Cette hypercar signée Gordon Murray explose le record GT3 sur un circuit F1
Sur le circuit F1 de Bahreïn, une hypercar signée Gordon Murray vient de reléguer les GT3 au rang de simples références. Comment cette T.50s a‑t‑elle changé la donne ?
Une hypercar dessinée par l’ingénieur de la mythique McLaren F1 vient de faire vaciller les certitudes sur ce qu’une voiture "client" peut faire sur un circuit de Formule 1. Sur la piste bahreïnie de Sakhir, là où les GT3 se battent habituellement à coups de dixièmes, elle a tout simplement changé d’échelle.
Cette voiture, c’est la Gordon Murray T.50s Niki Lauda, version piste extrême de la T.50. Lors de son essai de validation de production au Bahrain International Circuit, elle a signé un tour en 1'53''03, plus de sept secondes plus vite que le meilleur chrono GT3 de la piste, et ce n’est qu’une partie de l’histoire.
Gordon Murray T.50s : un 1'53''03 qui écrase la référence GT3 à Bahreïn
Au volant du dernier prototype XP3, le quadruple champion IndyCar et triple vainqueur des 500 Miles d’Indianapolis Dario Franchitti a bouclé son tour canon en 1'53''03. En face, la référence GT3 officielle reste le 2'00''675 réalisé par Ben Barnicoat en McLaren 720S GT3 lors du Gulf 12 Hours 2020, soit un écart d’environ 7,6 secondes.
© Gordon Murray
Automotive
Cette hypercar vient de battre un record impressionnant sur un circuit de Formule 1.
Pour une voiture destinée à des clients fortunés, cet écart est énorme. Franchitti lui-même a semblé bluffé : "La T.50s est la voiture la plus engageante que j’aie jamais conduite. Pour le facteur plaisir pur, elle dépasse tous les autres modèles réservés à la piste, mes supercars préférées de tous les temps, et même les voitures de course avec lesquelles j’ai remporté plusieurs titres mondiaux", a-t-il confié après le test, cité par Road & Track.
Une hypercar sans contraintes face aux GT3 réglementées
La clé, c’est que la Gordon Murray T.50s n’obéit à aucun règlement de course. Elle pèse moins de 900 kg, reçoit un V12 Cosworth 3,9 litres atmosphérique de 772 ch qui prend 12 100 tr/min, pour un rapport poids/puissance d’environ 850 ch par tonne, bien au‑delà d’une GT3 homologuée et bridée par la balance de performance.
L’aérodynamique suit la même logique radicale : énorme aileron, nez démesuré et surtout ventilateur arrière façon "fan car" génèrent jusqu’à 1 200 kg d’appui, plus que le poids de l’auto. À Bahreïn, Dario Franchitti a enregistré environ 3 g au freinage, 2,7 g en courbe et plus de 184 mph (près de 296 km/h) en pointe, des chiffres proches d’un prototype d’endurance.
Pourquoi Bahreïn, et ce que cela annonce pour les 25 exemplaires
Gordon Murray Automotive a choisi Bahreïn pour son mélange rare de gros freinages, de grip limité et de chaleur écrasante, idéal pour éprouver freins, refroidissement et stabilité à haute vitesse. Ce "Production Approval Test" a permis de figer les réglages de suspension, d’aéro et de boîte Xtrac à six rapports avant le lancement en série.
La marque prévoit seulement 25 exemplaires, tous déjà attribués, pour un tarif d’environ 3,1 millions de livres (près de 4,1 millions de dollars, soit autour de 3,8 millions d’euros). Gordon Murray répète que la T.50s n’a pas été conçue pour chasser les chronos, mais pour être la voiture de piste la plus légère et la plus centrée sur le pilote ; à Bahreïn, la vitesse est venue confirmer cette philosophie.














