Cette Toyota Supra de 1991 l'a menée jusqu'au sommet de l'État : pourquoi la Première ministre japonaise a dû y renoncer
De simple députée à Première ministre du Japon, Sanae Takaichi est restée fidèle à sa Toyota Supra achetée neuve en 1991. Jusqu'à ce que les impératifs de sécurité mettent fin à cette habitude.
Voir une cheffe de gouvernement arriver au travail en coupé des années 90, ce n'est pas une fiction mais l'histoire de Sanae Takaichi. Pendant plus de trente ans, celle qui est devenue en 2025 la première femme à accéder au poste de Première ministre du Japon a roulé au quotidien en Toyota Supra de 1991 avant que la sécurité ne lui dise stop.
Son modèle précis, une Toyota Supra 2.5GT Twin‑Turbo Limited achetée neuve en 1991, l'accompagne de ses débuts de députée jusqu'au sommet du pouvoir. À mesure que son influence grandit au sein du Parti libéral-démocrate, les protocoles s'alourdissent : chauffeur, convoi, véhicule blindé. La sportive devient alors un luxe jugé incompatible avec la protection d'une cheffe de gouvernement.
Sanae Takaichi et sa Supra de 1991
Originaire de Nara, Sanae Takaichi fait carrière au sein du Parti libéral-démocrate, enchaîne les mandats de députée puis les postes ministériels avant d'accéder à la tête du gouvernement en octobre 2025. Son histoire avec la Supra commence bien avant : au début des années 90, elle s'offre avec ses économies une sportive neuve plutôt qu'une berline de fonction.
Avant la Supra, elle roulait déjà en Celica XX, ou Celica Supra. Quand la Toyota Supra 2.5GT Twin‑Turbo Limited sort en 1991, elle la commande en blanc perlé et confie au magazine Weekly Shincho : "Je l'attendais avant même sa sortie". Payée 4,3 millions de yens, environ 23 000 €, l'auto arrive avec un intérieur cuir bordeaux et une boîte automatique.
Du coupé au Mahoroba Museum
Il s'agit d'une Supra A70 de troisième génération, en finition haut de gamme, avec moteur 1JZ‑GTE, six cylindres en ligne 2,5 litres biturbo donné pour environ 276 ch. Parmi les amateurs de JDM, ce type de coupé du début des années 90 est devenu très recherché, surtout quand il reste aussi proche de l'origine.
Avec la montée en puissance de Sanae Takaichi sur la scène politique, la Supra sort de moins en moins et finit stockée dans un atelier à Nara. Nara Toyota la récupère dans le cadre du projet "ST Supra 80" : dix techniciens volontaires la remettent en état puis l'exposent au Mahoroba Museum. En 2026, l'auto est prêtée au Toyota Automobile Museum pour une exposition spéciale.
Sécurité d'État contre voiture personnelle
À mesure que son poids politique augmente, la marge de manœuvre au volant se réduit. Une future cheffe de gouvernement appelée à exercer les plus hautes fonctions ne peut plus circuler seule dans un coupé de 1991 dépourvu de blindage ou d'équipement de sécurité moderne. Les services de protection imposent une voiture officielle, des itinéraires verrouillés et des gardes du corps. La Supra, aussi fiable soit-elle, ne répond plus aux exigences de sécurité imposées à une Première ministre du Japon.
Sur le plan personnel, la décision reste difficile pour cette passionnée de sportives. Pour garder un morceau de cette histoire, une députée alliée lui remet en 2026 un modèle réduit au 1/24e fidèle à sa Supra, jusqu'à la peinture nacrée. En le découvrant, Sanae Takaichi lâche un "tout est comme l'original !" qui résume l'attachement qu'elle garde à ce coupé des années 90.














