F1 : quelle hiérarchie au GP d'Australie ? Notre team par team post-essais de Bahreïn

Publié le 24 février 2026 à 17:00
Mis à jour le 24 février 2026 à 18:54
F1 : quelle hiérarchie avant l'Australie ? Notre team par team post-essais de Bahreïn

Prêts pour une nouvelle ère en F1 ? Alors que le Championnat du monde 2026 est dans les starting-blocks, Sport Auto fait le point sur les forces en présence entre les essais hivernaux de Bahreïn et le Grand Prix d'Australie.

Les présentations des nouvelles monoplaces ? Faites. Le shakedown ? Bouclé. Les essais de Bahreïn ? Conclus après deux semaines de roulage à Sakhir. Place donc à la course ! Laissant de côté les quelques polémiques techniques, critiques et autres inquiétudes ayant égaillé les conversations du paddock, prenons donc le pouls des 11 écuries du plateau.
Tout en gardant à l'esprit qu'il ne s'agit que d'une première hiérarchie, susceptible d'évoluer dès les premiers essais libres à Melbourne où les monoplaces présenteront un visage encore différent qu'entrevu lors de ces tests hivernaux.

F1 2026 : quel team jouera devant ?

Commençons par le supposé haut du tableau avec Mercedes-AMG en favorite ? Dès les premières heures de Barcelone, la rumeur dans le paddock suggérait d'emblée que la nouvelle W17 était bien née, à la fois fiable mais surtout performante, comme en attestait le meilleur chrono d'Antonelli au terme du premier roulage de Bahreïn.
Ce constat était ensuite quelque peu tempéré par des soucis mécaniques en deuxième semaine qui n'empêchaient pas l'écurie de Brackley d'avaler 432 tours en trois jours, soit le plus gros roulage du plateau.
Un point d'interrogation subsiste encore autour de la plus-value tirée du groupe-propulseur suite à la révélation d'une interprétation différente du règlement par les ingénieurs de Brixworth concernant le taux de compression et sa procédure de mesure (on vous explique tout ici). Cette trouvaille technique profitera-t-elle vraiment à l'écurie à l'étoile et ses clients ?
Où se situe Ferrari ? A défaut d'avoir accroché le haut de la feuille des temps à chaque sortie - Charles Leclerc établissant tout de même la référence de Bahreïn 2 - la Scuderia a sans doute gagné la palme du "buzz" de ce début d'année avec ce test d'aileron arrière dont le mouvement de rotation inédit a laissé les observateurs pantois.
Cette évolution a-t-elle porté satisfaction, au point d'être alignée en course en 2026 ? Il est évidemment trop tôt pour le dire, mais la SF26 a donné satisfaction à ses pilotes lors d'un roulage conséquent, globalement épargné par des pépins de fiabilité. Est-ce toutefois suffisant pour que le cheval se cabre de nouveau, et pas seulement lors de trop rares coups d'éclat ?

F1 2026 : McLaren et Red Bull en embuscade ?

En tant que double tenante du titre, McLaren est forcément attendue au tournant. L'écurie de Woking a bouclé un programme hivernal globalement positif, cumulant les kilomètres d'entrée à Barcelone pour ensuite confirmer la fiabilité de la MCL40 à Sakhir, mise à part d'habituelles maladies de jeunesse. En terme de performance, on joue la prudence du côté de Zak Brown et Co, l'ambition étant d'évoluer dans le premier carré à Melbourne aux côtés des autres top teams.
"Une seconde au tour plus rapide", la RB22 ? Cette simple déclaration de Toto Wolff au sujet de Red Bull avait suffi pour faire souffler comme un léger vent de panique du côté de la concurrence. Davantage de roulage et des enseignements plus tard ont quelque peu dilué ce constat, mais force est de constater que l'écurie au taureau rouge a accouché d'un premier moteur fait maison solide et performant.
Verstappen comme Hadjar ont abattu du kilomètre sans trop de problèmes, mais toutefois faire trop de vagues sur le plan du chrono. La formation de Milton Keynes en cache-t-elle encore sous le manteau ? Selon son team principal Laurent Mekies, les RB22 figurent dans le groupe de tête mais pas encore forcément au sommet de la hiérarchie...

F1 2026 : la "bouteille à encre" du second peloton

Derrière les top teams, quid de la deuxième partie du peloton, entre la queue du top 10 et le fond de grille (voir plus bas) ? Sans faire de vagues, Racing Bulls a fait bonne figure cet hiver. La tâche n'était pourtant pas des plus aisées avec, d'une part, un nouveau groupe-propulseur à apprivoiser et une nouvelle tête derrière le volant avec Arvid Lindblad.
L'un comme l'autre ont passé leur premier test avec constance et sérénité, la VCARB 03 bouclant autant de révolutions que McLaren (407) en semaine 2 avec le Britannique roulant 165 tours en une journée, un record cet hiver.
La concurrence sera toutefois rude dans le milieu de grille face à Haas, Alpine et, dans une moindre mesure, Audi. L'écurie américaine, qui célèbre en 2026 sa première décennie en F1, a "bouffé" du kilomètre cet hiver, et ce dès le shakedown catalan.
Ces trois jours de roulage avaient aussi souri à Alpine dont l'A526 - première monoplace d'Enstone propulsée par un autre bloc-moteur qu'un Renault - a comme mission de faire oublier la désastreuse campagne précédente.
Dans ce groupe des "seconds couteaux", Audi voudra jouer les trouble-fêtes. La préparation de l'ex-team Sauber n'avait pourtant pas débutée au beau fixe à cause d'une fiabilité encore capricieuse. Mais au terme de six jours de tests rondement menés à Sakhir, la formation aux anneaux a montré des signes de progrès en même temps que la R26 alignait les tours.

F1 2026 : qui en fond de grille en Australie ?

Qui peuplera le fond de grille à Melbourne ? Sur base des principaux enseignements retirés des tests, les trois écuries suivantes sont pressenties à cette difficile tâche : Williams, Cadillac et Aston Martin, dans un ordre encore à définir.
Williams semble déjà revenir de loin, la faute à une monoplace souffrant d'un embonpoint ayant retardé ses derniers tests de sécurité puis empêché sa présence au shakedown de Barcelone.
Malgré ce retard, la FW48 s'est montré vorace en bitume à Bahreïn, au point d'accumuler le plus grand nombre de tours - à égalité avec McLaren - au terme de la première semaine à Sakhir. Si la case "fiabilité" semble cochée, c'est du côté de la performance que la machine bleue pêche encore, Sainz comme Albon se gardant de tout pronostic déraisonnable. Une chose est sûre : Williams n'est pas bien partie pour surfer sur son excellente cinquième place chez les Constructeurs en 2025.
Cadillac peut tirer un bilan résolument positif de ses premiers tours de roue en F1. En l'espace de six jours à Bahreïn, les machines noires et blanches ont bouclé près de 600 tours. Un temps de roulage idéal pour une structure bâtie de zéro ayant encore tout  découvrir, mais dont la rigueur et l'efficacité n'ont eu de cesse d'impressionner le paddock.
Certes, la performance n'est guère foudroyante, mais tout de même loin du fameux couperet des 107% au tour. Forte de cette expérience nouvelle, l'écurie américaine abordera Melbourne avec, au moins, la satisfaction d'avoir mené sa barque comme il faut avant de se jeter dans le grand cirque.

Comme dans notre bilan des premiers essais à Bahreïn, la formation de Silverstone n'est pas (encore ?) parvenue à endiguer cette spirale négative dans laquelle elle s'est empêtrée. Pire, l'AMR26 a couvert encore moins de tours d'une semaine à l'autre (206 puis 128) à cause d'une série de problèmes affectant la voiture et son moteur Honda en déficit de performance.
Dans ce contexte, il est pour l'instant difficile d'envisager une autre écurie qu'Aston Martin en queue de peloton dans l'Albert Park, qui marquera le début d'une potentiellement très longue saison pour les troupes d'Adrian Newey.

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À propos de l’auteur
Guillaume Alvarez
Guillaume Alvarez
Rédacteur-Editeur pour Sport Auto, l'Auto-Journal et F1i. Je partage mon temps entre l'écriture, le reportage et les circuits, la plume et le micro portés par la passion de l'automobile et de la compétition, du Karting à la Formule 1, en noir et blanc comme en couleurs.
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