F1 : quelle hiérarchie au GP d'Australie ? Notre team par team post-essais de Bahreïn
Prêts pour une nouvelle ère en F1 ? Alors que le Championnat du monde 2026 est dans les starting-blocks, Sport Auto fait le point sur les forces en présence entre les essais hivernaux de Bahreïn et le Grand Prix d'Australie.
Les présentations des nouvelles monoplaces ?
Faites. Le shakedown ? Bouclé. Les
essais de
Bahreïn ? Conclus après deux semaines de roulage à
Sakhir. Place donc à la course ! Laissant de côté
les quelques polémiques techniques, critiques et autres inquiétudes ayant égaillé les
conversations du paddock, prenons donc le pouls des 11
écuries du plateau.
Tout en gardant à l'esprit qu'il ne s'agit que d'une
première hiérarchie, susceptible d'évoluer
dès les premiers essais libres à Melbourne où les
monoplaces présenteront un visage encore différent
qu'entrevu lors de ces tests hivernaux.
F1 2026 : quel team jouera devant ?
Commençons par le supposé haut du tableau avec
Mercedes-AMG en favorite ? Dès les
premières heures de Barcelone, la rumeur dans le
paddock suggérait d'emblée que la nouvelle W17
était bien née, à la fois fiable mais surtout performante, comme en
attestait le meilleur chrono d'Antonelli au terme
du premier roulage de Bahreïn.
Ce constat était ensuite quelque peu tempéré par des soucis
mécaniques en deuxième semaine qui n'empêchaient pas
l'écurie de Brackley d'avaler 432 tours en trois
jours, soit le plus gros roulage du plateau.
Un point d'interrogation subsiste encore autour de la
plus-value tirée du groupe-propulseur suite à
la révélation d'une interprétation différente du règlement par les
ingénieurs de Brixworth concernant le taux
de compression et sa procédure de mesure (on vous explique tout ici).
Cette trouvaille technique profitera-t-elle
vraiment à l'écurie à l'étoile et ses clients ?
Où se situe Ferrari ? A défaut d'avoir accroché le
haut de la feuille des temps à chaque sortie - Charles
Leclerc établissant tout de même la référence de Bahreïn 2
- la Scuderia a sans doute gagné la palme du "buzz" de ce
début d'année avec ce test d'aileron arrière dont le
mouvement de rotation inédit a
laissé les observateurs pantois.
Cette évolution a-t-elle porté satisfaction, au
point d'être alignée en course en 2026 ? Il est évidemment trop tôt
pour le dire, mais la SF26 a donné satisfaction à
ses pilotes lors d'un roulage conséquent, globalement épargné par
des pépins de fiabilité. Est-ce toutefois suffisant pour que le
cheval se cabre de nouveau, et pas seulement lors de trop rares
coups d'éclat ?
F1 2026 : McLaren et Red Bull en embuscade ?
En tant que double tenante du titre, McLaren est
forcément attendue au tournant. L'écurie de Woking a
bouclé un programme hivernal globalement positif,
cumulant les kilomètres d'entrée à Barcelone pour ensuite confirmer
la fiabilité de la MCL40 à Sakhir, mise à part
d'habituelles maladies de jeunesse. En terme
de performance, on joue la prudence du côté
de Zak Brown et Co, l'ambition étant d'évoluer dans le
premier carré à Melbourne aux côtés des autres
top teams.
"Une seconde au tour plus rapide", la RB22 ? Cette simple
déclaration de Toto Wolff au sujet
de Red Bull avait suffi pour faire souffler comme un léger
vent de panique du côté de la concurrence. Davantage de roulage et
des enseignements plus tard ont quelque peu dilué ce
constat, mais force est de constater que l'écurie au
taureau rouge a accouché d'un premier moteur fait maison
solide et performant.
Verstappen comme Hadjar ont abattu du kilomètre sans trop
de problèmes, mais toutefois faire trop de vagues sur le
plan du chrono. La formation de Milton Keynes en cache-t-elle
encore sous le manteau ? Selon son team principal Laurent
Mekies, les RB22 figurent dans le groupe
de tête mais pas encore forcément au sommet de la hiérarchie...
F1 2026 : la "bouteille à encre" du second peloton
Derrière les top teams, quid de la
deuxième partie du peloton, entre la queue du top
10 et le fond de grille (voir plus bas) ? Sans faire de vagues,
Racing Bulls a fait bonne figure cet
hiver. La tâche n'était pourtant pas des plus aisées avec, d'une
part, un nouveau groupe-propulseur à apprivoiser
et une nouvelle tête derrière le volant avec Arvid
Lindblad.
L'un comme l'autre ont passé leur premier test avec
constance et sérénité, la
VCARB 03 bouclant autant de révolutions que
McLaren (407) en semaine 2 avec le Britannique
roulant 165 tours en une journée, un record cet
hiver.
La concurrence sera toutefois rude dans le milieu de grille face à
Haas, Alpine et, dans une moindre mesure,
Audi. L'écurie
américaine, qui célèbre en 2026 sa première décennie en
F1, a "bouffé" du kilomètre cet hiver, et ce dès le
shakedown catalan.
Ces trois jours de roulage avaient aussi souri à
Alpine dont l'A526 - première
monoplace d'Enstone propulsée par un autre bloc-moteur qu'un
Renault - a comme mission de faire oublier la désastreuse
campagne précédente.
Dans ce groupe des "seconds couteaux",
Audi voudra jouer les trouble-fêtes. La
préparation de l'ex-team Sauber n'avait pourtant
pas débutée au beau fixe à cause d'une fiabilité encore
capricieuse. Mais au terme de six jours de tests rondement
menés à Sakhir, la formation aux anneaux a montré des signes de
progrès en même temps que la R26 alignait les
tours.
F1 2026 : qui en fond de grille en Australie ?
Qui peuplera le fond de grille à Melbourne ?
Sur base des principaux enseignements retirés des tests, les trois
écuries suivantes sont pressenties à cette difficile tâche :
Williams, Cadillac et Aston
Martin, dans un ordre encore à définir.
Williams semble déjà revenir de loin, la faute à
une monoplace souffrant d'un embonpoint ayant
retardé ses derniers tests de sécurité puis empêché sa
présence au shakedown de Barcelone.
Malgré ce retard, la FW48 s'est montré vorace en
bitume à Bahreïn, au point d'accumuler le plus grand nombre de
tours - à égalité avec McLaren - au terme de la
première semaine à Sakhir. Si la case
"fiabilité" semble cochée, c'est du côté de la
performance que la machine bleue pêche encore,
Sainz comme Albon se gardant de tout pronostic déraisonnable. Une
chose est sûre : Williams n'est pas bien partie
pour surfer sur son excellente cinquième place chez les
Constructeurs en 2025.
Cadillac peut
tirer un bilan résolument positif de ses
premiers tours de roue en F1. En l'espace de six
jours à Bahreïn, les machines noires et blanches ont bouclé près de
600 tours. Un temps de roulage idéal pour une
structure bâtie de zéro ayant encore tout
découvrir, mais dont la rigueur et l'efficacité n'ont eu
de cesse d'impressionner le paddock.
Certes, la performance n'est guère foudroyante,
mais tout de même loin du fameux couperet des 107%
au tour. Forte de cette expérience nouvelle, l'écurie américaine
abordera Melbourne avec, au moins, la satisfaction d'avoir
mené sa barque comme il faut avant de se jeter dans le grand
cirque.
Comme dans notre bilan des premiers
essais à Bahreïn, la formation de Silverstone
n'est pas (encore ?) parvenue à endiguer cette spirale
négative dans laquelle elle s'est empêtrée. Pire,
l'AMR26 a couvert encore moins de tours d'une
semaine à l'autre (206 puis 128) à cause d'une série de
problèmes affectant la voiture et son moteur
Honda en déficit de performance.
Dans ce contexte, il est pour l'instant difficile d'envisager une
autre écurie qu'Aston Martin en queue de peloton
dans l'Albert Park, qui marquera le début d'une
potentiellement très longue saison pour les
troupes d'Adrian Newey.















