Cette Plymouth Fury de 1970 a été largement modifiée, mais le résultat pourrait faire oublier l’originale
Cette imposante Plymouth Fury III de 1970 ne possède plus son petit V8 d’origine. Transformée avec des pièces d’époque, elle assume aujourd’hui son surnom de "Frankenstein Mopar".
On parle souvent des muscle cars Mopar les plus connues, mais cette Plymouth Fury III cabriolet de 1970 vient rappeler qu’il existe des perles beaucoup plus discrètes. Cette grande américaine a été transformée en "Frankenstein Mopar" à coups de modifications d’époque de type “Day Two”, tout en restant étonnamment harmonieuse et très désirable.
Le cabriolet appartient au même propriétaire depuis près de 25 ans. Il l’a acheté déjà modifié, l’a fait évoluer à son tour, et le surnom de Frankenstein s’est imposé en voyant la liste des pièces greffées. Pourtant, l’auto garde une allure très seventies, avec des choix techniques et esthétiques qui pourraient presque passer pour d’authentiques options de l’époque.
Plymouth Fury III cabriolet de 1970 : un grand classique Mopar sous le radar
La Plymouth Fury devient un modèle à part entière en 1959 et reste au catalogue jusqu’en 1989, alternant entre la catégorie des grandes voitures et celle des modèles intermédiaires. Elle gagne ses galons de muscle car au début des années 1960 avec des V8 Max Wedge très pointus, même si elle n’a jamais reçu officiellement de Hemi, réservé aux modèles plus compacts quand la Fury revient sur le créneau des grandes berlines en 1965. Elle est aussi passée à la postérité à l’écran avec la Fury de 1958 du film Christine.
En 1970, la gamme Fury se décline en plusieurs finitions, mais le seul grand cabriolet proposé est la Fury III. Sur plus de 250 000 Fury produites cette année-là, seuls 1 952 exemplaires sortent en version cabriolet deux portes, soit moins de 1 % de la production. Ces grandes Mopar à carrosserie C-body restent pourtant largement dans l’ombre des plus célèbres B-body comme les Road Runner ou Dodge Charger, ce qui en fait encore aujourd’hui des bases de collection relativement confidentielles.

Une base d’origine sage transformée en Fury Frankenstein Day-Two
L’auto qui nous intéresse a quitté l’usine avec un V8 318 et une boîte manuelle trois vitesses commandée à la colonne, un duo déjà peu courant sur un cabriolet de ce gabarit souvent livré en automatique. Un précédent propriétaire a réalisé il y a plusieurs décennies un rafraîchissement léger, incluant une nouvelle peinture, sans aller jusqu’à la restauration concours. Quand l’actuel propriétaire l’achète, la voiture n’est plus entièrement d’origine, mais reste très proche de sa configuration de départ.
C’est la face avant qui trahit le plus le côté Frankenstein. La calandre provient d’une Sport Fury de 1971, alors qu’un cabriolet de 1970 ne recevait pas cet élément. Le propriétaire envisageait de revenir à la pièce correcte, puis a fini par adopter ce regard plus agressif. Il a ajouté des emblèmes de Sport Fury et quatre sorties d’échappement, autant de détails absents du cabriolet Fury de 1970, uniquement disponible en finition Fury III sans option GT. Résultat, la voiture mélange millésimes et niveaux de gamme tout en gardant un ensemble très cohérent.
V8 440, Deep Burnt Orange et détails sport : pourquoi ce cabriolet reste irrésistible
La transformation la plus spectaculaire se cache sous le capot. Le modeste 318 d’origine a laissé place à un V8 440 (7,2 litres) associé à une boîte automatique TorqueFlite. Ce duo figurait bien au catalogue Fury de 1970, mais pas sur ce cabriolet précis. Console centrale et sièges baquets, eux aussi ajoutés après coup, donnent une ambiance beaucoup plus sportive à bord. C’est typiquement l’esprit des modifications "Day-Two" : installer, dans les années qui suivent l’achat, des pièces performance ou des options d’époque plutôt que des équipements modernes.
Côté couleur, la Fury serait née dans un ton "vert doré" proche du Citron Gold Poly. Elle affiche aujourd’hui un Deep Burnt Orange Poly, teinte bien proposée au nuancier de 1970, mais qui ne correspond pas à la configuration d’origine de cet exemplaire. Cela renforce un peu plus son caractère seventies. Les grands cabriolets survivants sont bien moins nombreux que les berlines et coupés. Ils ont souvent davantage souffert du temps. Voir une Fury III de 1970 encore en bel état, largement personnalisée mais fidèle à son époque, illustre une autre manière d’aborder la collection : assumer la créature de laboratoire sans renoncer au charme d’origine.














