Bugatti 16C Galibier : la Veyron à 4 portes que Bugatti a finalement abandonnée
En 2009, à Molsheim, Bugatti préparait en secret la 16C Galibier, une Veyron berline de 986 ch. Comment ce projet presque validé a-t-il fini sacrifié au profit d’une autre icône ?
Imaginez Bugatti lançant une berline capable de dépasser 340 km/h avec le moteur de la Veyron. Le projet n’est pas une rumeur : un prototype roulait et un prix était déjà sur la table. Puis cette voiture a disparu des plans officiels. Son nom : Bugatti 16C Galibier, une sorte de Veyron à quatre portes imaginée comme la remplaçante de l’hypercar. Présentée en 2009, cette fastback cumulait 986 ch, un luxe poussé et une vocation familiale. Une auto en avance sur son temps qui a fini rangée dans l’ombre de la Chiron, laissant une histoire inachevée.
Bugatti 16C Galibier : la Veyron berline de 986 ch
La Galibier a été dévoilée d’abord en privé à Molsheim en
septembre 2009, puis au salon de Francfort la même année. Le dessin
reprend la calandre en fer à cheval de la Veyron et un profil fastback
élancé. L’avant rappelle le coupé, tandis que l’arrière évoque une
Bentley Continental, avec des courbes plus douces et une malle très
travaillée.
À bord, l’atmosphère rappelle un salon feutré : cuir, boiseries
polies, commandes épurées. Détail frappant, une montre
Parmigiani Fleurier Tourbillon d’environ 100 000
dollars, près de 93 000 euros, trône au centre du tableau de bord
et peut se détacher pour le poignet. Les écrans à cristaux
liquides, dont un système arrière pivotant, annoncent
l’infodivertissement de luxe.
Bugatti 16C Galibier : W16 de 986 ch et 4 portes
Sous le long capot ouvrant des deux côtés prend
place le W16 8,0 litres issu de la Veyron. La
suralimentation à double étage devait offrir 1 000 chevaux, soit
986 ch, transmis aux quatre roues par une boîte automatique à 8
rapports. La vitesse de pointe visée était d’environ 350 km/h, avec
une technologie flex‑fuel acceptant essence ou bioéthanol. Bugatti
avait poussé le projet loin : le concept était fonctionnel, son
moteur avait démarré, et un tarif de 1,4 million de dollars,
environ 1,3 million d’euros, avait été validé en 2009. Jusqu’à 3
000 exemplaires étaient prévus, plus que les 450 Veyron, pour
séduire des clients de Porsche
Panamera, d’Aston Martin Rapide ou encore de Rolls‑Royce Phantom, à la
recherche d’une berline encore plus exclusive.
Dans les bureaux, la Galibier a fini par apparaître comme un pari
trop risqué. Une Bugatti quatre portes, plus longue, menaçait de
brouiller l’image de spécialiste des hypercars extrêmes. Au fil des
retouches, son style a été jugé trop massif, au point que la
direction a préféré consacrer ses ressources au développement de la
future Chiron, centrée sur les records de
performance.
L’idée d’une Bugatti plus pratique n’a pourtant pas disparu. Les dirigeants ont laissé entendre qu’un modèle à quatre vraies places pourrait revenir un jour, dans le cadre de la structure Bugatti‑Rimac et d’une ère davantage hybride ou électrique. Si la 16C Galibier n’a jamais quitté le stade du concept, elle pourrait très bien inspirer le futur de la gamme de la marque de Molsheim.














