Ferrari, Bugatti, Porsche : cette sortie de grange à New York pourrait valoir bien plus que vous ne l'imaginez
Dans une grange oubliée de New Woodstock, près de New York, dormaient une Ferrari, une Bugatti et deux Porsche 356. Leur réveil, prévu aux enchères d’Amelia Island en mars 2026, pourrait bouleverser le petit monde des sorties de grange.
Une petite grange de New Woodstock, au sud de l’État de New York, cachait depuis des décennies une poignée de sportives européennes signées Ferrari, Bugatti et Porsche. Cette nouvelle sortie de grange New York fait aujourd’hui surface, au moment où la collection de l’ingénieur américain Robert J. Chevako s’apprête à rejoindre les salles d’enchères selon Le Figaro.
Ces autos endormies rappellent les grandes découvertes qui ont marqué les passionnés, de la collection Baillon dévoilée à Rétromobile 2015 à celle de l’Américain Rudi Klein dispersée fin 2024. Dans un monde saturé d’images, l’idée que de tels trésors puissent encore dormir sous la poussière étonne toujours : et cette fois, le trésor tient en six machines figées dans leur jus.
Une sortie de grange à New York qui raconte la vie de Robert J. Chevako
Installé à New Woodstock, Robert J. Chevako, diplômé en génie électrique de l’université Cornell, a travaillé plus de dix ans chez General Electric avant de fonder Delphi Consultants, spécialisée dans la gestion de projets d’ingénierie. Cet amateur éclairé de voitures de sport, décédé le 18 octobre 2024 à 85 ans, avait rassemblé au fil des années une poignée de modèles de premier plan. Malgré des moyens confortables, toutes ses voitures nécessitent désormais une restauration complète avant de reprendre la route.
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Ce bolide des années 1950 est très recherché.
Dans le jargon des collectionneurs, on parle de "barn find", littéralement "trouvaille de grange" : une voiture restée longtemps intacte, à l’abri, avec sa patine d’origine. Baptisé New Woodstock Collection, l’ensemble réunit une Ferrari 342 America de 1951, une Bugatti Type 40 Grand Sport de 1929, deux Porsche 356 (Speedster 1955 et coupé 1951), mais aussi un Morgan Three-Wheeler de 1933 et une moto Vincent Series C Comet de 1951. Les six lots seront proposés sans prix de réserve.
Ferrari 342 America, Bugatti Type 40 et Porsche 356 : le cœur du trésor
Fleuron de l’ensemble, la Ferrari 342 America coupé de 1951 est le premier exemplaire d’une série de sept produites entre 1951 et 1953. Répertoriée sous le numéro de châssis 0130 AL, c’est la seule 342 America carrossée par Ghia, et l’un des très rares châssis Ferrari habillés par ce carrossier. Exposée au Salon de Paris d’octobre 1951 puis au salon de Londres, elle est achetée par l’industriel britannique David Brown, patron d’Aston Martin. Aujourd’hui, sa valeur est estimée entre 900 000 et plus d’un million de dollars, soit environ 830 000 à plus de 1,1 million d’euros.
Face à elle, la Bugatti Type 40 Grand Sport de 1929, restée plus de soixante ans chez Chevako, incarne l’autre grande pièce historique. Livrée neuve en France, elle a ensuite gagné les États-Unis avant d’être rangée dans la grange de New Woodstock ; son estimation se situe entre 350 000 et 450 000 dollars (environ 320 000 à 415 000 euros). Les deux Porsche 356 complètent le tableau : un Speedster "Pre-A" de 1955, dans la collection depuis plus d’un demi-siècle, évalué 140 000 à 180 000 dollars (près de 130 000 à 165 000 euros), et un coupé de 1951, l’un des quelque 750 produits cette année-là, estimé 100 000 à 150 000 dollars (environ 92 000 à 138 000 euros).
De la poussière aux enchères : la New Woodstock Collection en route pour Amelia Island
Ces six véhicules traverseront bientôt le pays pour rejoindre la vente Gooding Christie’s Amelia Island Auctions, organisée les 5 et 6 mars 2026 à l’Omni Amelia Island Resort, en Floride, avec exposition publique dès le 4 mars. Pour les collectionneurs européens, l’enjeu est évident : une Ferrari passée par le Salon de Paris 1951, une Bugatti d’origine française et deux Porsche 356 très recherchées pourraient revenir sur le Vieux Continent. Après la collection Baillon, cette New Woodstock Collection, plus modeste en volume mais très sélective, montre que les sorties de grange continuent de faire vibrer le marché comme l’imaginaire des amateurs.














