F1 : ce projet d'airbag secret de la FIA, testé après le drame de 1994, a été abandonné pour une raison folle

Publié le 10 février 2026 à 09:30
F1 : ce projet d'airbag secret de la FIA, testé après le drame de 1994, a été abandonné pour une raison folle

Au cœur du traumatisme d’Imola 1994, la FIA a sérieusement étudié l’idée d’un airbag en Formule 1 pour protéger tête et cou. Entre crash-tests, HANS et halo, comment ce pari technologique s’est-il transformé en révolution silencieuse ?

Au milieu des années 1990, la Formule 1 a sérieusement envisagé d’installer un airbag en Formule 1 dans le volant des monoplaces. Une réponse radicale à la peur des blessures à la tête et au cou.
Ce contexte, c’est celui d’Imola 1994. En mai, après les décès de Roland Ratzenberger et d’Ayrton Senna, le président de la FIA Max Mosley lance une vaste offensive sécurité. Parmi les nombreuses idées, l’airbag de cockpit est étudié sérieusement, selon Motorsport.

Imola 1994 : l’airbag entre en piste

L’accident de Mika Häkkinen à Adélaïde en 1995 renforce l’alerte. Le Finlandais se fracture le crâne après un choc violent sur le volant. La FIA fait alors tester un airbag d’environ 60 litres intégré au volant, avec une légère baisse du risque de traumatismes crâniens.
Très vite, les tests révèlent les limites : position très allongée qui envoie le coussin vers le menton plutôt que vers toute la tête, et forces g capables de le déclencher sur de simples vibreurs. "À l'époque où nous cherchions une solution aux blessures du cou, l'idée d'un airbag a été étudiée très sérieusement", expliquait en 2017 Laurent Mekies, alors impliqué dans les travaux de sécurité de la FIA.
"Puis le HANS est arrivé. Et il s'est révélé tellement efficace pour répondre précisément au problème que nous cherchions à résoudre qu'il a rendu l'airbag inutile dans le contexte du sport automobile."

Un airbag © Wikimedia Commons

Les airbags peuvent sauver des vies dans les voitures classiques.

Du projet d’airbag F1 au système HANS

Au même moment, le système HANS, imaginé dès les années 1980 par le Dr Robert Hubbard, avançait avec le soutien de la FIA, de Mercedes et de McLaren. Présenté au paddock en marge du Grand Prix de Saint-Marin 2000, il avait impressionné lors des crash-tests : "Une monocoque de Formule 3000, dont le cockpit correspondait aux dimensions des F1 de 1998, a été utilisée pour les crash-tests. Lors de ces essais, le HANS a démontré une efficacité remarquable.
Les mouvements accélérés extrêmes de la tête sont considérablement réduits, diminuant ainsi les charges dangereuses exercées sur le cou. Le HANS empêche également la tête du pilote de heurter le volant ou le bord du cockpit."
Rendu obligatoire en Formule 1 à partir de 2003, le HANS n’a pourtant pas été accueilli avec enthousiasme. Jacques Villeneuve restait méfiant après un accident au Japon, dans le virage de Spoon : "Je suis très content de ne pas l'avoir porté pour mon accident", déclarait-il alors à Autosport.
"Mon corps aurait bougé, mais le HANS serait resté en place. Il se serait enfoncé dans mon cou. Il y a des situations où il peut devenir dangereux." Rubens Barrichello pointait surtout l’inconfort : "Je n'étais pas concentré sur la piste, le HANS appuyait sur ma clavicule et me faisait très mal", expliquait-il alors au Guardian.

Aujourd’hui, à l’ère du halo imposé en Formule 1 depuis 2018, personne n’imagine plus un pilote partir sans HANS. L’idée d’airbag a disparu des monoplaces, mais elle s’est imposée ailleurs : en MotoGP, l’airbag intégré aux combinaisons est devenu un standard de sécurité, largement validé en course.

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