Ferrari flashée à 247 km/h : comment ce simple contrôle routier a mis au jour une fraude sociale monumentale

Publié le 13 février 2026 à 18:30
ferrari portofino

Flashée à 247 km/h près d’Avignon, une Ferrari Portofino saisie par les gendarmes va bien au-delà d’un simple excès de vitesse. Derrière le bolide, une famille du Var et une fraude sociale tentaculaire intriguent la justice.

Une Ferrari qui file à près de 250 km/h sur l'autoroute, des gendarmes qui sortent le radar et un conducteur aussitôt immobilisé sur la bande d'arrêt d'urgence. Le 14 juin 2025, sur l'A7 près d'Avignon, la brigade motorisée d'Orange intercepte une Ferrari Portofino mesurée à 247 km/h. Le coupé de luxe, estimé à 210 000 euros, est saisi sur-le-champ.

Au volant, l'automobiliste affirme être sans domicile fixe et assure que la voiture appartient à sa mère. Les vérifications montrent une tout autre réalité : le véhicule est enregistré au nom d'une SCI familiale qu'il gère avec sa mère, son frère et sa sœur, domiciliés dans le Var. Ces incohérences remontent au parquet de Draguignan, qui ouvre une enquête financière.

Une Ferrari saisie qui dévoile un réseau familial dans le Var

Les investigations menées par la gendarmerie, sous l'autorité du parquet de Draguignan, mettent au jour un montage financier présenté comme sophistiqué. L'analyse des comptes fait apparaître "des flux financiers considérables liée à une activité commerciale de couverture non déclarée", a indiqué le parquet de Draguignan dans un communiqué, cité par France 24. Le préjudice cumulé pour le fisc, l'Urssaf et la CAF est alors estimé à près de 1,8 million d'euros.

Ferrari Portofino © Wikimedia Commons

Une fraude a été découverte suite au contrôle d'une Ferrari Portofino.

Au fil des vérifications, les enquêteurs découvrent aussi un train de vie très confortable. Shopping dans des boutiques de luxe, séjours dans des lieux huppés, véhicules haut de gamme : les quatre membres de la famille, résidant dans le Var, semblent vivre largement au-dessus des ressources qu'ils déclarent. Sur le papier, ils se présentent pourtant comme en situation précaire auprès du fisc et de la caisse d'allocations familiales.

Une opération des gendarmes entre Roquebrune-sur-Argens et Montfermeil

Après plusieurs mois d'enquête, environ cinquante gendarmes interviennent le 9 février 2026 à Roquebrune-sur-Argens, dans le Var, et à Montfermeil, en Seine-Saint-Denis. Les quatre protagonistes sont interpellés et placés en garde à vue. Les perquisitions permettent de saisir trois véhicules, des produits de luxe évalués à 170 000 euros, des biens immobiliers pour plus de 600 000 euros et près de 80 000 euros en espèces ou sur des comptes bancaires.

Les mis en cause doivent désormais comparaître le 27 octobre devant le tribunal correctionnel de Draguignan. Ils sont poursuivis pour travail dissimulé, blanchiment aggravé, abus de biens sociaux et escroqueries à la CAF. Le travail dissimulé renvoie à des activités non déclarées aux services fiscaux et sociaux, tandis que le blanchiment aggravé vise l'utilisation d'argent issu d'infractions. Le tribunal pourra aussi décider de confisquer définitivement le patrimoine saisi.

Un contrôle routier devenu symbole de la lutte contre la fraude sociale

Pour les enquêteurs, ce dossier illustre la manière dont un simple excès de vitesse peut révéler une fraude sociale d'ampleur. Une fois les premiers doutes posés, les services du fisc, de l'Urssaf, de la CAF et la gendarmerie croisent les déclarations et le train de vie, scrutent les flux bancaires et les sociétés écrans. Chaque incohérence peut alors ouvrir sur une enquête pénale, comme l'a montré cette Ferrari arrêtée à 247 km/h.

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