Bugatti 16C Galibier : la Veyron à 4 portes que Bugatti a finalement abandonnée

Publié le 10 février 2026 à 11:00
Concept Bugatti Galibier 16C

En 2009, à Molsheim, Bugatti préparait en secret la 16C Galibier, une Veyron berline de 986 ch. Comment ce projet presque validé a-t-il fini sacrifié au profit d’une autre icône ?

Imaginez Bugatti lançant une berline capable de dépasser 340 km/h avec le moteur de la Veyron. Le projet n’est pas une rumeur : un prototype roulait et un prix était déjà sur la table. Puis cette voiture a disparu des plans officiels. Son nom : Bugatti 16C Galibier, une sorte de Veyron à quatre portes imaginée comme la remplaçante de l’hypercar. Présentée en 2009, cette fastback cumulait 986 ch, un luxe poussé et une vocation familiale. Une auto en avance sur son temps qui a fini rangée dans l’ombre de la Chiron, laissant une histoire inachevée.

Bugatti 16C Galibier : la Veyron berline de 986 ch

La Galibier a été dévoilée d’abord en privé à Molsheim en septembre 2009, puis au salon de Francfort la même année. Le dessin reprend la calandre en fer à cheval de la Veyron et un profil fastback élancé. L’avant rappelle le coupé, tandis que l’arrière évoque une Bentley Continental, avec des courbes plus douces et une malle très travaillée.
À bord, l’atmosphère rappelle un salon feutré : cuir, boiseries polies, commandes épurées. Détail frappant, une montre Parmigiani Fleurier Tourbillon d’environ 100 000 dollars, près de 93 000 euros, trône au centre du tableau de bord et peut se détacher pour le poignet. Les écrans à cristaux liquides, dont un système arrière pivotant, annoncent l’infodivertissement de luxe.

Bugatti 16C Galibier : W16 de 986 ch et 4 portes

Sous le long capot ouvrant des deux côtés prend place le W16 8,0 litres issu de la Veyron. La suralimentation à double étage devait offrir 1 000 chevaux, soit 986 ch, transmis aux quatre roues par une boîte automatique à 8 rapports. La vitesse de pointe visée était d’environ 350 km/h, avec une technologie flex‑fuel acceptant essence ou bioéthanol. Bugatti avait poussé le projet loin : le concept était fonctionnel, son moteur avait démarré, et un tarif de 1,4 million de dollars, environ 1,3 million d’euros, avait été validé en 2009. Jusqu’à 3 000 exemplaires étaient prévus, plus que les 450 Veyron, pour séduire des clients de Porsche Panamera, d’Aston Martin Rapide ou encore de Rolls‑Royce Phantom, à la recherche d’une berline encore plus exclusive.
Dans les bureaux, la Galibier a fini par apparaître comme un pari trop risqué. Une Bugatti quatre portes, plus longue, menaçait de brouiller l’image de spécialiste des hypercars extrêmes. Au fil des retouches, son style a été jugé trop massif, au point que la direction a préféré consacrer ses ressources au développement de la future Chiron, centrée sur les records de performance.

L’idée d’une Bugatti plus pratique n’a pourtant pas disparu. Les dirigeants ont laissé entendre qu’un modèle à quatre vraies places pourrait revenir un jour, dans le cadre de la structure Bugatti‑Rimac et d’une ère davantage hybride ou électrique. Si la 16C Galibier n’a jamais quitté le stade du concept, elle pourrait très bien inspirer le futur de la gamme de la marque de Molsheim.

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À propos de l’auteur
Lucas Brenot
Lucas Brenot
J’aime l’automobile pour ce qu’elle apporte concrètement : la sensation de conduite, le plaisir d’un moteur bien réglé, le soin apporté à un intérieur. J’ai grandi avec des voitures autour de moi, et c’est resté une vraie curiosité au quotidien.
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