Il parcourt 1 600 km pour acheter cette Plymouth Road Runner de 335 ch, mais la femme du vendeur refuse de la laisser partir
Après vingt ans passés à fiabiliser sa Plymouth Road Runner violette de 1970, son propriétaire envisage enfin de la vendre. Une décision que sa femme n'entend absolument pas accepter.
On imagine souvent qu'un homme qui veut vendre sa voiture chérie se heurte à l'incompréhension. Là, c'est l'inverse : le propriétaire de cette Plymouth Road Runner de 1970 à boîte manuelle quatre rapports, couleur prune, est prêt à s'en séparer après vingt ans, et c'est sa femme qui freine net. Elle le trouve même plus "crazy" ("fou") que la teinte Plum Crazy de sa muscle car.
Le décor : la côte Ouest des États-Unis, un acheteur passionné, un couple attaché à cette voiture violette depuis 2006. Le mari commence à envisager la vente ; entre l'entretien du V8 et les autres projets, il se dit que c'est raisonnable. Un passionné de Mopar à la recherche de bonnes affaires, Troy Bergeron, se met en route… en pensant repartir au volant.
Une Road Runner de 1970 pas comme les autres, violette et pleine de chevaux
Sous sa peinture violette "In Violet", l'une des célèbres teintes très voyantes proposées par Plymouth à l'époque, la Road Runner de 1970 reste une brute assumée. Coupé RM21, moteur V8 383 donné pour 335 ch, capot "Air Grabber" et levier Pistol Grip : tout ce qu'il faut pour une muscle car qui fait autant de bruit que de fumée.
La fiche d'usine raconte une auto bien dotée : peinture FC7 In Violet, toit vinyle blanc, compte-tours Tic-Toc-Tach, radio, bandes décoratives. En 1970, cet exemplaire se négociait autour de 3 426 dollars, soit un peu plus de 25 000 euros actuels, une somme conséquente pour une voiture conçue comme une muscle car abordable dans la gamme Plymouth.

De l’épave fuyarde à la routière fiable : vingt ans de patience
Au moment de l'achat, la belle n'a rien d'une star de concours. Le V8 tourne à peine, les collecteurs ne sont pas raccordés à la ligne d'échappement, tous les fluides fuient et le train avant est si usé que la voiture change de voie à chaque passage de rapport. Plutôt que de tout démonter, le propriétaire attaque les problèmes un par un, week-ends après week-ends.
Petit à petit, le châssis est refait et aligné, la voiture reçoit des freins à disque dignes de sa puissance et un faisceau électrique neuf sous le tableau de bord. Un ventilateur avec déflecteur améliore le refroidissement du V8, l'échappement retrouve des collecteurs d'origine, quelques options d'époque complètent le tout : cette Road Runner devient une routière fiable, sans perdre son tempérament.
Jour de vente et veto conjugal : la Road Runner reste au garage
Une fois la mécanique domptée, la question des priorités revient : continuer à investir, ou passer la main. Le propriétaire penche pour la vente, et Troy Bergeron, spécialiste Mopar, est prêt à parcourir près de 1 600 km entre l’État de Washington et la Californie pour cette Plymouth Road Runner de 1970 Plum Crazy à boîte manuelle quatre rapports. Juste avant de conclure, un obstacle inattendu à la vente se matérialise… dans le salon.
Gardienne de l'autre Mopar violette du foyer, une Barracuda de 1965 qui remonte aux débuts du couple, sa femme tranche : vendre l'oiseau, ce serait être “5150”, une référence californienne à l'internement psychiatrique d'urgence. Pour elle, se séparer de la Road Runner reviendrait à casser le duo de muscle cars et balayer vingt ans d'efforts ; Troy repart bredouille, la voiture reste au garage.














