosserie
Derrière l'allure de baroudeuse se cache alors un
chantier titanesque. Le châssis de la Porsche 911 a été
entièrement mis à nu et restauré. Le toit a été remplacé
par une coque en fibres de carbone et un faisceau électrique
spécifique a été installé avant même de toucher au moteur.
Pour loger ce V8 Ferrari plus volumineux que le Flat 6 d'origine, les
solutions se sont enchaînées. Une cellule à carburant a remplacé le
réservoir à l'avant afin de dégager la place pour un radiateur.
Puis, un tunnel amovible a été aménagé au centre du châssis
pour le circuit de refroidissement par eau.
Le bloc a été accouplé à une boîte de Porsche 911 type 996, avec
embrayage et volant moteur sur mesure. Tandis que des corps de
papillon individuels empruntés à un V8 S65 de BMW M3 ont été greffés via des
adaptateurs imprimés en 3D.
S'ajoutent des combinés filetés Stance Suspension, des étriers
Brembo quatre pistons issus d’une Porsche Boxster. Ainsi que des
collecteurs et un échappement fabriqués à la main. L'habitacle,
dépouillé, accueille un volant racing, des baquets et un solide
arceau de sécurité.

Génie ou sacrilège de mélanger Porsche et Ferrari ?
Aux yeux des gardiens du temple Porsche,
sacrifier un flat-six pour un V8 d'une marque rivale frôle le
blasphème. Mais c'est justement là que réside le sel de
l'exercice.
« Ce projet n'était pas la solution de facilité. Il s'agissait
de construire quelque chose qui attire l'attention, puis de montrer
comment on s'y est pris. Pour moi, ce sont ces projets qui
maintiennent la culture automobile vivante », résume Jimmy Oakes.
Là où l'industrie nous pousse à courir après la dernière
technologie, cette Porrari rappelle que l'huile de coude
et le savoir-faire humain peuvent encore enfanter des créations
renversantes.
Ni restomod hors de prix, ni voiture pensée par ordinateur.
Cette Porsche à moteur d’italienne elle déborde
de passion. Alors, génie ou sacrilège ? La réponse
dépendra sans doute de votre attachement à la tradition. Une chose
est sûre : difficile de rester indifférent face à une Porsche 911
qui hurle comme une italienne. Sauf si vous êtes très à
cheval sur les principes automobiles.















