Porsche neuve brûlée sur un parking : ce que cette affaire d’assurance a révélé sur ce notable du Tarn
Une Porsche Cayenne presque neuve retrouvée calcinée sur un parking du Tarn a vite intrigué les enquêteurs. Derrière ce faux vol supposé se dessine une affaire d’escroquerie à l’assurance impliquant un notable albigeois.
À Albi, voir une Porsche Cayenne hybride presque neuve partir en fumée sur un simple parking de covoiturage a fait jaser. Le SUV de luxe a été retrouvé calciné à Puylaurens, dans le Tarn, après avoir été déclaré volé. Au fil de l’enquête, ce fait divers s’est transformé en dossier judiciaire visant une personnalité locale.
Cet homme de 70 ans, ancien chef d’entreprise, ex-directeur de la clinique Toulouse-Lautrec et président d’un important groupe de conseil, roulait dans un véhicule affichant à peine 20 000 km et estimé à plus de 70 000 euros. En 2024, il jure l’avoir garé avant une soirée toulousaine. Au retour, plus rien : la voiture aurait disparu.
Une Porsche brûlée à Puylaurens qui fait tomber le scénario du vol
Le propriétaire affirme avoir laissé son SUV sur une aire de covoiturage près de Puylaurens avant de partir à Toulouse. À son retour, dit-il, la Porsche Cayenne brûlée sur le parking avait disparu et il alerte son assurance AXA pour un vol. Mais le bornage de son téléphone à Albi, l’utilisation de la seconde clé et des appels masqués à son garagiste vont tout faire vaciller.
© Porsche
Avec jusqu’à 642 km d’autonomie WLTP, un volume de coffre allant jusqu’à 1.588 litres (plus 90 litres à l’avant) et une capacité de remorquage de 3,5 tonnes… Le Cayenne EV n’oublie pas sa vocation utilitaire, malgré son orientation ultra technologique.
À la barre du tribunal de Castres, le garagiste de 53 ans ne cherche pas ses mots. Il affirme : "Il m’a demandé de faire disparaître la voiture. Il m’a dit que ce serait plus rentable que de la vendre." Il admet avoir mis le feu, moyennant 600 euros, et poursuit : "J’ai compris qu’il y avait une histoire d’arnaque à l’assurance…" Il dit encore avoir seulement voulu "rendre service", selon La Dépêche.
Un notable d’Albi mis en cause pour la Porsche Cayenne
Le retraité nie toute manœuvre frauduleuse. Il assure n’avoir confié la voiture au garagiste que pour une revente et explique : "Quand j’ai dit ‘disparaître’, c’est ma façon de parler. Je voulais dire vendre." Un message évoquerait pourtant la possibilité de "faire disparaître" le véhicule, et ses versions ont varié, au point que l’avocat d’AXA parle de "un nombre de versions complètement insensées" et d’"une seule obsession : obtenir une indemnisation pour vol".
Le procureur ne cache pas son scepticisme. Il dit ne croire "pas un seul mot" d’un prévenu dont la version "heurte de plein fouet le bon sens". Pour lui, les éléments techniques et les aveux du garagiste dessinent une tentative d’escroquerie à l’assurance : il requiert un an de prison avec sursis et 10 000 euros d’amende, soulignant le statut de figure respectée du prévenu.
Au tribunal de Castres, des condamnations pour la voiture incendiée
Son avocat met en avant des revenus annuels avoisinant les 100 000 euros et s’interroge sur le mobile financier. Pourquoi cet homme aurait-il risqué sa réputation pour "quelques milliers d’euros" de différence entre une vente et une indemnisation ? Pour la défense, il s’agirait surtout d’un malentendu, résumée par cette formule : "Mauvaise communication ? Peut-être. Mais pas d’escroquerie".
Les juges ne l’ont pas suivi. L’ancien dirigeant a été condamné à six mois de prison avec sursis et 5 000 euros d’amende pour cette histoire de Porsche Cayenne brûlée sur un parking. Le garagiste écope de la même peine et de 5 000 euros d’amende. Cette affaire de SUV à plus de 70 000 euros sacrifié pour l’assurance marque les esprits dans le Tarn.














